L'impôt sur l'improductivité : le vrai visage du macronisme

L'impôt sur l'improductivité : le vrai visage du macronisme


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Le débat sur la fiscalité du patrimoine en France est un long feuilleton, marqué par des réformes successives qui tentent de concilier justice sociale, efficacité économique et recettes budgétaires. La proposition de transformer l'actuel Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) en un « Impôt sur la Fortune Improductive » (IFI) est le dernier chapitre en date.

Cette idée représente un changement de philosophie si profond qu'il mérite d'être expliqué en détail, notamment sur un point qui peut sembler contre-intuitif : comment un impôt peut-il taxer des revenus qui n'existent pas?

   

La genèse de l'idée : des Limites de l'ISF aux effets pervers de l'IFI

Pour comprendre la naissance de ce projet, il faut remonter à ses prédécesseurs.

  1. L'Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF) : jusqu'en 2017, l'ISF taxait l'ensemble du patrimoine (immobilier, actions, liquidités, etc.) au-delà d'un certain seuil. Populaire dans l'opinion, il souffrait de défauts majeurs. D'une part, l'envolée des prix de l'immobilier a rendu redevables de nombreux ménages de la classe moyenne supérieure qui n'avaient pas forcément de hauts revenus. D'autre part, des mécanismes de plafonnement permettaient aux plus grandes fortunes de réduire considérablement leur impôt, créant un sentiment d'injustice.   
  2. La réforme de 2018 et l'IFI : en 2018, le gouvernement a remplacé l'ISF par l'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI). L'objectif était clair : ne taxer que le patrimoine immobilier non professionnel pour encourager les détenteurs de capitaux à investir leur argent dans l'économie « productive » (actions d'entreprises, innovation) plutôt que dans la pierre.
  3. Les failles de l'IFI : rapidement, les critiques ont souligné les effets pervers de cette nouvelle mouture. L'IFI a créé des incitations jugées « anti-économiques ». Par exemple, un contribuable possédant un appartement en location (taxé à l'IFI) pouvait être tenté de le vendre. Avec l'argent de la vente, il pouvait acheter un yacht, des œuvres d'art ou simplement laisser les liquidités sur un compte courant, tous ces actifs étant exonérés d'IFI. D'un point de vue économique, cette allocation de capital est stérile : elle ne finance ni l'économie, ni le logement.   

C'est pour corriger cette faille qu'est née l'idée de l'Impôt sur la Fortune Improductive. La philosophie n'est plus de taxer une nature d'actif (l'immobilier), mais un comportement : la détention passive de richesse. L'objectif est d'utiliser la fiscalité comme un levier pour inciter les plus fortunés à orienter leur épargne vers des investissements jugés plus utiles pour la collectivité.  

 

Le cœur du mécanisme : taxer la valeur, pas le revenu

La caractéristique la plus fondamentale et la plus déroutante de cet impôt est qu'il ne taxe pas un revenu perçu, mais la valeur d'un patrimoine. C'est une distinction essentielle avec les autres impôts.

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