Pendant que la France se drape dans les rideaux de velours de ses ministères pour étouffer les échos de l'affaire Epstein, de l'autre côté de l'Atlantique, un homme fait tomber les masques. Thomas Massie, le représentant libertarien du Kentucky, vient de nous offrir une leçon magistrale de ce que devrait être un contre-pouvoir.

D’un côté, une ingénierie de la vérité ; de l’autre, une ingénierie de l’esquive.


Le « procès de salon » contre la loi
Observez le spectacle : en France, Jean-Noël Barrot convoque Jack Lang au Quai d’Orsay. Pas pour une déposition, pas devant un juge, mais pour une petite discussion « entre gentlemen ». C’est la justice du thé et des biscuits. Le ministre joue au procureur sans en avoir les pouvoirs, tandis que la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, rejette d'un revers de main toute idée de commission d'enquête parlementaire au nom d’une « séparation des pouvoirs » qui ressemble ici furieusement à une protection de caste.

À Washington, Thomas Massie, le député libertarien (donc soutien de Donald Trump) ne demande pas la permission. Il a co-écrit l'Epstein Files Transparency Act et s'est rendu en personne au Département de la Justice pour éplucher les dossiers non caviardés. Il ne convoque pas les suspects pour les « conseiller » sur leur démission ; il exige la publication des noms pour que le public sache enfin qui était dans le carnet d'adresses du prédateur.

La passivité organisée
En France, l’omerta est le seul projet politique transpartisan. Droite, gauche, centre : tous semblent frappés d’une soudaine amnésie ou d'une prudence de gazelle.
- Aucune saisine claire de la justice sur le volet diplomatique global.
- Refus obstiné d'une commission d'enquête, sous prétexte que « la justice doit travailler »... alors même qu'on la prive des moyens de le faire en gardant les dossiers dans les tiroirs du Quai d'Orsay.
Le contraste est cruel : le député libertarien US Massie identifie six noms de haut rang, dont un dirigeant étranger et un sultan, et menace de les révéler depuis le perchoir du Congrès. Barrot, lui, murmure que « d’autres noms pourraient sortir », comme s'il s'agissait de la météo et non d'un réseau pédocriminel d'influence mondiale.

La caste contre les citoyens
Pourquoi cette différence de traitement ? Parce que Massie, en bon libertarien, considère que l'État n'a aucun droit au secret lorsqu'il s'agit de crimes commis par ses agents. Pour lui, la transparence n'est pas une menace pour la démocratie, c'est sa seule garantie de survie.
En France, la caste a compris que l'affaire Epstein n'est pas qu'une affaire de mœurs : c'est une affaire de tenue, et sans doute de trahison nationale. Si un diplomate tombe, c'est tout le réseau d'influence, de passe-droits et d'amitiés particulières qui s'effondre. Alors, on gère. On dépose un signalement administratif ici, on suggère une démission là (saluons la sortie de Jack Lang de l'IMA, orchestrée par le Château pour « protéger l'institution » plutôt que pour faire éclater la vérité).
Conclusion
La France des salons préfère l’élégance du silence à la brutalité de la vérité. Thomas Massie nous montre qu’un seul élu déterminé peut fissurer l’omerta d’un État profond. Ici, nous attendons encore que nos « représentants » cessent de se comporter en gardiens du temple pour redevenir des serviteurs de la justice.
Monsieur Barrot, arrêtez de « convoquer ». Monsieur Massie, continuez de publier. La liberté commence là où le secret d'État s'arrête.





