Tuberculose: discours alarmiste de l’OMS face à une prétendue hausse des cas

Tuberculose: discours alarmiste de l’OMS face à une prétendue hausse des cas


Partager cet article

Le 5 mai 2023, l’OMS (Organisation mondiale de la santé) avait mis fin à l’urgence de santé publique de portée internationale liée à la Covid-19, mise en place  le 30 janvier 2020. Pour autant,  le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a averti que la prochaine pandémie sera « encore plus meurtrière ». Désormais, il a mis en garde contre l’émergence de la tuberculose. Selon l’OMS, le nombre de nouveaux diagnostics a augmenté, atteignant un record de 8,2 millions de cas. Pourtant selon l’OMS, cette maladie tue encore alors que les outils de lutte sont déjà disponibles.

Plus de quatre ans après l’apparition du coronavirus à Wuhan, en Chine, la situation sanitaire à l’échelle mondiale s’est nettement améliorée. Si l’on en croit le patron de l’OMS, il semblerait qu’on en a terminé avec le Covid. Optimiste sur l’évolution de la situation sanitaire sur le COVID, pour  l’OMS , la tuberculose (TB) a supplanté le Covid comme première cause de décès par maladies infectieuses en 2023. Pour l’OMS, la lutte mondiale contre la tuberculose doit de nouveau être renforcée, face aux défis de sous-financement et de résistance aux traitements.

Plus de 8 millions de nouveaux cas détectés en 2023

Alors que la Covid-19 se retire peu à peu des premières lignes des maladies infectieuses mortelles, selon l’OMS,  la tuberculose (TB) a repris le triste titre de « tueur numéro un » en 2023. Avec 1,25 million de décès, la TB surpasse désormais le coronavirus en termes de mortalité liée aux infections.

Le nombre de nouveaux diagnostics a également augmenté, atteignant un record de 8,2 millions de cas selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Bien que ce chiffre témoigne d’une meilleure détection et d’un accès au traitement pour plus de patients, il soulève aussi des inquiétudes quant à la persistance d’un fléau que l’on croyait maîtrisé.

Selon un rapport de l’OMS publié mardi, la tuberculose vient de remplacer le Covid-19. Cette pathologie qui existe depuis des siècles est devenue la maladie infectieuse la plus mortelle.

Risque de crise sanitaire mondiale

Le rapport publié par l’OMS a révélé que l’objectif d’éradiquer la tuberculose et de réduire la charge de morbidité est loin d’être atteint. Selon l’agence onusienne, cette maladie infectieuse pourrait générer une nouvelle crise sanitaire mondiale.

Le rapport de l’OMS met en évidence un ralentissement inquiétant dans la lutte contre la tuberculose, notamment en raison du sous-financement des programmes de santé publique. « Le fait que la tuberculose tue encore autant de personnes est une indignation », a déploré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS. Avec une charge de travail majoritairement concentrée dans les pays à faibles et moyens revenus, les ressources demeurent insuffisantes pour assurer la prévention, le traitement et la détection de manière généralisée.

L’écart entre les cas estimés et ceux officiellement déclarés s’est cependant réduit, passant de 4 millions durant les années Covid-19 à 2,7 millions en 2023. Cependant, ce progrès reste limité dans un contexte mondial qui peine à atteindre les objectifs fixés pour 2027.

L’agence a ajouté que « la forme multirésistante de la tuberculose reste une crise de santé publique ».

Même si l’urgence sanitaire a été levée, il faut se préparer pour pouvoir répondre à la prochaine pandémie de manière « décisive, collective et équitable ». Tedros a appelé à une préparation décisive et collective pour faire face à la prochaine pandémie, soulignant que les changements nécessaires doivent être effectués dès maintenant. Il a salué la décision des États membres de l’OMS de rédiger un traité sur les pandémies et a demandé une mise à jour du Règlement sanitaire international pour éviter une dévastation similaire à celle de la COVID-19.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Ingénierie sociale et cyberguerre électorale : comment Trump a gagné en 2016

Ingénierie sociale et cyberguerre électorale : comment Trump a gagné en 2016

Le Courrier évoque régulièrement les techniques d'ingénierie sociale qui se sont banalisées dans nos démocraties pour mieux contrôler le débat public. Je rends ici hommage aux apports essentiels de Steve Banon à la campagne présidentielle de 2016, sans lesquels Trump n'aurait probablement pas gagné cette année-là. L'élection présidentielle américaine de 2016 marque un point de rupture historique dans l'évolution des communications politiques mondiales, transformant le paysage démocratique en


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Pourquoi tant d'admirateurs de Poutine refusent-ils la moindre nuance ? par Elise Rochefort

Pourquoi tant d'admirateurs de Poutine refusent-ils la moindre nuance ? par Elise Rochefort

Par les nuances sourcées et objectives que Thibault de Varenne apporte à l'analyse du conflit ukrainien, certains lecteurs sont heurtés dans leur identité. C'est un fait : le phénomène Poutine repose d'abord sur le sentiment qu'une menace pèse sur notre identité collective dès que la figure du sauveur de l'Occident est étudiée objectivement. Elise Rochefort nous explique ce besoin de fermeture cognitive. Le Courrier entame ici un cycle d'analyse pour montrer quelles techniques d'ingénierie soci


Rédaction

Rédaction

Comment Macron fait surveiller le Net pour lutter contre les ingérences étrangères... par Elise Rochefort

Comment Macron fait surveiller le Net pour lutter contre les ingérences étrangères... par Elise Rochefort

Ce matin, Emmanuel Macron tient un conseil de défense, dont l'un des points à l'ordre du jour porte sur la "lutte contre les ingérences étrangères" à l'approche des élections municipales. Mais concrètement, comment s'organise cette surveillance du Net ? Le jour même où il annonçait l'introduction du passe sanitaire, le 13 juillet 2021, Emmanuel Macron signait le décret créant l'agence Viginum, chargée principalement de lutter contre les ingérences étrangères. Cette coïncidence peut évidemment ê


Rédaction

Rédaction

Pourquoi la Russie tarde-t-elle autant à gagner la guerre en Ukraine? par Thibault de Varenne

Pourquoi la Russie tarde-t-elle autant à gagner la guerre en Ukraine? par Thibault de Varenne

Depuis quatre ans, une certaine cohorte de « poutinolâtres », installée confortablement dans ses certitudes de salon franco-français, nous promet de façon ininterrompue une victoire russe imminente. À les écouter, l’armée ukrainienne ne serait qu’un château de cartes prêt à s’effondrer sous le souffle du « génie stratégique » du Kremlin. Pourtant, quatre ans plus tard, cette victoire se fait toujours attendre. Ce décalage abyssal entre le fantasme et le réel ne démontre pas seulement la minceur


Rédaction

Rédaction