????Un pas de plus vers une nouvelle taxe sur l’héritage

????Un pas de plus vers une nouvelle taxe sur l’héritage


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Une taxe sur l’héritage dès le premier euro ? C’est l’idée émise par Laurent Berger pour financer la « dépendance », le nouveau risque que le gouvernement envisage de couvrir par la sécurité sociale. Avant même le discours très annoncé du Président de la République le 14 juillet, tout laisse donc penser que les classes moyennes seraient encore plus pressurées dans le monde d’après que dans le monde d’avant.

Une taxe sur l’héritage au premier euro… Telle est l’idée avancer par Laurent Berger pour financer la dépendance, c’est-à-dire, concrètement les EHPAD en mal de ressources. Il faut faire attention à cette proposition qui risque de marquer les esprits gouvernementaux pour longtemps, d’autant qu’elle rejoint d’autres propositions déjà faites en ce sens ces dernières semaines.

Une taxe sur l’héritage au premier euro, bien sûr…

Depuis plusieurs semaines, Laurent Berger déroule consciencieusement ses propositions de taxation en tous sens pour éviter de diminuer les dépenses publiques. On ne sera donc pas surpris par les propos qu’il vient de tenir dans les Échos, où il propose que le financement de la dépendance, la nouvelle branche de la sécurité sociale que le gouvernement veut créer, se fasse par une taxe sur l’héritage dès le premier euro.

Finis, donc, les abattements à 150.000€. Dès la transmission d’un livret A de 5.000€ péniblement accumulés par la grand-mère sur ses vieux jours, l’État ponctionnerait 500, 1.000, peut-être 1.500€ pour financer l’hébergement des personnes âgées.

Nous revenons par ailleurs sur la question de la dépendance. Ce qui nous intéresse ici, c’est le réflexe obsessionnel français, et singulièrement de cette branche historique de l’opinion publique française qu’on appelle les « cathos de gauche », dont la CFDT est l’héritière, qui consiste à taxer tout ce qui peut l’être, pour assurer le confort de la « solidarité », mot tellement galvaudé qu’il ne désigne plus que la bureaucratie qui prétend administrer celle-ci.

Pour concrétiser les promesses, il faudra recruter, payer décemment et former plusieurs dizaines de milliers de professionnels du grand âge supplémentaires. Si la durée de vie de la Cades s'allonge, on ne pourra pas récupérer beaucoup de CSG ou la CRDS pour financer la dépendance, c'est pourquoi le financement de la dette exceptionnelle Covid se pose. Mais la question de taxer les transmissions au premier euro mérite également d'être posée.    

Laurent Berger

Expansion permanente de la dépense publique

Il y a peu, Laurent Berger proposait de taxer les entreprises qui avaient été épargnées par la crise. À chaque interview sur n’importe quel sujet, à chaque sortie de la presse, Laurent Berger propose donc une nouvelle taxe, en expliquant doctement que nous avons tous besoin d’un État-providence, comme la crise, selon lui, l’a démontré, et que cet État-providence a besoin d’être financé, de préférence par tous ceux qui ne sont pas à terre, et par tous ceux qui cherchent à créer de la prospérité.

Cette logique déjà forte dans le monde d’avant est donc dans une activité encore plus effervescente dans le monde d’après. L’expansion permanente de la dépense publique ne connaît pas de répit, ni de virus, ni de confinement.

Le ciblage sur le patrimoine et l’héritage moyens est un signe…

Dans tous les cas, on retiendra une constante dans ces appels répétés (notamment celui de la CFDT) à taxer pour financer des dépenses publiques qui ne doivent cesser d’augmenter : le patrimoine des classes moyennes éveille l’appétit et devrait donner lieu, tôt ou tard, à des mesures confiscatoires. Celles-ci seront prises au nom de la solidarité face au coronavirus, prétexte fourre-tout qui justifiera que les fonctionnaires soient épargnés par l’effort, et que celui-ci soit concentré sur le secteur privé, et spécialement sur les entrepreneurs, les artisans, les travailleurs non-salariés, vaches à lait naturelles de l’État-Providence.

Ce point est à retenir pour vos anticipations prochaines.

Au-delà de la dette, tout l'enjeu sera aussi de penser les ressources. Il faudra qu'on réfléchisse bien à ce qu'on veut en termes de service public de la santé. Il faut partir du constat que les salaires de la fonction publique hospitalière, et les moyens de l'hôpital ne sont pas satisfaisants. J'entends dire qu'on est suradministrés dans la santé, mais ce qui est sûr c'est que l'hôpital public est en grande souffrance depuis longtemps.    

Laurent Berger

Une idée dangereuse pour le 14 juillet de Macron ?

Selon les informations répétées en boucle par la presse, Emmanuel Macron devrait prononcer le 14 juillet un grand discours de sauvetage de son quinquennat. Les rumeurs les plus folles (nous y revenons par ailleurs) circulent sur un départ d’Édouard Philippe et une arrivée de François Bayrou à Matignon.

Voilà qui tombe bien ! le chef des députés MODEM vient justement de proposer la création d’un impôt sur la fortune improductive. On voit là encore que la fiscalité du patrimoine à de beaux jours devant elle, et qu’elle ne devrait pas tarder à faire florès dans les esprits. La mise en place d’un gouvernement de coalition cet été, reflétant mieux la majorité parlementaire à la recherche de laquelle Macron est parti devrait même constituer le terreau politique favorable à cette hyper-taxation destinée à apaiser les revendications de gauche et à éteindre un incendie qui menace désormais la fortune des grands contributeurs de la campagne de Macron.

Juillet, le mois de tous les dangers

C’est donc probablement au mois de juillet que sera lancée la cueillette fiscale, avec une traduction dans les textes à partir de septembre. Ceux-ci seront incorporés au projet de loi de finances 2021, mais rien n’exclut qu’une première batterie de mesures n’intervienne dès 2020 pour limiter la catastrophe budgétaire en cours.

Il reste donc trois mois utiles, dans la pratique, pour se préparer au pire. C’est court, mais certains dispositifs le permettent.


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