L’euro surpasse largement le dollar

L’euro surpasse largement le dollar


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Dans le processus de destruction monétaire actuellement engagé, l’euro devance de très loin le dollar. Votre épargne libellée en euros est donc la plus exposée.

Les banquiers centraux n’ont plus aucune retenue et la BCE comme la Fed ont augmenté l’intensité de la création monétaire afin de lutter contre les effets de la crise sanitaire pour reprendre l’expression consacrée.

Nous avons récemment parlé des bilans de la Fed et de la BCE.

Rappelons que « bilan » est un terme chic pour mesurer la création monétaire. Plus précisément la création de crédit, parée de toutes sortes d’acronymes supposés égarer le public étourdi par la valse des milliers de milliards : QE, TARP, TALF, LTRO, TLTRO, PEPP,…

Le principe est simple. Supposons que vous soyez brocanteur (banque, investisseur institutionnel) et qu’il existe un Mont de Piété (banque centrale) disposant d’une quantité infinie d’argent frais.

Vous avez en stock des peintures invendables, des croutes. Vous en avez acquis certaines pour faire plaisir à de très gros clients. Pour d’autres, vous n’avez pas vraiment fait preuve de discernement. Mais pas grave, vous êtes « trop gros pour faire faillite ». Vous vous dirigez donc sereinement vers le Mont de Piété votre stock sous le bras. Le guichetier chausse ses plus belles lunettes d’écaille, s’extasie sur la qualité de vos toiles, il y voit le potentiel marchand d’un Van Gogh, ou d’un Zao Wou-Ki (chacun son mauvais gout). Il crédite donc votre compte d’une somme représentant cette cote. Vous voilà dégagé de votre stock pourri, les mains libres pour pouvoir continuer vos mauvais investissements. Le Mont de Piété publie régulièrement son « bilan » à savoir la valorisation de son stock de croutes estimées au prix fort.

Il est donc intéressant de comparer les deux bilans, puisque Macron a expliqué hier qu’il ne fallait surtout pas se laisser doubler par Biden dans les « injections de liquidités ».

« La force de la réponse américaine et du plan annoncé il y a quelques jours par le président Biden et son Congrès nous place face à une responsabilité historique. »

Emmanuel Macron

Comparaison des créations monétaires de la Fed et de la BCE

 

BCE Mds€

FED Mds$

2021

7 200

7 800

2012

3 000

3 000

2009

2 000

2 000

2008

1 000

1 000

A priori, c’est similaire, vous dites-vous. Pas tout à fait…

À l’arrivée, le bilan de la BCE représente 54% de l’économie de l’Eurozone qui pèse 13 400 Mds€.

Celui de la Fed représente seulement 36% de l’économie américaine qui pèse 21 400 Mds$.

Pour mettre les points sur les i, depuis la crise financière la « relance » européenne se chiffre à 54% du PIB, celle des États-Unis à 36%.

Donc l’Europe est largement en avance dans ce domaine sur les États-Unis. Personnellement je trouve inquiétant qu’Emmanuel Macron en tant qu’ancien banquier d’affaires ignore ces grands chiffres disponibles partout (BCE, Fed, FMI, Banque mondiale, …).

Ajoutons que la création monétaire contemporaine est de la création de crédit dont profitent d’abord les banques et les gouvernements.

Les banques prêtent aux riches : c’est moins risqué et depuis les subprime, on a redécouvert que c’était vraiment très dangereux de prêter aux pauvres. Les banques prêtent aussi à leurs gouvernements puisque c’est grâce à eux qu’elles obtiennent leurs licences bancaires. Les gouvernements dépensent l’argent frais reçu en échange de leurs dettes en prestations sociales pour calmer les pauvres.

L’inflation larguée par hélicoptère ?

La dernière tendance à la mode chez les banquiers centraux, les économistes et les politiciens est la monnaie-hélicoptère. L’argent créé ne passe plus par le réseau bancaire. Il est mis directement dans la poche du peuple. Ceci est supposé être plus inflationniste ce qui arrangerait les affaires des gouvernements surendettés. Car l’inflation – mesuré comme un panier de produits et services utilisés dans la vie quotidienne – est un impôt fourbe qui n’est jamais débattu ni voté. Son grand avantage est de ronger les dettes.

Il est incontestable que la création monétaire distribuée par les banques n’a jusqu’ici fait gonfler que des bulles financières et immobilières. Ça tombe bien d’ailleurs, l’immobilier ne rentre pas dans les indices de prix au motif officiel qu’il ne se consomme pas. Les loyers – qu’on peut facilement encadrer représente le coût du logement.

Reste à prouver que la monnaie-hélicoptère sera réellement inflationniste. Dans quoi les consommateurs dépenseront-ils l’argent tombé du ciel ? Dans des produits asiatiques, dans des produits fabriqués dans leur zone monétaire ? Qu’il est difficile d’être grand planificateur et de prévoir la résultante de milliards de décisions individuelles…

5 000 ans d’histoire monétaire pour guide

En 5 000 d’histoire monétaire (depuis les shekels d’argent et les crises de surendettement de l’époque sumérienne) on n’a jamais vu une création monétaire être couronnée de succès.

Plus ennuyeux, en 5 000 d’histoire monétaire, on n’a jamais vu la création monétaire bien se terminer ; jamais, nulle part.

Ce qu’on peut dire aujourd’hui est que l’euro est plus exposé à la dévalorisation que le dollar mais que le choix pour nous qui subissons ces politiques monétaires est entre la peste et le choléra.

Mais figurez-vous que le bilan de la Banque d’Angleterre reste très modeste et ne représente que 22% de la taille de l’économie britannique. Avoir quelques liquidités en livres ne serait donc pas un pari idiot.

Bilan de la Banque d’Angleterre exprimé en % de l’économie britannique

Reste aussi l’or, qui est le flic de la monnaie. L’or qui n’est la dette de personne et ne se fabrique pas à volonté. Et la première des cryptomonnaies, le bitcoin dont la quantité est une fois pour toutes limitées.


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