En ce milieu de janvier 2026, alors que les rues de Téhéran, d'Ispahan et de Tabriz grondent d'une colère que la répression ne parvient plus tout à fait à étouffer, une question obsède les chancelleries occidentales et les observateurs du Moyen-Orient. Donald Trump, le président qui promettait le feu et la fureur, celui qui tweetait il y a quelques jours encore que « l'aide arrive » pour les patriotes iraniens, semble étrangement retenu.

Pourquoi les divisions blindées américaines ne roulent-elles pas vers la frontière iranienne? Pourquoi la bannière étoilée ne flotte-t-elle pas sur le Golfe Persique avec l'intention explicite de décapiter le régime des Mollahs?
La réponse facile, celle qui circule sur les réseaux sociaux et dans certains cercles d'opposition, est celle de la peur. La peur de l'enlisement, la peur des missiles iraniens, la peur d'un Vietnam au carré. Mais la réalité stratégique est bien plus complexe. Elle ne réside pas dans la psychologie d'un homme, mais dans la lecture froide d'un document qui, bien que vieux de près de deux décennies, continue de dicter la grammaire de l'action américaine : le rapport de la Brookings Institution intitulé Which Path to Persia?

Pour comprendre l'inaction militaire apparente de Trump, la nature de la guerre israélo-iranienne de juin dernier, et la menace réelle des missiles iraniens, il nous faut disséquer les mécanismes de cette crise de 2026.
L'ombre de la Brookings : pourquoi l'invasion est une chimère
Il est fascinant de voir à quel point l'administration Trump, souvent taxée d'improvisation, suit en réalité une partition écrite bien avant son retour à la Maison Blanche. Le document Which Path to Persia?, publié en 2009, offrait aux décideurs américains une liste de menus pour traiter le « problème iranien ». L'option la plus radicale, décrite dans le Chapitre 3 : "Going All the Way: Invasion", est celle que beaucoup imaginent aujourd'hui comme imminente.

