Pays-Bas: la démocratie de coalition mise à l’épreuve par l’extrême droite

Pays-Bas: la démocratie de coalition mise à l’épreuve par l’extrême droite


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Cinq mois après la chute du gouvernement de coalition dirigé par Dick Schoof, les Néerlandais retournent aux urnes. L’échec du Parti pour la liberté (PVV) de Geert Wilders à gouverner révèle les limites d’un système fondé sur le compromis et la difficulté d’intégrer l’extrême droite au pouvoir.

Le 29 octobre 2025, les Néerlandais sont appelés à participer aux élections législatives. Ce scrutin organisé de façon anticipée est envisagé comme une solution à la crise politique, mais il se déroulera dans un climat particulièrement tendu.

Retour aux urnes pour les électeurs néerlandais

Il y a deux ans, le Parti pour la liberté (PVV) de Geert Wilders, leader de l’extrême-droite, a raflé 37 des 150 sièges de la Seconde chambre à l’issue des élections. Ce résultat électoral a pratiquement bouleversé l’ordre politique aux Pays-Bas en mettant fin à la dominance des partis du centre et de la droite.

Il a fallu 7 mois de négociations pour que le gouvernement de coalition rassemblant le PVV, le parti-libéral-conservateur VVD, la formation rurale BBB et le parti centriste NSC soit né. A la tête se trouvait le Premier ministre Dick Schoof. Mais Geert Wilders, qui a accepté de ne pas intégrer le gouvernement, n’a cessé de faire des provocations.

A la fin du mois de mai 2025, le chef de l’extrême-droite a présenté un plan visant à durcir le droit d’asile. Le document réunissait des mesures drastiques qui s’opposent au droit européen et aux conventions internationales. On cite entre autres la fermeture des frontières et les rapatriements massifs.

Les autres partis ont rejeté sa proposition et le 3 juin 2025 Wilders a annoncé le retrait de son parti du gouvernement de coalition, entrainant ainsi sa chute.

Un scrutin pour rebâtir le consensus

Les élections anticipées du 29 octobre se déroulent dans un climat d’incertitude totale. Les sondages placent cinq partis dans un mouchoir de poche, chacun oscillant entre 10 % et 17 % d’intentions de vote. Le PVV demeure puissant, mais isolé : toutes les formations majeures, y compris le VVD, refusent catégoriquement de gouverner avec Wilders.

Ce rejet collectif transforme le scrutin en une bataille pour la deuxième place, celle qui pourrait permettre de bâtir une coalition viable. Mais la lenteur du processus de formation – parfois plusieurs mois – risque d’alimenter le sentiment d’impuissance politique.

Les Pays-Bas, jadis symbole de tolérance et de gouvernance consensuelle, expérimentent aujourd’hui les limites de leur propre modèle. L’échec du PVV au pouvoir n’est pas seulement celui d’un parti radical ; c’est celui d’un système qui croyait pouvoir absorber toutes les différences sans fracture.

En forçant les électeurs à retourner aux urnes, la crise actuelle interroge la capacité des démocraties européennes à cohabiter avec la tentation populiste sans sombrer dans la paralysie.


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