Le réveil est brutal, et pour tout dire, il a un goût de cendre. Pendant que les somnambules de Bruxelles et les aveugles de Bercy nous expliquent que la dette n’est qu’une construction mentale sans conséquence, la réalité, cette vieille dame têtue, vient de reprendre ses droits.
Ce que nous vivons en ce début d'année 2026 n'est pas une simple correction technique : c’est l’effondrement final du château de cartes des obligations souveraines sur lequel reposait la survie artificielle de l'Occident.

Acte I : la fin de l’illusion monétaire aux Etats-Unis
Regardez le graphique ci-dessous : il est le sismographe de notre fin de règne. Celle des Etats-Unis, en réalité, qui est en train d’entraîner dans son sillage tout l’Occident.
En septembre 1981, au sommet de l'inflation, le 10-ans américain culminait à 15,32 %.

Puis, pendant quarante ans, nous avons vécu dans l'illusion d'une baisse perpétuelle, touchant le fond de l'absurde en septembre 2020 avec un taux à 0,68 %. À l'époque, il fallait débourser 94 $ pour espérer en récupérer 100 dix ans plus tard. C’était le monde de la dépossession tranquille. Aujourd'hui, la courbe rouge remonte violemment, et avec elle, c'est tout le système financier qui entre en convulsion, car la remontée des taux vide les coffres des banques et massacre la valeur des actifs obligataires.
Acte II : le déclin des grands rivaux, le Japon et l’Allemagne
Le Japon, jadis le grand banquier de l'ombre de la planète, a fini par craquer. La hausse de ses taux longs rapatrie les capitaux vers l'archipel. Résultat : moins d'acheteurs pour les dettes occidentales. C’est le premier domino.
