Fin mai 2026, le Centre hospitalier spécialisé de l'Yonne a fermé son unique service de pédopsychiatrie, dix lits rayés d'un trait de plume comptable. Conséquence directe : les familles confrontées à un enfant en crise suicidaire ou en décompensation psychique se retrouvent désormais seules, sans recours hospitalier. Ce mardi 30 juin, l'intersyndicale FO-CGT appelle à la grève pour dénoncer une situation qu'elle qualifie de catastrophique.
Fin mai 2026, le Centre hospitalier spécialisé de l'Yonne a fermé son unique service de pédopsychiatrie, dix lits rayés d'un trait de plume comptable. Conséquence directe : les familles confrontées à un enfant en crise suicidaire ou en décompensation psychique se retrouvent désormais seules, sans recours hospitalier. Ce mardi 30 juin, l'intersyndicale FO-CGT appelle à la grève pour dénoncer une situation qu'elle qualifie de catastrophique.
Une fermeture synonyme de l'effondrement du service psychiatrique
L'intersyndicale FO-CGT a appelé les personnels à la grève ce 30 juin afin d'alerter sur la dégradation accélérée de la psychiatrie dans l'Yonne. Le symbole le plus frappant est la fermeture, fin mai, du service de pédopsychiatrie de dix lits.
Selon Laëtitia Vitellus, secrétaire adjointe CGT et éducatrice spécialisée, les urgences seront désormais absorbées par la pédiatrie, tandis que les familles devront gérer seules des enfants en crise. Dans un département où la protection de l'enfance est déjà inquiétante, cette fermeture fait peser un risque supplémentaire sur les plus vulnérables.

La pénurie médicale explique en partie cette situation. L'établissement ne compte qu'environ sept praticiens hospitaliers équivalent temps plein, alors qu'il en faudrait quinze pour fonctionner normalement. Deux nouveaux départs à la retraite sont annoncés en septembre, sans qu'aucun remplacement n'ait été présenté aux représentants du personnel. Les syndicats dénoncent un défaut d'anticipation et rappellent que les restructurations successives ont déjà réduit les capacités d'hospitalisation au fil des années.
Une pénurie organisée par l'inaction
Dans son rapport publié le 11 février 2026, la Chambre régionale des comptes relève des flux de patients entre les établissements hospitaliers d'Auxerre, d'Avallon, de Tonnerre et de Clamecy, révélateurs des déséquilibres de l'offre de soins sur le territoire.

Mais derrière les indicateurs budgétaires se cache une réalité autrement plus brutale : faute de lits disponibles, certains patients sont désormais inscrits sur liste d'attente pour une hospitalisation psychiatrique.

Les représentants syndicaux alertent sur les conséquences humaines d'une telle situation. Les personnes concernées sont souvent isolées, fragiles et invisibles médiatiquement. Dans le même temps, les responsables reconnaissent que la crise du recrutement est nationale, alimentée par le vieillissement des psychiatres, dont nombre exercent déjà en cumul emploi-retraite. De son côté l'ARS, citée par les syndicats comme l'instance compétente, brille par son silence.
Cette affaire met en lumière les limites d'une gouvernance hospitalière où les impératifs budgétaires semblent prendre le pas sur la continuité des soins. L'ARS, les directions hospitalières et les pouvoirs publics se renvoient la responsabilité d'une pénurie pourtant annoncée depuis plusieurs années. Au final, ce sont les patients qui assument le coût réel de ces arbitrages : des enfants privés d'un service spécialisé, des familles abandonnées face à des crises psychiatriques et des malades contraints d'attendre un lit alors que leur état exige une prise en charge immédiate.



