1989-2021: en ce 4 juin, aucun des leaders de droite n’a commémoré les victimes du communisme à Tian An Men
Monument à Wroclaw (Pologne) à la mémoire des victimes de la révolution démocratique manquée en 1989 en Chine

1989-2021: en ce 4 juin, aucun des leaders de droite n’a commémoré les victimes du communisme à Tian An Men


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Le silence de toute la droite, de Marine Le Pen à Valérie Pécresse est assourdissant. Aucun des aspirants ou candidats déclarés conservateurs, libéraux ou nationistes à la fonction présidentielle n' apris le temps de rendre hommage aux étudiants, aux ouvriers, aux soldats, aux classes moyennes qui se soulevèrent au printemps 1989 dans 400 villes de Chine et dont l'aspiration démocratique fut brutalement réprimée sous la conduite de Deng Xiaoping. Ce silence en dit long sur l'absence de vision d'ensemble dans l'ensemble de la droite française au moment où notre pays devrait prendre position dans la grande reconfiguration géopolitique mondiale pour l'équilibre des puissances et la liberté des nations.

Il y a trente deux ans, le 4 juin 1989, l’armée chinoise (appelée de manière orwellienne Armée de Libération Populaire) investissait la place Tian An Men à Pékin et en chassait les étudiants rassemblés, causant plusieurs centaines de morts – et même plusieurs milliers dans l’ensemble de la ville selon des sources convergentes. Contrairement à ce qu’implique l’expression « Manifestations de la Place Tian An Men », il y eut en fait 400 villes de Chine touchées par un mouvement qui était porté, hors de Pékin par des ouvriers, des chômeurs, des membres des classes moyennes et des soldats aussi. On se souvient avec émotion, et à juste titre, des étudiants de la place Tian An Men. Mais il y eut bien d’autres victimes ailleurs: les sources occidentales les plus critiques parlent de 10 000 morts en tout dans le pays. Peut-être saura-t-on le nombre de victimes réelles le jour où la Chine sera débarrassée du communisme. En attendant, les autorités chinoises ont, depuis cette époque, réussit à camoufler l’essentiel de l’événement.   

J’ai fait le test avant de rédiger ces lignes. Pas un des candidats de droite déclarés ou supposés n’a publié au matin du 4 juin 2021 un message à la mémoire des victimes de la répression communiste en Chine voici une génération.  

Les quatre raisons de faire entrer la France dans une coalition des nations libres contre la Chine communiste

Pourquoi s’en émouvoir?

– La première raison c’est que le monde change à grande vitesse depuis la crise du COVID 19. Une résistance est en train de s’organiser contre l’impérialisme chinois, qui a montré à l’occasion de l’épidémie, sa double nature: totalitaire, avec tout ce que cela implique de désorganisation puisque les autorités chinoises ont mis, selon les analyses les plus solides, au moins trois mois (octobre2019-janvier 2020) avant de prendre la mesure du désastre survenu à Wuhan et réagir. Mondialiste, ensuite, puisque la Chine, lorsqu’elle a commencé à endiguer l’épidémie, a prétendu que le monde entier devait adopter, comme elle, une méthode du confinement total. 

– La deuxième raison est précisément le mondialisme ou, plus précisément, l’impérieuse urgence que nous avons de lutter contre lui. Les travaux les plus complets sur la notion et les ambitions de Great Reset, à savoir ceux d’Eric Verhaeghe et de John Laughland, montrent bien la manière dont le Forum Economique Mondial et les instances de la « gouvernance mondiale » ont été et sont encore pour la Chine populaire des plateforme idoines pour faire avancer l’idée d’une convergence entre la Chine et le reste du monde. Tout aspirant à la conduite de notre politique étrangère devrait pratiquer assidument les deux tomes officiels des discours de Xi Jinping, que tout entrepreneur chinois distribue aujourd’hui à ses clients en même temps qu’il signe un contrat. Le titre « La gouvernance de la Chine » renvoie à la gouvernance extérieure et intérieure. Il y a un danger objectif, aujourd’hui, de destruction de l’équilibre du monde par la puissance chinoise et de subversion des institutions libres par la contamination « xijingpingienne » des institutions supranationales et internationales. C’est ce que Donald Trump avait si bien compris et que son successeur n’a pas d’autre choix que de continuer à combattre. 

– La troisième raison est que penser et agir ainsi, c’est la meilleure façon d’être fidèle à l’esprit du Général de Gaulle. Lorsque ce dernier avait reconnu la Chine le 31 janvier 1964, il faisait un pari sur l’avenir de la nation chinoise et souhaitait encourager le maoïsme à devenir moins communiste et plus nationiste – en attendant un jour que la nation chinoise « boive le communisme comme le buvard boit l’encre ». Les héritiers du Général de Gaulle auraient dû réagir lorsque les mondialistes occidentaux – les Américains en premier lieu –  se sont servis de l’ouverture économique de la Chine pour mettre en place un système de financiarisation exubérante de l’économie et de libre-échangisme aux dépens de notre industrie. Aujourd’hui, être un digne héritier du Général de Gaulle, c’est voir que la France est menacée par l’expansionnisme chinois dans l’Océan Pacifique. La question de l’ingérence chinoise dans le troisième référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie reste entière. 

-La quatrième raison, c’est l’ardente nécessité d’arracher définitivement le marxisme de nos catégories de pensée. L’Occident, en 1989, a renoncé au réalisme philosophique et à l’universalisme en admettant le discours chinois selon lequel la RCP n’avait pas à suivre la voie de l’URSS et la dictature du Parti communiste était compatible avec une politique économique « libérale ». C’était nous faire prendre des vessies pour des lanternes. C’était nous demander de renoncer à l’immense élan de liberté des années 1945-1989 en Occident. Nous le payons cher aujourd’hui. En fait, les événements de Tian An Men auraient dû nous faire comprendre que le bon Monsieur Deng (qui fut décisif dans l’écrasement de la tentative de révolution démocratique en 1989) n’était guère plus qu’une réincarnation chinoise de Lénine qui avait réussi sa « NEP » (Nouvelle Politique Economique) à l’échelle de la Chine. En collaborant avec les communistes chinois (quasiment) comme si de rien n’était, malgré les 10 000 morts de Tian An Men, le Laogail (L’archipel du goulag version chinoise), la persécution des religions, l’étouffement progressif de la démocratie à Hong Kong, les modifications de frontières subreptices en Mer de Chine, la persécution des Ouïghours, l’Occident a perdu son âme libre. En passant un pacte méphistophélique avec le marxisme à la chinoise (je finance ton embrigadement industriel à très bas coût d’une population qui n’aura pas le temps de se battre pour sa liberté mais produira pour moi) le Faust moderne, vieillissant et jouisseur, a laissé proliférer en Occident diverses réincarnations du marxisme en Occident: du recyclage des trotskistes dans le mouvement « néocon » à l’islamo-gauchisme genré et racialiste d’aujourd’hui. 

Pour ces quatre raisons (le danger impérialiste chinois – en particulier dans le Pacifique; la nécessité de défendre la liberté des nations face au mondialisme; la fidélité à l’esprit du gaullisme; et la nécessité de combattre les réincarnations proligérantes du marxisme), il est difficile de comprendre qu’aucun des candidats ou aspirants-candidats de droite à l’élection présidentielle n’ait pensé à commémorer les victimes de Tian An Men.


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