Aides et interventions publiques : ces remèdes empoisonnés pour les enfants
Photo by MARIOLA GROBELSKA / Unsplash

Aides et interventions publiques : ces remèdes empoisonnés pour les enfants


Partager cet article

Le dernier rapport de l’UNICEF dresse un constat accablant : plus d’un enfant sur cinq dans les pays à revenu faible ou intermédiaire souffre de privations sévères en matière de nutrition, d’assainissement, de logement ou d’éducation. Pourtant, jamais l’humanité n’a été aussi riche ni technologiquement avancée. Comment expliquer ce paradoxe ?

Malgré les progrès technologiques et la croissance économique, un enfant sur cinq dans les pays en développement reste privé de besoins essentiels. Pour un libertarien, ce n’est pas le manque de ressources ou de savoir-faire qui perpétue la pauvreté, mais l’interventionnisme étatique, la corruption et l’étouffement des dynamiques locales par des aides internationales contre-productives.

Le scandale de la pauvreté dans un monde d’abondance

Selon le récent rapport de l’UNICEF, 21 % des enfants des pays à faible ou moyen revenu souffrent de privations sévères dans au moins deux domaines essentiels (logement, assainissement, nutrition).

Avec 118 millions d’enfants cumulant au moins trois privations, les chiffres sont accablants. Ce scandale est d’autant plus frappant qu’il se produit à l’ère où la technologie réduit les coûts, augmente la productivité et fait reculer la famine à un rythme inédit.

La directrice générale de l’UNICEF, Catherine Russell, appelle à l'action publique, mais la véritable question, pour tout esprit libertarien, est de savoir si l’État peut résoudre un problème qu’il a largement contribué à créer.

Les facteurs de stagnation cités dans le rapport ,l’augmentation de la dette publique et les conflits, sont des phénomènes intrinsèquement étatiques. C’est la pression démographique, certes, mais surtout l’incapacité de régimes politiquement instables ou corrompus à sécuriser les fondamentaux économiques qui empêche la richesse de percoler.

Le rapport identifie les foyers de cette misère, concentrés en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, et pointe du doigt les facteurs de ralentissement des progrès : conflits, dette publique et baisse de l’aide internationale. Cependant, l’analyse s’arrête là où elle devrait commencer.

Le mirage de l’aide internationale


D’après The Lancet, la baisse des financements de l’aide au développement pourrait occasionner 4,5 millions de décès d’enfants de moins de 5 ans à l’horizon 2030. En parallèle, l’UNICEF a estimé que six millions d’enfants supplémentaires risquent d’être déscolarisés d’ici à l’année prochaine du fait de cette situation.

L’aide internationale, souvent acheminée via des gouvernements corrompus ou inefficaces, renforce la dépendance et détourne les ressources des acteurs locaux. Elle maintient des structures étatiques défaillantes en place, tout en décourageant l’émergence de solutions privées et durables.

Au lieu de libérer les énergies, elle crée une économie de la rente, où les priorités sont dictées par des bailleurs de fonds étrangers plutôt que par les besoins réels des populations.

Dans des pays comme la Tanzanie ou le Bangladesh, l’UNICEF salue les programmes publics qui ont réduit la pauvreté infantile. Mais ces « succès » masquent une réalité : ce sont souvent les acteurs privés, les entrepreneurs et les communautés locales qui portent les véritables innovations.

Cacophonie à l’ONU: l’Unicef déplore les conséquences sur les enfants de la politique sanitaire que l’OMS a mis
Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de l’éducation, l’UNICEF a publié les dernières données concernant l’impact

Or, dans de nombreux pays en développement, l’État impose des réglementations étouffantes, des barrières douanières absurdes et une fiscalité punitive. Résultat : les petites entreprises peinent à se développer, les marchés informels restent précaires, et les familles n’ont pas accès à des services essentiels comme l’eau potable ou l’assainissement, pourtant techniquement accessibles.

La pauvreté des enfants ne se résoudra pas par plus d’aide internationale ou plus d’interventionnisme étatique. Elle exige au contraire de libérer les sociétés des carcans réglementaires, de la corruption et des logiques d' assistance. La technologie et la richesse mondiale existent ; ce qui manque, c’est un environnement où les individus peuvent innover, échanger et prospérer librement. C’est en réduisant le rôle de l’État et en faisant confiance aux dynamiques locales que nous construirons un avenir où aucun enfant ne sera privé de ses besoins essentiels.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Fin de l'Internet neutre, libre et universel, par Thibault de Varenne

Fin de l'Internet neutre, libre et universel, par Thibault de Varenne

Au milieu des années 1990, une vision utopique dominait le discours technologique et sociétal : celle d'un cyberespace sans frontières, agnostique quant aux juridictions nationales, et universellement accessible. Cette vision, immortalisée par la "Déclaration d'indépendance du cyberespace" de John Perry Barlow en 1996, postulait que l'Internet serait une force inarrêtable de démocratisation, une "civilisation de l'esprit" où l'information circulerait librement, contournant les censures étatiques


Rédaction

Rédaction

Audit numérique des touristes : Trump est-il ou non déjà entré dans la dérive totalitaire? par Thibault de Varenne

Audit numérique des touristes : Trump est-il ou non déjà entré dans la dérive totalitaire? par Thibault de Varenne

Il fut un temps où traverser l'Atlantique exigeait un passeport, un billet d'avion et, peut-être, une dose de patience à la douane de JFK. Ce temps est révolu. En cette fin d'année 2025, l'Amérique de Donald Trump ne demande plus seulement de voir vos papiers ; elle exige de voir votre âme numérique. La transformation du rapport de force entre l'État américain et le visiteur étranger vient de franchir un Rubicon que beaucoup croyaient infranchissable dans une démocratie libérale. Mais sommes-nou


Rédaction

Rédaction

Le gouvernement obéit-il à la FNSEA lorsqu'il ordonne l'abattage des troupeaux en Ariège ?  par Elise Rochefort

Le gouvernement obéit-il à la FNSEA lorsqu'il ordonne l'abattage des troupeaux en Ariège ? par Elise Rochefort

C’est la question qui brûle les lèvres dans les campagnes, alors que les gaz lacrymogènes se dissipent à peine en Ariège et dans le Doubs. Pour y répondre, il faut dépasser la simple caricature d'un ministère aux ordres pour plonger dans les mécanismes de la "cogestion" à la française, une machine bien huilée qui semble aujourd'hui se gripper face à la réalité biologique de la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC). Une communauté de destin économique À première vue, la réponse est oui, ou du


Rédaction

Rédaction

Une étude Stanford confirme : les injections ARNm déclenchent bien des myocardites

Une étude Stanford confirme : les injections ARNm déclenchent bien des myocardites

Les cas de myocardite post-vaccination ARNm ne sont plus un secret. Des chercheurs de Stanford ont décrypté le mécanisme biologique derrière cette inflammation cardiaque, confirmant ce que les données suédoises, norvégiennes et autres suggéraient déjà. Malheureusement, ces effets secondaires n’ont eu aucune incidence sur la suite de la campagne de vaccination. Les autorités sanitaires ont continué de naviguer entre minimisation des risques et poursuite d'une campagne massive, interrogeant la lib


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany