Quelle ingénierie sociale Bolloré utilise-t-il pour avachir le public conservateur ? par Elise Rochefort

Quelle ingénierie sociale Bolloré utilise-t-il pour avachir le public conservateur ? par Elise Rochefort


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L'article récent d'Eric Verhaeghe sur l'atlantisme sans nuance de CNews, et la contribution de la presse Bolloré à la vassalisation des conservateurs français par les USA a suscité la réprobation de certains lecteurs. Eric m'a donc demandé d'approfondir les techniques de manipulation utilisée par ce groupe de presse pour réussir cet avachissement du conservatisme français.

Il ne s'agit en fait pas d'une simple ligne éditoriale musclée qui est à l'oeuvre. Il s’agit plutôt d’une véritable ingénierie sociale conçue pour transformer le doute légitime en certitude aveugle, et la réflexion conservatrice en un état de stase intellectuelle que l'on peut appeler avachissement cognitif, forme contemporaine sophistiquée de la servitude volontaire.

Le groupe Bolloré participe-t-il à une guerre cognitive contre la France ? par Thibault de Varenne
Samedi, j’ai évoqué avec Eric Verhaeghe le rôle du narratif historique dans la domination américaine sur l’Europe, et singulièrement sur la France. Notre vassalisation est produite sans arme létale : uniquement au moyen d’armes culturelles. Dans cette guerre hybride que les USA mènent contre nous, certains agents d’influence utilisent habilement le

Comment peut-on en arriver à nier l’évidence d'une propagande quand on la regarde dix heures par jour ? La réponse ne se trouve pas dans les programmes, mais dans l'architecture même de notre psyché sociale.

Preparer le grand krach systemique et survivre a ses trois premiers jours

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I. L’Architecture de la citadelle : la théorie de l'identité sociale

Pour comprendre l'adhésion du public, il faut remonter aux travaux de Henri Tajfel sur la Théorie de l'identité sociale (TIS). L’ingénierie de CNews ne consiste pas à informer, mais à fonder un peuple.

Social Identity Theory In Psychology (Tajfel & Turner, 1979)
Social Identity Theory, developed by Henri Tajfel, explains how individuals define themselves based on their group memberships, such as nationality, religion, or social class. It suggests that people seek to enhance their self-esteem by identifying with in-groups and differentiating from out-groups. This can lead to group favoritism, prejudice, and stereotyping as people favor those who belong to their own group.

La fabrication du « Nous » contre « Eux »

L’être humain a un besoin viscéral d’appartenance. Bolloré (et bien d'autres avant lui...) l’a compris. Ses médias ne s'adressent pas à des citoyens, mais à une communauté de destin : les « Vrais Français », les « gens du bon sens », les « oubliés ». En face, on construit un « Out-group » monolithique et menaçant : le « système », les « élites wokes », et l’épouvantail ultime, l’immigrant.

Dans cette dynamique, l'immigration n'est plus un sujet de débat de politique publique ; elle devient la frontière ontologique du groupe. En dénonçant l'immigration à chaque heure de l'antenne, on ne fait pas que du reportage, on trace un trait de craie au sol : « Voici où s'arrête votre monde, et voici ceux qui veulent le détruire. » Ce sentiment de siège permanent soude l'In-group. Plus le monde extérieur est décrit comme hostile, plus la loyauté envers la source qui nous prévient (le média) devient absolue.

Le constat est amer : l'identité sociale ainsi créée est si forte qu'elle finit par fusionner avec l'estime de soi du téléspectateur. Critiquer CNews, c'est critiquer le spectateur dans ses racines mêmes. Le déni de propagande est alors une simple mesure d'autodéfense psychologique.

Ceci ne signifie pas (et le Courrier en sait quelque chose) qu'il n'existe pas une élite ou que la question de l'immigration ne doit pas être débattue sous tous ses aspects. Ce qui est intéressant ici est le processus industriel qui transforme la question des élites ou de l'immigration en leviers pour forger une ontologie, une conscience identitaire intolérante prête à toutes les manipulations.


II. La prison des esprits : la « Crippled Epistemology »

Une fois le groupe soudé, il faut l'isoler. C’est ici qu’intervient le concept central de Crippled Epistemology (épistémologie estropiée).

Conspiracy Theories
Many millions of people hold conspiracy theories; they believe that powerful people have worked together in order to withhold the truth about some important practice or some terrible event. A recent example is the belief, widespread in some parts of the world, that the attacks of 9/11 were carried out not by Al Qaeda, but by Israel or the United States. Those who subscribe to conspiracy theories may create serious risks, including risks of violence, and the existence of such theories raises significant challenges for policy and law. The first challenge is to understand the mechanisms by which conspiracy theories prosper; the second challenge is to understand how such theories might be undermined. Such theories typically spread as a result of identifiable cognitive blunders, operating in conjunction with informational and reputational influences. A distinctive feature of conspiracy theories is their self-sealing quality. Conspiracy theorists are not likely to be persuaded by an attempt to dispel their theories; they may even characterize that very attempt as further proof of the conspiracy. Because those who hold conspiracy theories typically suffer from a “crippled epistemology,” in accordance with which it is rational to hold such theories, the best response consists in cognitive infiltration of extremist groups. Various policy dilemmas, such as the question whether it is better for government to rebut conspiracy theories or to ignore them, are explored in this light.

L'ingénierie sociale de Bolloré repose sur la discréditation systématique de toute source d'information alternative. On ne se contente pas de proposer une opinion différente ; on explique que les autres — Le Monde, le service public, l'AFP — sont des organes de trahison ou de mensonge par omission.

Là encore, cela ne signifie pas que les organes en question soient objectifs ou impartiaux, ou exempts de critiques. En revanche, le processus utilisé pour construire la "crippled epistemology" consiste à nourrir la conviction qu'il suffit de prendre le contre-pied de ces organes pour être dans la "vérité".

Voici comment cette technique permet de manipuler le public.

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