Orléanisation accélérée d’Emmanuel Macron

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Emmanuel Macron est en pleine crise d’orléanisation, déjà décrite dans nos colonnes à plusieurs reprises. Nous entendons par cette expression le glissement progressif du Président de la République sur un socle électoral de plus en plus proche de celui d’Alain Juppé, et de cette droite à la fois étatiste et attachée à un grand marché unique européen encadré par une élite modérée mais ferme sur son autorité. Un sondage vient de le confirmer. Nous continuer de pronostiquer une réorientation rapide à gauche pour se redonner de l’oxygène et sortir de ce socle de base.

On lira avec intérêt un article du Monde initialement signé Gilles Finchelstein (président du think tank socialiste Jean-Jaurès et proche de Macron), qui documente de façon statistique l’orléanisation d’Emmanuel Macron. En particulier, ce passage nous paraît très signifiant:

Emmanuel Macron dispose d’un socle de 15 % de Français qui approuvent son bilan et d’une réserve disponible de 33 % de Français qui gardent encore leur jugement. En outre, les caractéristiques de l’électorat de LRM sont éclairantes.

Politiquement, il s’agit d’une France dont le centre de gravité se situe de plus en plus clairement à droite : ainsi, dans la répartition entre LR et LRM, le tiers des sympathisants du parti Les Républicains choisit la liste LRM. Sociologiquement, il s’agit d’une France qui va bien : les intentions de vote montent à 33 % chez les cadres supérieurs, 31 % chez les bac + 4, 30 % chez les revenus supérieurs à 3 500 euros. Idéologiquement, c’est une France dont l’identité pro-européenne est très marquée : 97 % se déclarent favorables au projet européen et, plus significativement, 40 % au projet européen « tel qu’il est » – c’est 20 points de plus minimum que les électorats des autres partis traditionnellement pro-européens.

Voilà qui donne un appui statistique à l’orléanisation d’Emmanuel Macron (un tiers des sympathisants de LR optent pour Macron, ainsi qu’un tiers des cadres supérieurs).

Nous maintenons notre pronostic selon lequel, fort de ce soutien acquis notamment grâce au prélèvement forfaitaire unique et à la suppression de l’ISF, Emmanuel Macron s’apprête à effectuer un puissant virage à gauche.


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