Mon compte-rendu, samedi, des événements militaires en Iran a soulevé des accusations (devenues habituelles sur ces sujets clivants) quant à l'impartialité de mes travaux. Comme je n'ai pas cédé à la tentation de transformer le Courrier en radio Téhéran, qui annonce la victoire triomphante de l'Iran sur l'axe israélo-américain, certains me reprochent une inclination pour la propagande occidentale. La vraie question est surtout de savoir pourquoi, pour ces esprits "bubblisés", toute présentation de la réalité qui n'est pas outrageusement favorable à l'Iran paraît mensongère et propagandiste ?

Pour comprendre ce fossé épistémique, il faut cesser de compter les missiles et commencer à sonder les âmes. La fracture n’est plus seulement géopolitique ; elle est psychologique, assez judicieusement analysée par ce que les sciences comportementales nomment le modèle HEXACO.

La fracture HEXACO : quand la personnalité dicte la vérité
Le monde occidental s’est scindé en deux camps qui ne partagent plus le même réel. D’un côté, le « normie », garant de la stabilité institutionnelle et du "système", dont la haute Agréabilité et la Conscientiosité le poussent à accorder un crédit quasi mystique aux chiffres de l’OCDE et aux communiqués du Pentagone. De l’autre, le dissident, dont le profil psychologique combine deux traits explosifs : une haute Honnêteté-Humilité (H) et une forte Ouverture à l’Expérience (O).



