Jérusalem, janvier 2026. L’air est encore lourd des fumées de la « Guerre des 12 Jours » qui a secoué la région en juin dernier. Dans les couloirs de la Knesset et les salons feutrés du ministère des Renseignements, l’heure n’est plus aux demi-mesures. Face à une République islamique d'Iran fragilisée mais toujours menaçante, Israël a fait un choix audacieux, pour ne pas dire désespéré : parier sur le retour de la monarchie perse.

L’image a fait le tour du monde : Reza Pahlavi, le fils du dernier Shah, se recueillant devant le Mur des Lamentations, kippa sur la tête, aux côtés de la ministre israélienne du Renseignement, Gila Gamliel. Pour les stratèges de Tel-Aviv, cette alliance est pragmatique. Elle vise à remplacer un régime théocratique, antisémite et apocalyptique par un partenaire séculier, pro-occidental, nostalgique de l’amitié irano-israélienne d’avant 1979. On parle déjà, dans les cercles néoconservateurs de Washington et de Jérusalem, de futurs « Accords de Cyrus », en écho aux Accords d’Abraham, qui scelleraient une paix éternelle entre les enfants de Jacob et les héritiers de Cyrus le Grand.

Pourtant, derrière les sourires diplomatiques et la realpolitik, se cache une ironie historique vertigineuse, une contradiction si profonde qu’elle en devient presque insupportable pour qui connaît l’histoire des idées. En misant sur la restauration des Pahlavi, l’État d’Israël — l’État refuge du peuple juif, né des cendres de la Shoah — tente de réactiver l’un des mythes fondateurs les plus toxiques du XXe siècle : le mythe aryen.

Car il ne faut pas s’y tromper : le père de l’actuel prétendant, Mohammad Reza Shah, ne se contentait pas d’être le « Roi des Rois ». Il s'était officiellement, légalement et mystiquement proclamé Aryamehr, la « Lumière des Aryens ». Ce titre n’était pas une coquetterie folklorique ; il était la clé de voûte d’une idéologie raciale et politique qui a conduit l’Iran dans l’impasse de 1979. Voir aujourd’hui les descendants des victimes de l’aryanisme nazi tendre la main aux orphelins de l’aryanisme perse est un spectacle qui confine au tragique.

I. Le pari de Tel-Aviv : une fuite en avant
Pour comprendre cet aveuglement, il faut mesurer l’angoisse existentielle qui étreint l’État hébreu. La guerre de l'été 2025 a démontré que la stratégie du « tondre la pelouse » (frapper régulièrement les proxies iraniens) ne suffisait plus. Il faut changer la tête du serpent. Gila Gamliel et une partie de l'establishment du Likoud voient en Reza Pahlavi l'homme providentiel. Des délégations d'experts iraniens en exil défilent à Jérusalem pour préparer l'après-mollahs, discutant gestion de l'eau et reconstruction économique.
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