Opportuniste, Zuckerberg intègre la garde rapprochée de Trump 

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Mark Zuckerberg, propriétaire du groupe Meta a annoncé mardi qu’il allait mettre fin à son programme de fact-checking aux États-Unis. Ce dernier affirme avoir pris cette décision au nom de la liberté d’expression et de la lutte contre la censure. Cette fois-ci, Zuckerberg semble vouloir emprunter les traces d’Elon Musk. Pour mémoire, Elon Musk a fait acquisition de Twitter vers la fin de l’année 2022 et l’a baptisé X. A l’époque, il a promis de faire de la plateforme un « bastion de la liberté d’expression ». Le milliardaire s’est aussi engagé à résister aux influences gouvernementales en matière de modération de contenu. Ce changement de cap de Mark Zuckerberg est perçu comme une tentative de se rapprocher de Donald Trump.

Dans une tentative de reconquête, Meta a annoncé la suppression de son programme de vérification des faits par des tiers aux États-Unis, l’assouplissement des filtres de contenu, et la réintroduction du contenu politique sur Facebook, Instagram, et Threads. « Il est temps de revenir à nos racines autour de la liberté d’expression », a affirmé Zuckerberg. Ce changement intervient dans un contexte politique tendu, où les récentes élections américaines ont vu Donald Trump retrouver la présidence et les Républicains prendre le contrôle des deux chambres du Congrès.

Opportunisme ou retour aux « racines » de  la liberté d’expression ?

Inspiré par la fonctionnalité « Notes de la Communauté » de X (anciennement Twitter), Meta veut désormais permettre à ses utilisateurs de modérer les contenus via des annotations collectives, reléguant les experts à l’arrière-plan. Cependant, ce nouveau modèle a déjà suscité la controverse : les utilisateurs sont libres de qualifier les homosexuels ou les transgenres de souffrir de « maladie mentale », une tolérance qui soulève des questions sur les limites de la liberté d’expression.

Ces réformes ne sont pas sans rappeler le positionnement d’Elon Musk, devenu une figure anti-woke et défenseur autoproclamé d’une liberté d’expression radicale. Après avoir transformé X en bastion pour des discours souvent controversés, Musk a cultivé une influence politique clé, notamment auprès de Trump. Leur rivalité, déjà marquée par un défi de combat en cage en 2023. Musk avait propose un milliard de dollars à Zuckerberg s’il renommait son réseau « Faceboob » (allusion à la poitrine féminine, en anglais).

Le différend des deux figures mythiques d’Internet semble aujourd’hui se déplacer sur le terrain des politiques de modération et de l’IA.

Bien que Facebook et Instagram soient nettement plus populaires que X, ils peinent à retrouver une pertinence politique face au mastodonte incarné par Musk. Ce dernier, grâce à sa proximité avec Trump et son influence croissante, prépare déjà le terrain pour renforcer ses entreprises, notamment dans les domaines de l’IA et de l’espace.

Parallèlement, Zuckerberg tente de redorer son image : adepte des arts martiaux, il exhibe désormais un style de vie flamboyant, publiant des vidéos de ses entraînements ou posant avec des chaînes d’or. Sur le plan professionnel, Meta s’oriente massivement vers l’IA générative, avec des initiatives comme Lama ou Threads, un concurrent direct de X.

Pourtant, malgré ses efforts, Zuckerberg peine à égaler l’audacieux Elon Musk . Là où Musk improvise et polarise, Zuckerberg semble calculateur. Après avoir donné un million de dollars pour financer la cérémonie d’investiture de Donald Trump le 20 janvier, cette semaine, Meta a accueilli Dana White, PDG de l’UFC et ami proche de Trump, au sein de son conseil d’administration, consolidant ainsi un virage à droite déjà amorcé.

Un passé lourd de controverses

Pour autant, si Musk s’engage dans un combat politique contre la tyrannie, notamment en offrant l’accès à Starlink aux Palestiniens, tandis que Zuckerberg collabore activement avec les services américains en partageant les données personnelles qu’il collecte.

En effet, il convient de rappeler que Meta a souvent été au cœur de controverses. Accusée d’avoir facilité des campagnes de désinformation, Mark Zuckerberg a affirmé que des hauts responsables de l’administration Biden ont fait pression sur lui pour censurer certains contenus pendant la pandémie de COVID-19.

Zuckerberg promet aujourd’hui « moins d’erreurs ». Zuckerberg lutte désormais pour regagner une pertinence qui échappe à Meta depuis des années.

Par ailleurs, dans sa vidéo, il accuse l’UE de promulguer « un nombre toujours croissant de lois institutionnalisant la censureLa seule façon de contrer cette tendance mondiale est d’avoir le soutien du gouvernement américain, ce qui a été difficile au cours des quatre dernières années, alors que ce même gouvernement poussait à la censure. »


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