MACRON et la providentielle punition des Français, par Nicolas Bonnal

MACRON et la providentielle punition des Français, par Nicolas Bonnal

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Les Français ont élu et réélu Macron après avoir voté Hollande et Sarkozy. En 2007 ils ont voté pour les trois candidats ultra-européens après avoir soi-disant refusé l’Europe (distrait référendum de 2005). Depuis Mitterrand ils se considèrent comme écologistes, antiracistes, socialistes, européistes, mondialistes, sauf une faible minorité fascisée d’abord puis traitée de complotiste. Depuis 1984, date du départ des cocus communistes et de l’arrivée au pouvoir de Fabius, il y a un seul parti, celui des « élites mondialisées », comme disait un hiérarque républicain.

Le peuple parfaitement enthousiaste dont a parlé Céline vote et revote pour le même casse-pipe

Avec Macron on a passé les bornes (sic), comme disait Roland Hureaux on a voté pour le candidat de l’ultra-finance en 2017, qui était comme par hasard aussi le candidat de l’ultragauche sociétale. Je ne fais aucune différence entre Macron, Les Républicains (Sarkozy non plus d’ailleurs) et La France insoumise. Tout cela est un sac à puces socialiste, un sac à malices mitterrandien (cf. mon « grand initié »).

Aujourd’hui cet idéalisme mitterrandien passe facture : pauvreté, misère, « remplacement » (petit ou grand, alors ?), insécurité, évanouissement militaire, disparition diplomatique et même pénurie de courant et de nourriture. Ran-Tan-Plan « sent confusément quelque chose », mais on ne voit personne se soulever, on est comme dans le texte cauchemardesque de l’Anglaise (1) de Taine dont j’ai parlé maintes fois : des élites folles et un peuple distrait. Mais Macron j’ai fini par l’apprécier : il va ruiner le Français et le faire souffrir. Et l’autre ne va pas réagir. Il a donc une fonction providentielle, et on sait que la providence utilise toutes sortes d’outils pour taper sur les imbéciles dont elle a marre.

C’est le moment donc de relire le début des Considérations sur la France de Joseph de Maistre

Il écrit sur les acteurs de la Terreur révolutionnaire : « Enfin, plus on examine les personnages en apparence les plus actifs de la révolution, et plus on trouve en eux quelque chose de passif et de mécanique. On ne saurait trop le répéter, ce ne sont point les hommes qui mènent la révolution ; c’est la révolution qui emploie les hommes ». Et Maistre décrit la méritée punition qui arrive sur tous ces froncés toujours sanguinaires à force d’humanitaire (à Berlin ? À Moscou ! Pendons Poutine à Nuremberg !) : « On dit fort bien, quand on dit qu’elle va toute seule. Cette phrase signifie que jamais la Divinité ne s’était montrée d’une manière si claire dans aucun événement humain. Si elle emploie les instruments les plus vils, c’est qu’elle punit pour régénérer ».

Monarchiste et chrétien, Maistre reconnait (on est en 1797) les crimes de la France : « Chaque nation, comme chaque individu, a reçu une mission qu’elle doit remplir. La France exerce sur l’Europe une véritable magistrature, qu’il serait inutile de contester, dont elle a abusé de la manière la plus coupable ». La France aura dit-il démoralisé l’Europe : « La France était surtout à la tête du système religieux, et ce n’est pas sans raison que son Roi s’appelait très-chrétien : Bossuet n’a rien dit de trop sur ce point. Or, comme elle s’est servie de son influence pour contredire sa vocation et démoraliser l’Europe, il ne faut pas être étonné qu’elle y soit ramenée par des moyens terribles ».

Et si en effet le mitterrandisme ou le coq hérétique avait depuis les années 80 et 90 salement transformé l’Europe : humanitaire, autoritaire, belliciste, jacobine et surtout sociale ? Le néolibéralisme a été simplement une invitation socialiste faite aux politiques de se remplir les poches. Lisez les livres de Hocquenghem et de mon éditeur Thierry Pfister qui parlèrent très bien de cette gauche caviar.

Certes il n’y a pas que des enthousiastes mondialistes de gauche et d’extrême-gauche en France

Mais ils ne seront pas épargnés. Maistre écrit aussi dans la Deuxième soirée (2) que la mort d’un juste sur un champ de bataille n’est pas une injustice, mais un malheur. Mais le reste va être puni ; il ajoute, toujours dans ses Considérations : « Depuis longtemps on n’avait vu une punition aussi effrayante, infligée à un aussi grand nombre de coupables. Il y a des innocents, sans doute, parmi les malheureux, mais il y en a bien moins qu’on ne l’imagine communément. »

Puis Maistre remarque l’armée (déjà déshonorée, en France on aime ça) n’a pas protégé son roi ; mais que personne n’en a fait autant que les savants (ah Lavoisier, ah Monge, ah Cuvier…) : « On gémit de voir des savants illustres tomber sous la hache de Robespierre. On ne saurait humainement les regretter trop ; mais la justice divine n’a pas le moindre respect pour les géomètres ou les physiciens. Trop de savants français furent les principaux auteurs de la révolution ; trop de savants français l’aimèrent et la favorisèrent, tant qu’elle n’abattit, comme le bâton de Tarquin, que les têtes dominantes ». Parodions alors Jules Laforgue : ô médecins des plateaux télé ! Ô chasseurs de non-vaccinés et de légions d’honneur ! Ô grands amateurs de subventions et de commissions des labos !

Sur l’armée (pensons à la nôtre en ce moment, si otanesque et nulle) : « L’indifférence de l’armée ne fut pas moins remarquable. Elle servit les bourreaux de Louis XVI bien mieux qu’elle ne l’avait servi lui-même, car elle l’avait trahi. On ne vit pas de sa part le plus léger témoignage de mécontentement. Enfin, jamais un plus grand crime n’appartint (à la vérité avec une foule de gradations) à un plus grand nombre de coupables ».

J’en termine avec cette phrase du maître (dont un descendant je crois fut compromis sous Sarkozy) : « Un des plus grands crimes qu’on puisse commettre, c’est sans doute l’attentat contre la souveraineté, nul n’ayant des suites plus terribles ». Le moins que l’on puisse dire c’est que nos élites n’en ont plus rien à faire de notre souveraineté (je joue sur les mots, mais pas tant que ça). Le peuple aussi semble s’en foutre qui fuit comme la peste les candidats souverainistes dotés de scores comiques aux élections.

Macron va donc pouvoir finir de punir les Français : ils auront le sort du chien et du loup de La Fontaine : la laisse électronique et la misère. Mais ils s’y habitueront et revoteront pour lui ou pire (mon rêve serait Rousseau, la bien nommée). Les amateurs de schadenfreude en seront pour leurs frais. Les autres iront en Floride ou à Madagascar.

(1)

Une Anglaise témoin de la Révolution française (1792-1795)

(2)

Les Soirées de Saint-Pétersbourg (tome II)

Joseph de Maistre


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