Axa renonce à ses activités bancaires en Belgique

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Axa vient d’annoncer une importante transaction en Belgique, qui illustre le repositionnement du groupe dans un univers marqué par les taux d’intérêt négatifs, source d’inquiétude et de difficulté pour les assureurs. L’opération est un peu plus complexe que la presse française ne l’a rapporté. Dans la pratique, elle donne 4 points de marge de solvabilité nouvelle à l’assureur français.

Axa vient de céder son activité bancaire en Belgique au groupe bancaire coopératif Crelan. La transaction est présentée comme étant d’un montant de 620 millions d’euros par la presse française, mais de 540 millions d’euros par la presse belge. Dans le même temps, Axa prend une participation de 90 millions d’euros (près de 10% des parts) dans le groupe bancaire belge.

Si Axa se désengage  de ses activités bancaires en Belgique, il passe en revanche à l’offensive sur ses activités d’assurance. Crelan cède à l’assureur français ses activités d’assurance pour une somme globale de 80 millions d’euros. Cette opération renforce la position d’Axa comme leader de l’assurance non-vie en Belgique (avec 18% de parts de marché).

Ces choix tactiques illustrent la stratégie de Thomas Buberl de se désengager des marchés où Axa n’a pas la « taille critique » pour s’imposer. Dans le même temps, l’entreprise renforce sa présence là où elle bénéficie d’un leadership sur le marché. A l’usage, les chiffres diront si cette stratégie est la bonne.

En attendant, ces rapprochements devraient causer pas mal de dégâts pour les réseaux existants. Le groupe Crelan devient en effet le cinquième acteur par la taille du marché bancaire belge. La fusion du réseau Crelan et du réseau Axa devrait se traduire par d’importantes suppressions d’emplois, puisque les deux acteurs forment, à eux deux, le premier réseau belge.

On comprend que, dans cet ensemble, Axa poursuit son repositionnement dans une période charnière pour les compagnies d’assurance. L’annonce, la semaine dernière, d’un maintien des taux négatifs de la BCE, et les rumeurs sur une probable baisse des taux de la FED, ne devraient pas fondamentalement plaider en faveur d’une réorientation stratégique.


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