Le 21 mars 2026, un colon israélien invité sur la chaîne 14, télévision publique proche de la droite nationale, affirme sans détour que la Torah autorise à « éliminer quiconque n’obéit pas à Israël ». « Le pays doit être vidé de tout Arabe qui refuse de s’agenouiller devant nous », lance-t-il devant les caméras. Cette radicalisation du discours de colonisation intervient quelques semaines seulement après que Benjamin Netanyahu a lui-même invoqué la figure biblique d’Amalek pour qualifier le régime iranien.

La banalisation de propos radicaux dans l’espace médiatique israélien interroge. D’un côté, des figures non institutionnelles tiennent des discours ouvertement violents ; de l’autre, le pouvoir politique mobilise des références bibliques pour structurer son récit stratégique. Entre les deux, une frontière de plus en plus poreuse.
La Torah comme permis d’expulsion
Le 22 mars 2026, un colon intervenant sur Channel 14 affirme que la Torah autoriserait l’élimination de toute personne refusant d’obéir à Israël. La déclaration, largement relayée sur les réseaux sociaux, évoque explicitement la nécessité de « vider le pays de tout Arabe » non soumis.
Un colon, intervenant à la télévision israélienne 14, affirme que la Torah leur donne la permission d'éliminer quiconque n'obéit pas à Israël.
— L'oeil Medias (@LoeilMedias1) March 21, 2026
« Le pays doit être vidé de tout Arabe qui refuse de s'agenouiller devant nous. » pic.twitter.com/UL3y4EdazD
Channel 14, chaîne privée réputée proche de la droite nationaliste, n’en est pas à sa première polémique. Depuis plusieurs années, elle accompagne la montée d’un discours sécuritaire et identitaire, en phase avec une partie de l’électorat. Dans un contexte de tensions inquiétantes en Cisjordanie et à Gaza, ce type d’intervention dangereuse traduit une radicalisation qui trouve désormais un espace d’expression médiatique.
Netanyahu: "souvenez-vous de ce qu'Amalek vous a fait."
En parallèle, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a récemment assimilé le régime iranien à un ennemi biblique ancestral. Le 3 mars 2026, lors d’une visite sur un site touché par un missile iranien, le Premier ministre déclare : « Nous lisons dans la portion de Torah de cette semaine : “Souviens-toi de ce qu’Amalek t’a fait.” Nous nous souvenons… et nous agissons. » Amalek, dans la Bible, désigne l’ennemi qu’il faut effacer « homme, femme, enfant ».

Netanyahu avait déjà utilisé la même référence en octobre 2023 contre le Hamas, une invocation citée par l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de Justice dans l’affaire de génocide présumé. Le parallèle est clair: l’adversaire du jour (Iran aujourd’hui, Palestiniens hier) se voit assimilé à l’ennemi biblique absolu.

Cette instrumentalisation religieuse sert à la fois les colons, qui obtiennent ainsi une légitimité divine pour leurs implantations, et le pouvoir politique, qui mobilise l’électorat messianique tout en renforçant son emprise sur les territoires.
Les rapports de force sont clairs : une minorité ultranationaliste religieuse dicte le ton médiatique et influence la ligne gouvernementale, tandis que les enjeux stratégiques (contrôle territorial, dissuasion iranienne) justifient l’escalade rhétorique.



