Bagayoko : j'adore sa farce tendance de la "Nouvelle France"

Bagayoko : j'adore sa farce tendance de la "Nouvelle France"


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Bien sûr qu'il n'y a pas plus de "Nouvelle France" que de beurre en branche. Mais le fait que cette expression drolatique vienne d'un maire sénégalais LFI - Bally Bagayoko - qui a conquis la cité des Rois suffit à provoquer des spasmes hystériques dans la France qui ne sort jamais des quartiers monocolores. Mais s'ils savaient ! s'ils savaient !

Finalement, Bally Bagayoko est un pince-sans-rire, une espèce de Desproges mélenchoniste, et la seule nouveauté dans la France d'aujourd'hui est sans doute là : on peut prôner les recettes socialistes les plus stupides, les plus inefficaces et les plus éculées, tout en ayant de l'humour au 33è degré. En prétendant incarner une "Nouvelle France", le bonhomme Bagayoko déploie une galéjade de haut vol qui ne fait pas, mais alors pas du tout ! rire tout ce que la France compte de bienpensants convaincus d'être des rebelles anti-islamogauchistes.

Et pourtant, sa blague est tellement drôle !

Pourquoi le “lacrymogène” Bally Bagayoko suscite-t-il tant de passions ? (Inventaire avant fermeture)
Décidément, ce Bally Bagayoko suscite bien des passions, majoritairement hostiles. Disons même que son élection pique de nombreuses paires d’yeux. Le phénomène vaut d’être analysé à l’aune des changements sociologiques qu’il révèle... et qu’il annonce. Je fais partie de ceux qui sont favorablement impressionnés par la prestance, le charisme, l’autorité
Qui est Bally Bagayoko, candidat LFI élu au premier tour à Saint-Denis, par Elise Rochefort
Grâce à une intense campagne de dénigrement sur le mode de l’antisémitisme, LFI a réalisé une percée significative dans les villes de plus de 100.000 habitants. Bally Bagayoko, élu au premier tour dans la ville des rois, Saint-Denis, face au maire sortant, en est une figure emblématique. Bally Bagayoko

Quelques mots d'abord sur cette fantaisiste "nouvelle France", pure expression de marketing prise au premier degré par ceux qui ne mettent jamais les pieds dans le 9-3 tout en dissertant sans discontinuer, et de préférence sur les plateaux télé-Bolloré, pour dénoncer le "Grand Remplacement" dans les "quartiers". Au passage, c'est fou le jargon inventé par tous ces gens honnêtes qui prétendent combattre l'écriture inclusive et autres absurdités contemporaines du camp d'en-face. Que tu sois pour ou contre le wokisme et la diversité, tu te dois de jargonner !

Il faut bien avoir l'impudence, la grossièreté, l'ignominie de le révéler aux ignorants : la "Nouvelle France" n'existe pas... C'est simplement une expression "impactante" pour "vendre" et faire gloser. Rien de plus (ce qui est déjà beaucoup, vu le succès d'estime ou de détestation de cette expression creuse).

Pour s'en convaincre, il suffit d'écouter M. Bagayoko expliquer que la "Nouvelle France", ce serait la jeunesse issue de l'immigration qui se prendrait en main. Ne lui en demandez pas beaucoup plus : je le soupçonne d'avoir inventé cette expression par hasard pour meubler le temps d'antenne, et de courir un marathon depuis ce mouvement d'humeur pour essayer de donner du contenu à un mot qui faisait bien. Si l'on comprend les explications de M. Bagayoko, la "Nouvelle France" serait la conscientisation politique de la jeunesse des "quartiers" qui refuserait le rapport de domination auquel elle est soumise.

Ces calembredaines effraient les gens qui ne mettent jamais les pieds dans les "quartiers" par peur de tout ce que ces quartiers regroupent : des Noirs, des Arabes, des Musulmans, des ouvriers, des pauvres et autres engeances capables de vous égorger pour un regard de travers (ils l'ont vu sur CNews, donc c'est vrai !).

Ceux qui fréquentent ces quartiers se gaussent d'autant de naïveté. Ils connaissent le grand secret de la "Nouvelle France" : un goût immodéré pour les belles voitures, les belles femmes, les vacances dorées, la "flambe" et le Champagne qu'on rêve de pouvoir se payer comme les jeunes Français des beaux quartiers. Et surtout, une absence totale de conscience politique.

Je sais qu'il ne fallait pas plus que cette expression de "Nouvelle France" pour convaincre les allumés du trouillomètre que la "guerre civile" tant promise par une multitude d'influenceurs douteux était en marche. Mais enfin, depuis quand nous promet-on que la guerre civile, déclarée par les Arabo-Musulmans de France, nous pend au nez ? Et depuis combien de temps n'arrive-t-elle pas ? Depuis combien de temps entendons-nous le CRIF et ses affidés nous expliquer que l'Islam va importer le conflit israélo-palestinien en France, et depuis combien de temps cette importation n'est-elle due qu'à la bollosphère et au CRIF lui-même ?

La vérité est que la "Nouvelle France" est un épouvantail dressé par quelques marketeurs politiques pour faire causer Bolloré, ses amis et ses commanditaires, mais qui ne correspond à aucune réalité. Le "rebeu" ou le "fréro" des quartiers n'a aucune conscience politique, ni religieuse. Il rêve dans les mêmes couleurs, dans la même langue, que le petit Français de Flixecourt ou de Vesoul : il veut une vie facile, avec des discothèques à Ibiza, des doses de cannabis et une blonde aux yeux bleus, à gros seins de préférence, qu'il pourra exhiber en string sur une plage de Floride ou de Californie ou, consécration suprême, dans une émission de télé-réalité produite par la bollosphère pour débile parfait à maintenir dans l'avachissement.

Et s'il faut voter LFI pour arriver dans cette émission de télé-réalité, on votera LFI, en espérant y croiser Delogu en maillot de bain.

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Au fond, Bagayoko a une forme de génie : il a compris que la politique ne consistait pas à être fort, mais à convaincre ses adversaires qu'on l'était. Et, pour le coup, l'opération est un succès total.

Depuis une trentaine d'années, l'invention géniale du "conflit des civilisations", concept grotesque qui a permis de remplacer les communistes par les Musulmans pour maintenir une "guerre froide", c'est-à-dire une psychose permanente dans les esprits férus d'ordre, a transformé les gens de droite en zombies.

En France, ces gens se sont inventés une vie glorieuse où ils maîtrisent leurs passions et leurs émotions, où ils sont dirigés par la raison, alors que tout en eux est dicté par la peur monomaniaque d'un ennemi imaginaire, rouge hier, vert aujourd'hui. Cet ennemi s'est, pendant une grosse vingtaine d'années, limité à la figure du Musulman, qui allait nous étriper dans nos rues. Relisons le très mauvais roman "Soumission" de Houellebecq, qui, faute d'avoir une dimension littéraire, a minutieusement présenté les angoisses du pharmacien ordinaire de Brive-la-Gaillarde ou de Châteauroux.

Depuis dix ans, Mélenchon a opéré astucieusement la fusion du passé et du présent. Il a réuni en une seule figure le communiste et le Musulman, dans cette fusion appelé "pastèque", au nom de laquelle les vieilles peurs de droite retrouvent une nouvelle jeunesse. Dans les beaux quartiers, certains ont fait leurs valises le 11 mai 1981 en disant : "Les socialistes vont tout nous prendre". Leurs enfants ou petits-enfants suivent religieusement les élucubrations de Zemmour ou de Pascal Praud en expliquant : "Les Musulmans vont nous égorger".

Le génie de Bagayoko est d'avoir compris cette fusion des peurs, et d'en jouer avec malice.

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Mais il sait, Bagayoko, sur quelle imposture et quel malaise il est assis.

Il sait que les jeunes Blacks et les jeunes Arabes de Saint-Denis qui ont fait sa campagne ont les mêmes faiblesses que les jeunes "souchiens", les mêmes défauts, et la même absence d'avenir.

Comme pour l'écrasante majorité des Aurélien et des Raphaël, leurs diplômes, délivrés par une institution d'autant plus naufragée qu'elle se croit encore grandiose - l'Éducation Nationale - n'auront pas plus de valeur ni d'utilité que du pipi de chat.

Longtemps encore, ils vont rêver une vie facile, heureuse et sans effort, et ils ne récolteront que de la médiocrité.

Longtemps encore, ils seront convaincus que le monde a été inventé pour leur faire plaisir, et que Papa Etat, Maman Sécurité Sociale, doivent les protéger contre la rudesse de l'adaptation.

Bagayoko invente le mythe de la Nouvelle France mais, malheureusement, c'est l'ancienne France qui se transmet, celle qui décroche, qui se plaint, qui grogne, et qui se convainc qu'elle ne peut rien faire d'autre que pleurnicher contre son destin et contre "les autres".

L'avachissement change peut-être de couleur, mais il persiste dans son être.


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