Dès son premier conseil municipal, la nouvelle majorité LFI de David Guiraud a voté une revalorisation spectaculaire des indemnités de ses adjoints — jusqu'à +138 % pour un conseiller spécial — tout en amputant de moitié celles des conseillers sans délégation. L'enveloppe globale grimpe de 18 %, pour un total de 55 929 euros mensuels. La redistribution profite à l'exécutif ; l'opposition, elle, en fait les frais.

Le nouveau maire LFI Roubaix, David Guiraud, et sa majorité ont frappé fort lors du conseil municipal mercredi. Ils ont voté pour l’augmentation de leurs indemnités. Une décision qui a provoqué l’indignation de l’opposition.
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Une première séance, une première ardoise
Le ton était donné avant même le premier dossier technique. Réunis mercredi pour le coup d'envoi du mandat, les élus roubaisiens ont entériné une refonte complète du barème indemnitaire de l'exécutif municipal.

David Guiraud, ancien député percevant plus de 9 000 euros bruts mensuels à l'Assemblée nationale, touchera désormais 4 876 euros comme maire — soit 475 euros de plus que son prédécesseur Alexandre Garcin. Le chiffre est légal, voire modeste à l'échelle des villes de 100 000 habitants. C'est en dessous de la table que l'addition se révèle plus salée.

Les 11 représentants de la ville à la Métropole de Lille percevront 2.034 euros par mois, soit une hausse de 58% et les 8 adjoints sans autre mandat auront droit à une indemnité de 2.281 euros (+55%).

Pour le conseiller spécial présenté comme un « 21e adjoint », Mehdi Massrour, sa rémunération augmente de 138% et atteint désormais 1.911 euros par mois. L’adjoint à la propreté LFI, Arsène Igoussimène, lui, percevra le plafond légal de 2.713 euros.
En revanche, la rémunération des conseillers municipaux sans délégation a diminué de moitié et s’élève à 123 euros par mois. Les six conseillers délégués ont également vu leur indemnité baisser de 31%. Ils ne recevront plus que 423 euros par mois.
Opposition affaiblie, majorité consolidée
Alexandre Garcin dénonce un « régime spécial » et une atteinte aux capacités d’action de l’opposition. Isabelle Deheunynck évoque une « mesquinerie » politique, quand Maël Camerlynck parle de « chiffres accablants ». Face à ces critiques, David Guiraud assume et invoque une exigence de professionnalisation, arguant que ses adjoints devront s'investir « au moins à mi-temps ».

Le maire invoque une rémunération « dans le plafond bas » des villes de 100 000 habitants et rappelle ne pas cumuler de mandat. Argument recevable sur le plan formel, mais qui ne répond que partiellement à la critique centrale : celle d’une redistribution asymétrique des ressources publiques au profit de l’exécutif.

À Roubaix, ville classée parmi les plus pauvres de France, où le taux de pauvreté dépasse 45 %, ce choix budgétaire interroge. Derrière le discours de la « charge de travail », c’est une captation discrète des deniers publics qui s’opère, en totale contradiction avec le discours égalitaire et anti-élites de La France insoumise.
