L'Iran est désormais coupée du monde, grâce à black-out numérique sans précédent pour le pays. Pendant ce temps, la presse subventionnée ou étrangère glose sur le nombre de morts du fait d'une répression sans état d'âme. Alors, l'Iran, combien de morts ? Et quelle est la fiabilité des sources citées.

Depuis le 8 janvier dernier, la République Islamique d’Iran a disparu des radars. En abaissant le "kill-switch" numérique avec une brutalité inédite, coupant les lignes fixes et mobiles, le régime des mollahs n’a pas seulement cherché à étouffer la contestation ; il a déclaré la guerre à la vérité factuelle. Dans ce huis clos tragique, où les seules images qui nous parviennent sont granuleuses et invérifiables, une autre bataille se joue, feutrée mais cruciale : celle de la comptabilité macabre.

Alors que les chancelleries occidentales retiennent leur souffle, nous sommes confrontés à une valse de chiffres vertigineuse. D'un côté, une estimation "plancher" de 648 morts vérifiés ; de l'autre, des projections apocalyptiques dépassant les 20 000 disparus. Pour l’observateur averti, cet écart n’est pas une simple marge d’erreur. C'est le reflet d’une architecture complexe où se mêlent méthodologie forensique, réseaux clandestins et, inévitablement, les intérêts stratégiques des puissances occidentales qui financent, directement ou indirectement, ces thermomètres de la terreur.
Le "plancher de verre" : la rigueur scandinave
Pour comprendre l'ampleur du massacre, il faut commencer par ce qui est certain, irréfutable. Ce socle nous est fourni par Iran Human Rights (IHRNGO), une organisation basée à Oslo. Au 12 janvier, leur compteur affichait 648 morts confirmés, dont neuf enfants.
La force d'IHRNGO réside dans sa prudence académique. Dirigée par des scientifiques, l'organisation applique un standard de preuve quasi-judiciaire : chaque mort comptabilisée doit être corroborée par deux sources indépendantes (documents hospitaliers, témoignages familiaux directs). C'est une méthodologie conçue pour résister à l'examen d'un tribunal international.

Mais cette rigueur a un prix : la lenteur. En exigeant des preuves formelles dans un pays sous black-out, IHRNGO admet qu'elle sous-estime massivement la réalité, évoquant elle-même des rapports non vérifiés dépassant les 6 000 morts.
Le lien avec l'Occident est ici institutionnel et européen. IHRNGO bénéficie de soutiens financiers de ministères des Affaires étrangères scandinaves et de fonds européens. Ce parrainage confère à l'organisation une aura de neutralité politique — on ne parle pas ici de "changement de régime", mais de "droits humains" — qui la rend paradoxalement plus audible auprès des institutions onusiennes, mais tout aussi détestée par Téhéran.
Le Courrier des Stratèges brise l'omerta sur ce que beaucoup considèrent comme l'une des plus grandes opérations de kompromat (chantage par le dossier) du siècle.
Pourquoi Jeffrey Epstein, "actif stratégique" protégé par une impunité quasi-magique, recevait-il l'élite mondiale dans des résidences truffées de caméras espionnes? Entre l'ombre de Robert Maxwell, le détournement du logiciel PROMIS et les réseaux de renseignement, nous avons réuni les faits pour vous offrir une grille de lecture sans concession.
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L'axe transatlantique : l'activisme standardisé
Si l'on change d'échelle pour se tourner vers HRANA (Human Rights Activists News Agency), le bilan grimpe à 2 571 morts (dont 2 403 manifestants) au 14 janvier.

HRANA est la source privilégiée des grandes agences de presse comme l'Associated Press. Pourquoi? Parce qu'elle fournit ce que les médias demandent : de la donnée structurée, rapide, et granulaire. Basée en Virginie, aux portes de Washington, HRANA dispose d'un réseau de rapporteurs bénévoles efficace.





