L'image restera gravée dans l'histoire judiciaire et géopolitique du XXIe siècle : Nicolás Maduro, menotté, descendant d'un hélicoptère militaire sur le tarmac de New York, vêtu d'un survêtement gris, quelques heures seulement après son exfiltration de Caracas par les forces spéciales américaines. Pour l'administration Trump, c'est le triomphe final d'une stratégie de "pression maximale". Officiellement, il s'agit d'une victoire de la loi sur le crime, la mise hors d'état de nuire du chef d'un "Narco-État" qui inondait l'Amérique de cocaïne. Mais...

...dans les couloirs du tribunal fédéral de Manhattan, une autre histoire se joue, beaucoup plus feutrée et embarrassante. Alors que le monde a les yeux rivés sur la "capture du siècle", les procureurs américains opèrent un glissement sémantique majeur dans l'acte d'accusation, abandonnant discrètement la qualification centrale de "chef du Cartel de Los Soles" en tant qu'organisation structurée.
Pourquoi ce revirement soudain? Pourquoi renoncer à l'accusation qui justifiait moralement l'intervention militaire? La réponse pourrait bien se trouver dans les archives scellées de la CIA et dans la crainte que le procès de Maduro ne se transforme en procès des méthodes inavouables du renseignement américain.
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Le mythe du "Narco-État" : anatomie d'un Casus Belli
Pour comprendre la portée de ce recul judiciaire, il faut revenir à la genèse de l'accusation. En mars 2020, le Procureur Général William Barr dévoilait une mise en accusation spectaculaire. Nicolás Maduro n'était pas seulement décrit comme un dictateur, mais comme le « leader et manager » du Cartel de Los Soles (Cartel des Soleils).
Selon le narratif américain, ce cartel n'était pas une simple bande de trafiquants, mais une institution d'État, fusionnant le gouvernement vénézuélien, l'armée et les guérilleros des FARC dans une « conspiration narco-terroriste ». L'objectif allégué dépassait l'enrichissement personnel : il s'agissait, selon les mots de William Barr, d'utiliser la cocaïne comme une « arme » pour « inonder les États-Unis » et détruire le tissu social américain.
Cette rhétorique a été le socle de la politique étrangère américaine. Elle a permis de classer le Cartel de Los Soles comme organisation terroriste étrangère et a fourni la base légale pour contourner l'immunité souveraine d'un chef d'État en exercice. C'est au nom de cette lutte contre le "narco-terrorisme" que l'administration Trump a justifié le déploiement naval dans les Caraïbes et, in fine, l'opération commando de janvier 2026.
Jusqu'à la semaine dernière, la ligne était claire : Maduro était le PDG d'une multinationale de la drogue. Mais dès son arrivée sur le sol américain, cette certitude affichée s'est effritée juridiquement.
Le revirement : l'abandon de la structure "Cartel"
L'acte d'accusation de remplacement (superseding indictment) déposé après la capture de Maduro présente une modification subtile mais dévastatrice pour la thèse officielle. Le Département de la Justice ne qualifie plus le "Cartel de Los Soles" de groupe organisé au sens strict. Au lieu de cela, les procureurs décrivent désormais un « système de patronage corrompu ».

Ce changement de vocabulaire n'est pas anodin. En droit américain, prouver l'existence d'une entreprise criminelle hiérarchisée (type Mafia ou Cartel de Sinaloa) impose des contraintes probatoires lourdes. En réduisant l'accusation à une "conspiration" et un "système de patronage", l'accusation admet implicitement qu'elle ne peut pas — ou ne veut pas — prouver que l'État vénézuélien fonctionnait comme un cartel unifié sous les ordres directs de Maduro.

Ce recul a un précédent troublant qui éclaire la situation actuelle : le cas du Général Clíver Alcalá Cordones.
Figurant en bonne place sur l'acte d'accusation initial de 2020 aux côtés de Maduro, Alcalá était présenté comme l'un des principaux chefs du Cartel. Pourtant, en juin 2023, dans une discrétion médiatique quasi-totale, les procureurs fédéraux ont abandonné toutes les charges de narcotrafic contre lui. Alcalá a plaidé coupable uniquement d'avoir fourni des armes aux FARC, écopant de 21 ans de prison, mais évitant le procès public sur la drogue.

Pourquoi le gouvernement américain abandonnerait-il des charges de drogue contre un homme qu'il a passé des années à décrire comme un baron de la cocaïne? La réponse réside dans ce que la défense d'Alcalá s'apprêtait à révéler.


L'effet boomerang : quand l'accusé travaille pour la CIA
Le danger mortel pour l'accusation dans le dossier vénézuélien porte un nom : la "zone grise". C'est l'espace où le crime organisé et le renseignement d'État se chevauchent.

Dans le cas d'Alcalá, sa défense a affirmé dans des documents judiciaires que ses activités de déstabilisation contre Maduro (y compris la préparation de coups d'État et le transport d'armes) étaient connues et tacitement approuvées par « les plus hauts niveaux de la CIA, du Conseil de Sécurité Nationale et du Département du Trésor ».







