Tarifs et qualité de service de la SNCF : une association de consommateurs tire la sonnette d’alarme
TOPSHOT – Commuters stand on a crowded platform of the Gare de Lyon railway station on April 3, 2018 in Paris, on the first day of a two days strike. Staff at state rail operator SNCF walked off the job from 7.00 pm (1700 GMT) on April 2, the first in a series of walkouts affecting everything from energy to garbage collection. The rolling rail strikes, set to last until June 28, are being seen as the biggest challenge yet to the President’s sweeping plans to shake up France and make it more competitive. / AFP / ludovic MARIN

Tarifs et qualité de service de la SNCF : une association de consommateurs tire la sonnette d’alarme


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L’association de consommateurs Familles rurales a interpellé le Premier ministre François Bayrou pour dénoncer les tarifs jugés excessifs et la qualité de service défaillante de la SNCF. Selon elle, le train devient une option trop coûteuse face à l’avion ou à la voiture, malgré une conscience écologique grandissante.Pour de nombreux citoyens, le coût du train devient un frein à son utilisation régulière, notamment pour les jeunes et les foyers à revenus modestes.

L‘association de défense des consommateurs Familles rurales a interpellé vendredi le Premier ministre François Bayrou sur les tarifs de la SNCF et la qualité du service offert aux usagers. Dans un courrier consulté par l’AFP, l’association critique une politique tarifaire jugée excessive et un service qui ne répond plus aux attentes des voyageurs.Selon Familles rurales, l’avion et la voiture apparaissent souvent comme des alternatives plus économiques au train, malgré une sensibilisation croissante aux enjeux écologiques.

« L’avion, lorsqu’on voyage seul, ou la voiture, à plusieurs (dès deux passagers), constituent trop souvent une option plus abordable »

, souligne l’association.Cette situation soulève une incohérence entre les discours en faveur de la transition écologique et la réalité économique du transport ferroviaire.

Une qualité de service dégradée

En 2023, près de 178 millions d’usagers ont été confrontés à des perturbations les empêchant de voyager dans les conditions prévues, tous services confondus (TER, Transilien, Intercites, TGV hors grandes lignes non conventionnées et trains internationaux).

L’association pointe également du doigt la ponctualité des trains. Selon ses calculs, 12 % des trains sont arrivés avec un retard supérieur à cinq minutes en 2023, affectant ainsi 169 millions de voyageurs.

« Notre analyse montre que le rapport qualité-prix s’est dégradé pour les voyageurs »

, déplore Familles rurales.

L’association déplore également une dégradation du rapport qualité-prix pour les usagers. Elle estime que le train, autrefois perçu comme un moyen de transport accessible, devient de plus en plus inabordable pour une grande partie de la population. Familles rurales appelle à une refonte de la politique tarifaire, en tenant compte des ressources de chacun, conformément à l’esprit du contrat de performance 2021-2030.

Des mesures demandées au gouvernement

Face à cette situation, l’association appelle le gouvernement à agir en faveur de tarifs « socialement plus justes » et d’une politique tarifaire adaptée aux ressources de chacun, conformément au contrat de performance 2021-2030.

Par ailleurs, elle exige l’automatisation des indemnisations en cas de retard ou d’annulation, afin de respecter le règlement européen en la matière. Aujourd’hui, l’obtention d’une compensation reste conditionnée à une demande préalable du voyageur, une pratique que l’association juge inacceptable.

Enfin, Familles rurales préconise la mise en place d’un système de médiation indépendant et impartial pour traiter les litiges et informer les consommateurs sur leurs droits, notamment dans le cadre de l’ouverture à la concurrence.

Familles rurales espère une réaction rapide du gouvernement pour rendre le train plus accessible et améliorer la qualité de service. L’association rappelle que le train doit rester un moyen de transport fiable, abordable et respectueux de l’environnement, au service de tous les usagers.

Pour autant, dans les faits, les agents de la SNCF bénéficient de tous les avantages liés à une mission de service public (droits, protections, etc.), mais sans être soumis aux obligations qui en découlent, comme celles définies par la loi du 13 juillet 1983 relative au statut des fonctionnaires. Cette absence d’obligations spécifiques amène à conclure que les personnels de la SNCF ne sont pas véritablement investis d’une mission de service public.


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