Le conflit entre l’Iran, les États-Unis et Israël vient de franchir un seuil critique.Une frappe iranienne a incendié l’unique raffinerie du Bahreïn, forçant Bapco à invoquer la force majeure sur 400.000 barils/jour. Le Golfe découvre la fragilité du parapluie militaire américain tandis que le prix du pétrole s’envole.

Le 9 mars 2026, Bahreïn sombre dans le chaos : une frappe iranienne a embrasé sa seule raffinerie, obligeant Bapco Energies à déclarer la force majeure et à suspendre les livraisons de 380.000 barils par jour. Cette décision suspend de facto les livraisons internationales de pétrole bahreïnien, alors même que les marchés sont déjà sous tension. Le Brent a bondi au-dessus de 114 dollars le baril, près de 60 % de plus qu’au moment des premières frappes israélo-américaines contre des sites iraniens le 28 février. Pour les monarchies pétrolières du Golfe, un constat brutal s’impose : la guerre qu’elles redoutaient depuis des années est désormais arrivée à leur porte.
Une guerre énergétique qui s’étend à tout le Golfe
L’incendie de la raffinerie bahreïnie n’est pas un événement isolé. Il s’inscrit dans une stratégie iranienne de riposte asymétrique contre les infrastructures énergétiques régionales, après le bombardement de plusieurs sites pétroliers iraniens le 8 mars.

La frappe sur Al-Ma'ameer a provoqué un gigantesque panache de fumée visible dans toute la zone industrielle. Les autorités n’ont signalé aucune victime, mais les dégâts matériels sont considérables. Bapco a reconnu que ses activités avaient été « affectées par le conflit régional ».

Surtout, Bahreïn n’est plus seul. QatarEnergy a déjà suspendu une partie de ses exportations après des frappes sur deux installations de gaz naturel liquéfié. Le Koweït a également réduit sa production et invoqué la force majeure sur certaines livraisons.
La mécanique est redoutable : chaque nouvelle attaque contre une infrastructure énergétique du Golfe retire des volumes du marché mondial et accentue la panique des traders.
L'illusion de la protection américaine
Mais la dimension la plus inquiétante est politique. Bahreïn abrite depuis des décennies la Ve flotte américaine, symbole du système de sécurité que Washington promet aux monarchies du Golfe.

Or l’attaque iranienne révèle une réalité dérangeante : la présence de bases américaines ne protège pas ces États. Elle peut même les transformer en cibles. Aux yeux de Téhéran, ces installations représentent des actifs militaires américains légitimes.
Dans les capitales du Golfe, la question devient explosive : l’alliance sécuritaire avec Washington constitue-t-elle encore une garantie… ou un risque stratégique ?

Les frappes iraniennes sur une zone résidentielle de Bahreïn, qui ont fait plusieurs dizaines de blessés, ainsi que l’endommagement d’une usine de dessalement — infrastructure vitale dans une région désertique — accentuent encore la peur d’une escalade incontrôlable.

Les monarchies du Golfe doivent reconsidérer leurs alliances, sous peine de voir leur prospérité réduite en cendres. Sans un virage diplomatique urgent, la crise pourrait rapidement dépasser la région et provoquer un choc énergétique mondial comparable aux grandes crises pétrolières du XXe siècle.





