Monoclonaux contre COVID : Lilly a-t-il colonisé l’appareil d’Etat ?

Monoclonaux contre COVID : Lilly a-t-il colonisé l’appareil d’Etat ?


Partager cet article

Le ministère de la Santé vient d'annoncer que les premiers traitements par anticorps monoclonaux seront mis à la disposition des hôpitaux en mars 2021. Ils sont destinés à limiter les complications du COVID. Petit problème : les études scientifiques peinent à prouver l'efficacité de ce traitement commercialisé par Lilly sous le nom de bamlanivimab. Alors pourquoi ce médicament plutôt que d'autres, refusés par le gouvernement sans être forcément plus contestés ? Certains ne manquent pas de pointer du doigter le poids du laboratoire Lilly dans l'appareil d'Etat, y compris à l'Elysée.

Le ministère de la Santé a annoncé la mise à disposition du Bamlanivimab produit par le laboratoire Lilly auprès des hôpitaux pour soigner le COVID. Ce traitement à base d’anticorps monoclonaux fabriqué par le géant américain ne va pas sans soulever de questions fondamentales sur l’apparente (im)partialité de l’Etat en matière d’achats de médicaments.

Les monoclonaux à l’utilité incertaine

Comme toujours, est-on tenté de dire, le choix d’un médicament fait forcément débat. En l’espèce, comme le souligne Le Parisien, certains médecins contestent l’efficacité du Bamlanivimab, qui aurait donné des résultats décevants dans sa capacité à limiter les formes graves du COVID.

On notera toutefois que ce médicament a fait l’objet d’une autorisation en urgence aux Etats-Unis, avec des précautions qui soulignent bien la difficulté de la démarche. Le département de la santé du Minnesota en a rajouté une couche en référençant les deux études qui fondent l’autorisation en urgence du médicament, et en renseignant les effets secondaires du traitement :

Nous voilà donc prévenus !

Conclusion provisoire : on ne peut pas jurer que les anticorps monoclonaux de Lilly soient inefficaces, mais on ne peut pas jurer le contraire non plus. Et ils ne sont pas sans effet secondaire…

Lilly a-t-il bénéficié d’un gros coup de piston ?

Si l’on se souvient du nombre de médicaments contestés (à commencer par l’hydroxychloroquine) qui ont été mis de côté par le gouvernement, ou systématiquement étouffés, comme encore récemment avec l’Institut Pasteur de Lille, et si l’on se souvient de ceux qui ont échappé à la mise à l’index comme le Remdesivir de Gilead, dans des circonstances douteuses, on se montre forcément prudent vis-à-vis de l’opération qui autorise un produit contesté, et qui fait même l’objet d’un achat massif (100.000 doses…) par les hôpitaux publics sur instruction de l’Elysée.

Et, dans ce dossier, on est rapidement gêné aux entournures.

Premier problème : celui qui avait été pressenti par le gouvernement pour être Mr. Vaccin, Louis-Charles Viossat, est un ancien des laboratoires Lilly. Face à la fronde que nous avions initiée à l’époque, le gouvernement a préféré sagement reculer, et reclasser M. Viossat comme responsable d’un task force sur les vaccins. Si l’intéressé n’est resté en fonction qu’un mois, limogé à la suite du désastre de la vaccination, il a quand même assisté aux premiers travaux d’autorisation de médicament de Lilly, son ancien employeur.

Ces travaux ont en effet commencé dès le mois de novembre.

Une discrète présence de Lilly à l’Elysée ?

Au-delà de ce premier épisode, l’autorisation donnée à Lilly est l’occasion de mettre une nouvelle fois en évidence l’influence dont les laboratoires pharmaceutiques sont capables partout dans le monde, y compris en France.

Ainsi, tout porte à croire que l’actuelle cheffe du pôle santé au cabinet du Premier Ministre, et qui a exercé les mêmes fonctions à l’Elysée jusqu’à l’été dernier, Marguerite Cazeneuve, est la fille de Béatrice Cazeneuve, membre du comité de direction de Lilly France, en charge de l’accès aux marchés nationaux et régionaux. Autrement dit, le conseil en santé au plus haut niveau dans ce pays est assuré par la fille de la « commerciale » officielle de Lilly.

Cette proximité n’est pas en soi coupable, mais elle met une nouvelle fois en cause la capacité des élites françaises à préserver l’apparence de l’impartialité de l’Etat.

Et Macron qui se vantait d’avoir découvert tout seul les monoclonaux

Ces éléments de contexte donnent une toute autre lumière à l’information qui avait percé il y a quelques jours, selon laquelle Emmanuel Macron avait vertement tancé Olivier Véran pour ne lui avoir pas parlé plus tôt des monoclonaux. Selon ces rumeurs, le Président aurait découvert tout seul ces médicaments.

Réflexion faite, il n’est pas impossible que, dans son entourage, certains l’aient mis sur la bonne voie.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Six ans après le COVID, la normalisation du contrôle numérique

Six ans après le COVID, la normalisation du contrôle numérique

Il y a six ans, sous prétexte de « guerre » sanitaire, la bureaucratie française accouchait de son chef-d’œuvre : l’attestation de déplacement dérogatoire. Retour sur les attestations, les sanctions massives et le pass sanitaire, la vaccination obligatoire qui ont profondément transformé la relation entre l’État français et les libertés publiques.Le covid a brutalement réveillé les consciences, transformant une crise sanitaire en catastrophe globale. Le 17 mars 2020 à midi, la France entrait da


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Les super-cadres de 2035 : nomades fiscaux, mercenaires technologiques ou derniers Européens ? Par Eric Lemaire
Photo by Ant Rozetsky / Unsplash

Les super-cadres de 2035 : nomades fiscaux, mercenaires technologiques ou derniers Européens ? Par Eric Lemaire

Pendant que la France discute de municipales introuvables et que l’IA menace les diplômes comme un ransomware silencieux, une autre géopolitique se met en place : celle des cadres supérieurs mondialisés. Où vivre, où investir, quelle puissance servir quand les États s’effacent derrière les villes-monde et les mégacorporations ? Bienvenue dans la prospective cynique de la vie des super-cadres. Alors que des municipales introuvables viennent encore d’occuper quelques plateaux télé français, il es


Rédaction

Rédaction

Défiscalisation Jeanbrun : Guide gratuit et conseils pour ne pas être arnaqué par les banques et les promoteurs, par Vincent Clairmont

Défiscalisation Jeanbrun : Guide gratuit et conseils pour ne pas être arnaqué par les banques et les promoteurs, par Vincent Clairmont

Vous le savez, le Courrier des Stratèges est une publication libertarienne, qui place la souveraineté de soi au plus haut de ses valeurs. Si l'impôt en France est une spoliation légale qui rend la "solidarité" obligatoire à votre détriment, la défiscalisation permise par l'État peut, à votre insu, vous rendre esclaves d'autres forces dominantes... comme votre banque par exemple ! Voici quelques conseils pour ne pas vous faire avoir dans le cadre du nouveau dispositif Jeanbrun, que nous vous prop


Rédaction

Rédaction

L'Iran veut-il vraiment détruire Israël ? par Thibault de Varenne

L'Iran veut-il vraiment détruire Israël ? par Thibault de Varenne

À la demande de lecteurs curieux de "challenger" les affirmations israélo-américaines sur le danger existentiel que représenterait la République Islamique d'Iran, j'ai repris brièvement la doctrine iranienne officielle sur Israël. Les sources utilisées sont iraniennes et sont reprises factuellement, sans jugement de valeur. La position de la République islamique d'Iran à l'égard de l'État d'Israël, désigné systématiquement comme le « régime sioniste » ou le « régime occupant d'Al-Quds » (Jérusa


Rédaction

Rédaction