Avec la mise en service de son porte-avions Fujian, fleuron technologique doté de catapultes électromagnétiques, Pékin brise le monopole de Washington. Au-delà de la prouesse technique, cet événement souligne une réalité plus inquiétante : l’accélération d’une course aux armements onéreuse et belliqueuse, où les États rivalisent pour étendre leur sphère de coercition.

Le 5 novembre dernier, depuis la base navale de Hainan, le monde a assisté à bien plus qu’une simple inauguration technique. La mise en service du Fujian, le troisième porte-avions chinois et le premier de conception intégralement nationale de type 003, marque une rupture systémique. En intégrant des technologies que seul le Pentagone maîtrisait jusqu’ici, la Chine ne se contente plus d'imiter ; elle entend désormais rivaliser à armes égales dans la gestion de la force de projection globale.
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Déploiement du troisième porte-avions de la Chine
La rivalité navale sino-américaine s’intensifie en mer de Chine méridionale et autour de Taïwan. Selon les analystes, les Etats-Unis possèdent une bonne longueur d’avance en matière de capacité de projection. Mercredi, la Chine a fait une véritable démonstration de force lors de la cérémonie de mise en service son troisième porte-avions, baptisé Fujian. Selon l’agence d’Etat Chine Nouvelle, le président Xi Jinping et plus de 2.000 invités ont participé à cet évènement.
Pour information, la Chine dispose déjà de deux porte-avions. Il y a le Liaoning acheté à l’Ukraine en 2000 et le Shandong, construit en Chine et déployé en 2019. Ils sont tous équipés d’une rampe de type « tremplin » et leur capacité de projection reste faible, ce qui limite le poids des avions au décollage. Ainsi, ils ne peuvent pas emporter beaucoup d’armes et de carburant.

L’élément central de cette mise en service réside dans le système EMALS (Electromagnetic Aircraft Launch System). Jusqu’à présent, seuls les porte-avions américains de la classe Gerald R. Ford utilisaient cette technologie de pointe, remplaçant les catapultes à vapeur obsolètes.
Le J-35, un chasseur furtif chinois de cinquième réputé pour sa puissance et sa performance faisait partie des appareils qui ont décollé depuis ce porte-avions.
Alex Luck, un spécialiste des armements navals, a déclaré à l’AFP que « aucun pays occidental, à part les Etats-Unis, n’exploite un porte-avions d’une taille et de capacités similaires ». La télévision d’Etat chinois, CCTV, a vanté la modernisation de la marine chinoise suite au déploiement de Fujian.
L’économie de la puissance, entre souveraineté et démesure
D'un point de vue économique, le Fujian symbolise la stratégie de "fusion militaro-civile" de Xi Jinping. Avec 316 mètres de long et un déplacement de 80 000 tonnes, ce bâtiment est le plus gros navire de guerre jamais construit hors des États-Unis. Cependant, cette puissance a un prix que seule une économie dirigiste peut absorber sans débat parlementaire sur la dette publique.

Si le navire reste à propulsion conventionnelle (contrairement aux porte-avions nucléaires américains), ce choix témoigne d'un pragmatisme stratégique : produire vite et opérationnaliser rapidement un savoir-faire local avant de passer à l'atome pour le quatrième exemplaire déjà en chantier.
La Chine ne cherche pas la perfection théorique, mais la masse critique nécessaire pour contester l'hégémonie du dollar et du canon dans les eaux du Pacifique.
L'horizon Taïwanais et les limites du colosse
Le baptême du navire, nommé d'après la province faisant face à Taïwan, ne laisse aucune place à l'ambiguïté diplomatique. Pourtant, la critique doit rester lucide : posséder l'outil ne signifie pas maîtriser l'art de la guerre. Comme le soulignent certains experts, la marine chinoise souffre d'un déficit criant d'expérience opérationnelle en combat réel par rapport à l'US Navy.
Le Fujian servira d'abord de laboratoire flottant. Selon Alex Luck pense que ce troisième porte-avions, aussi puissant soit-il, servira surtout à « la formation et aux exercices » et qu’il faudra des années avant que la Chine puisse l’utiliser au combat.

Alex Luck a aussi souligné que Pékin devrait « disposer de plusieurs porte-avions de ce type » pour pouvoir dominer la marine américaine. Quoi qu’il en soit, la mise en service du Fujian constitue pour la Chine un avantage par rapport à ses voisins asiatiques.

Le pays de Xi Jinping a toutefois indiqué qu’il veut seulement mettre en place une politique militaire « défensive » et aussi « préserver sa souveraineté ». Selon les rumeurs, un nouveau porte-avions est en cours de construction en Chine et sa mise en service est prévue pour le début des années 2030.
Le Fujian n’est pas seulement un porte-avions : c’est un symbole du basculement stratégique mondial. La Chine démontre qu’un État capable de mobiliser son capital industriel sans entraves bureaucratiques peut combler, puis réduire, des décennies d’avance technologique occidentale. Un avertissement que l’Europe ferait bien de prendre au sérieux.





