Chaque fois que Macron parle de défense européenne, il est déstabilisé par une affaire…

Chaque fois que Macron parle de défense européenne, il est déstabilisé par une affaire…


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Défense européenne, déstabilisation intérieure ? Dans l'histoire du quinquennat Macron, une coïncidence chronologique reviendra comme un leit-motiv : toutes les sorties du président sur la défense européenne qui doit devenir indépendante sont suivies d'une boule puante intérieure qui le déstabilise. C'est quand même bizarre. Démonstration...

La coïncidence est amusante : pendant que Macron parlait de la défense européenne à Munich (ce qui est, en soi, une sorte de provocation historique), quelques jours après son discours sur la dissuasion nucléaire qu’il proposait de partager avec ses petits camarades du continent, l’onde de choc de l’affaire Griveaux se propageait. Le parti du Président se prenait dans la figure une superbe boule puante dont il ne devrait pas se relever avant un certain temps.

La défense européenne, un sujet glissant en Europe ?

Si Macron était un peu plus sage, il écouterait ce que lui murmure Maman Merkel sur le sujet. Alors que, à Munich, Emmanuel Macron est allé faire part de son impatience vis-à-vis du silence allemand, et plaider pour une Europe puissante, Merkel redit qu’elle aime les États-Unis et qu’elle n’est pas pressée de quitter le giron américain.

Si certaines voix en Allemagne manifestent de la compréhension vis-à-vis de la vision française, comme celle d’Armin Laschet, qui pourrait succéder à Angela Merkel, la chancelière a bien compris qu’il valait mieux éviter les ennuis en prônant à tors et à travers une indépendance grandissante vis-à-vis du puissant allié américain, dominé par son encore plus puissant complexe militaro-industriel. On ne sait jamais ce qu’il peut en coûter…

De fait, pas une fois où Emmanuel Macron n’a milité en faveur de la défense européenne ne s’est passée sans que des retombées intérieures désagréables ne lui arrivent.

Le précédent désagréable de 2018

Rappelons que, à partir du printemps 2018, les Gilets Jaunes ont commencé à bouillonner, jusqu’à prendre forme et vigueur à l’automne contre la taxe sur le carburant.

Coïncidence : le 11 novembre 2018, soit quelques jours avant le fameux 17 novembre où la première manifestation des Gilets Jaunes intervient, la France accueille Donald Trump pour la célébration du centenaire de l’armistice. L’avant-veille, Trump a tonitrué sur l’Europe de la Défense promue par Emmanuel Macron. Il a notamment écrit ce tweet:

President Macron of France has just suggested that Europe build its own military in order to protect itself from the U.S., China and Russia. Very insulting, but perhaps Europe should first pay its fair share of NATO, which the U.S. subsidizes greatly!   

L’Europe de la Défense, une insulte aux États-Unis, à la Russie et à la Chine. Tiens donc… Mais la visite se passe bien, en apparence, et les deux hommes se réconcilient. Puis, immédiatement après son départ, Trump se lance dans une charge sur Twitter contre la France et contre Macron, dont celui-ci : » The problem is that Emmanuel suffers from a very low Approval Rating in France, 26%, and an unemployment rate of almost 10%. »

L’impopularité de Macron lui reviendra en pleine face dès le 17 novembre, jusqu’à une lente descente aux enfers le 3 décembre…

Le rôle de Steve Bannon jamais clairement interrogé

L’histoire est encore trop fraîche pour être racontée. Mais une chose est sûre : dans l’écheveau de billards à de nombreuses bandes qui s’est joué durant l’hiver 2018, le rôle de Steve Bannon a plusieurs fois été évoqué sous le manteau. Ceux qui ont suivi la vie des Gilets Jaunes de l’intérieur ont rapidement compris que le mouvement ne fonctionnait pas seulement sur des impulsions spontanées mais qu’il portait avec lui une part d’ombre que certains, par paresse, ont automatiquement attribué à la Russie.

Il serait pourtant intéressant d’analyser en détail l’attitude d’un Steve Bannon dans cette espèce de ligue de la contestation populaire, voire populiste, qui a pris naissance ce jour-là. On notera avec amusement que, marquée plutôt à droite à ses débuts, sous la forme d’une révolte fiscale, la contestation des Gilets Jaunes a commencé à faiblir lorsque la gauche l’a récupérée.

Griveaux victime d’un torpillage organisé

À la lumière de ce précédent, le retour de la défense européenne comme thème d’agitation macronienne durant ces premiers mois de 2020 est marqué par une nouvelle affaire qui affaiblit en profondeur le président français. Pendant que Macron propose aux Allemands de créer une armée européenne sous influence française, un obscur artiste russe réfugié politique en France torpille l’un de ses plus proches lieutenants.

Pour ce faire, la méthode employée procède de la logique barbouze : une femme est recrutée pour piéger l’homme politique, qui commet diverses imprudences rendues publiques sur un site Internet hébergé en Amérique du Nord. De façon très révélatrice, Emmanuel Macron a d’ailleurs, depuis Munich, laissé entendre que cette opération pourrait soit venir de Russie, soit des États-Unis.

Nous avons expliqué pour quelle raison nous pensons que Pavlensky n’est pas un agent russe. Force est de constater que l’activisme français pour vendre le Rafale et promouvoir une défense européenne gêne beaucoup plus les États-Unis que la Russie. D’ailleurs, Emmanuel Macron lui-même préconise l’ouverture d’un dialogue stratégique avec la Russie.

Macron victime du gouvernement profond ?

À la rentrée de septembre 2019, Emmanuel Macron a surpris son petit monde en critiquant l’attitude du gouvernement profond à son égard. Dans son discours aux ambassadeurs, le président français a fustigé l’atlantisme rigide des élites administratives françaises.

Tout laisse à penser que si des manoeuvres de déstabilisation existent sur la scène intérieure pour affaiblir Emmanuel Macron, et si elles procèdent d’une intervention extérieure, nos regards doivent se porter vers l’ouest.

Retrouvez nos différents articles sur l’affaire Griveaux en version abonnés…

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