La mort du jeune Quentin dans les environs d'une conférence donnée par LFI pose la question du véritable rôle de la Jeune Garde, que Jean-Luc Mélenchon continue à protéger. Pour mieux comprendre ce "contexte", il n'est pas inutile de revenir à la théorie marxiste-léniniste de la Révolution, qui inspire Mélenchon depuis toujours.

Les faits survenus dans le 7e arrondissement de Lyon s'inscrivent dans une escalade de la violence entre les mouvances radicalisées de gauche et de droite, souvent décrite par les chercheurs comme une forme de mimétisme tactique. Quentin Deranque, étudiant de 23 ans et militant identitaire impliqué dans des organisations telles qu'Audace Lyon et l'Action française, a succombé à un traumatisme cranio-encéphalique majeur suite à un lynchage opéré par plusieurs individus. Le contexte de l'agression, située en marge d'une conférence de la députée Rima Hassan, souligne la porosité croissante entre l'espace du débat parlementaire et celui de l'affrontement de rue.

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Données de
l'incident (12-14 février 2026) |
Détails et
Contextualisation |
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Localisation |
Lyon, 7e
arrondissement, proximité de l'université Lumière-Lyon-II |
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Profil de la
victime |
Quentin
Deranque, 23 ans, étudiant en science des données, catholique traditionaliste
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Agresseurs
présumés |
Groupe de six
individus liés à la Jeune Garde (mouvement officiellement dissous en 2025) |
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Nature de
l'enquête |
Homicide
volontaire et violences aggravées |
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Conséquences
politiques |
Suspension de
campagnes électorales, minute de silence à l'Assemblée nationale |
L'implication de membres de la Jeune Garde, organisation fondée par Raphaël Arnault en 2018 et dissoute en juin 2025, pose la question de la persistance de structures clandestines après une interdiction administrative. Le fait que l'organisation ait continué à opérer sous forme de réseaux informels suggère une préparation à la clandestinité conforme aux modèles de résistance militante. Pour les observateurs comme Sylvain Boulouque, ces groupes cherchent à imposer leur hégémonie sur l'espace public par la "protection populaire", une rhétorique qui légitime l'usage de la force contre des adversaires désignés comme fascistes.
La théorie Kuzmanovic : le noyau d'une armée révolutionnaire
Georges Kuzmanovic fonde sa critique sur une lecture stratégique de l'évolution de LFI. Fort de son expérience militaire et humanitaire, notamment au Rwanda et en Afghanistan, il perçoit dans l'ascension de Raphaël Arnault une volonté de Mélenchon de se doter d'une force de frappe capable de peser physiquement sur le rapport de force politique. Selon Kuzmanovic, le choix d'Arnault—un militant fiché S pour sa proximité avec l'ultra-gauche—ne répond pas seulement à un besoin d'ancrage local, mais à la nécessité de structurer une garde prétorienne capable de discipliner les mouvements sociaux et de sécuriser les positions du parti face à l'État et à ses rivaux.
L'argument central de Kuzmanovic repose sur le concept de "noyau". En science politique révolutionnaire, le noyau constitue l'embryon d'une organisation qui, bien que légale en apparence par sa représentation parlementaire, dissimule une structure capable de passer à l'action directe. Cette dualité permettrait à LFI de jouer sur deux tableaux : la respectabilité des institutions républicaines d'un côté, et la menace d'une mobilisation violente de l'autre. Cette théorie s'appuie sur la défense constante de la Jeune Garde par Jean-Luc Mélenchon, qui a réitéré son "affection" pour le groupe même après la mort de Quentin Deranque, s'isolant ainsi de l'ensemble de la classe politique.
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Kuzmanovic voit dans cette dérive une trahison des idéaux républicains qu'il défendait autrefois aux côtés de Mélenchon. Il estime que LFI a substitué au peuple souverain une coalition de minorités agissantes, encadrées par une structure paramilitaire dont Arnault serait le coordinateur. Cette vision rejoint les analyses sur la militarisation de la vie politique, où le militantisme n'est plus une simple adhésion d'idées mais un engagement "corps et âme" dans un combat physique pour le contrôle de la cité.
Archéologie des armées révolutionnaires clandestines
Quelles théories préconisent la constitution d'une armée révolutionnaire clandestine ? La réponse nécessite un retour aux sources de la pensée radicale. Plusieurs modèles se distinguent, chacun offrant une architecture organisationnelle spécifique pour concourir à la prise du pouvoir.
Le blanquisme et la minorité agissante
Auguste Blanqui est sans doute le théoricien le plus emblématique de la minorité organisée et clandestine. Pour lui, la révolution ne peut être l'œuvre des masses spontanées, trop facilement manipulables par l'ordre établi, mais doit être déclenchée par une armée secrète de conspirateurs aguerris.
● Structure cellulaire : le blanquisme repose sur des cellules cloisonnées où chaque membre ne connaît que ses supérieurs directs, afin de limiter les risques de trahison et d'infiltration policière.
● L'armée clandestine : Blanqui préconisait la formation militaire de ses militants, les organisant en sections, compagnies et bataillons secrets, prêts à s'emparer des centres de pouvoir lors d'un "coup de main" décisif.
● Résonance contemporaine : l'accusation de "blanquisme" est souvent portée contre les groupes de l'ultra-gauche qui privilégient l'action d'éclat et la confrontation physique à la construction d'un consensus majoritaire. La Jeune Garde, par son esthétique guerrière et ses entraînements au combat, peut être vue comme une résurgence de cette volonté de former une élite militante capable de diriger la rue.

Le maoïsme et la guerre populaire prolongée
La théorie maoïste de la Guerre Populaire Prolongée (GPP) offre un cadre plus complexe pour la constitution d'une armée révolutionnaire. Contrairement au blanquisme, elle cherche à intégrer l'armée au sein du peuple, mais maintient une structure clandestine rigoureuse.



