Pendant que la France, vieille duchesse déchue, s’enfonce dans ses canapés de velours élimés en débattant pour la millième fois de la hauteur du déficit qu’elle ne comblera jamais, les voisins ont décidé de déménager les meubles. Le 23 janvier dernier, à Rome, nous avons assisté à une scène d'une ironie si savoureuse qu'elle en devient toxique : le mariage de raison entre le chancelier allemand Friedrich Merz, pur produit de la finance mondialisée, et Giorgia Meloni, la "souverainiste" qui a découvert que le bleu étoilé de Bruxelles s’assortissait finalement très bien à son teint.

Le vide français : le silence des pantoufles
Parlons-en, de la France. Toujours prompte à donner des leçons de "leadership" alors qu’elle est incapable de réformer la moindre niche fiscale sans déclencher une guerre civile de proximité. Paris est devenue le spectateur passif de son propre déclassement. Merz et Meloni l’ont bien compris : on ne construit pas l’avenir avec un partenaire qui passe son temps à chercher la télécommande de son État-providence en faillite. Alors, ils tracent. Sans nous.
L'Axe 2.0 : le dirigisme a de beaux restes
C’est là que le bât blesse pour quiconque possède encore un gramme de fibre libertarienne. Sous prétexte de "compétitivité" et de "réponse au rapport Draghi", nos deux nouveaux meilleurs amis nous ressortent les vieilles recettes du dirigisme industriel.

On nous parle de "choc de simplification", mais c'est pour mieux imposer une planification centrale qui ne dit pas son nom. On veut créer des champions européens à coups de subventions et de "coordinations stratégiques". Tiens, tiens… Cette obsession pour l’intégration forcée, pour la fusion des intérêts industriels et étatiques, cela ne vous rappelle rien ?
L’histoire n’est pas un cercle, c’est une spirale descendante. Dans les années 30, on appelait cela le corporatisme : cette idée charmante que l’État et les grandes industries doivent marcher au pas pour le "bien commun". Aujourd'hui, on appelle ça le "Document conjoint sur la compétitivité". Le packaging change, mais l'odeur de la régulation de masse reste la même.

Merz et Meloni : la mascarade des étiquettes
Le plus drôle reste le profil des protagonistes.
- Merz, l'ancien de BlackRock, nous vend le salut par la bureaucratie européenne. Le "marché" ? Oui, mais seulement s'il est soigneusement encadré par des directives berlinoises.
- Meloni, la "rebelle" d’hier, qui nous explique maintenant que le salut de l’Italie passe par une intégration encore plus poussée.

Ils prétendent vouloir supprimer les "législations zombies", mais ils s'apprêtent à en créer de nouvelles, plus sophistiquées, plus "stratégiques". C’est le grand paradoxe de cette nouvelle Europe : on prône la liberté économique pour mieux justifier l'emprise technocratique.
La route de la servitude est pavée de bonnes intentions romaines
En résumé, Berlin et Rome ont décidé que, puisque la France est aux abonnés absents, ils allaient diriger la chorale. Ils nous promettent une Europe plus forte, mais ce qu'ils préparent, c'est une Europe plus lourde. Un bloc qui, sous couvert de nous protéger des États-Unis et de la Chine, se transforme peu à peu en ce qu'il prétend combattre : un mastodonte planificateur où l'individu n'est plus qu'une variable d'ajustement de la "puissance industrielle".
L'Axe est de retour, et comme la dernière fois, il n'est pas là pour libérer vos énergies, mais pour organiser votre soumission. À la vôtre !



