Les investisseurs doutent du double langage de la Chine à concilier objectif de croissance et zéro Covid

Les investisseurs doutent du double langage de la Chine à concilier objectif de croissance et zéro Covid


Partager cet article

Si les investisseurs étrangers en Chine, deuxième économie de la planète,  ont espéré un assouplissement des restrictions, en fait il n’en est rien. Réélu Secrétaire général de son parti, le président chinois Xi Jinping a une fois de plus affirmé le maintien de la politique Zéro Covid qui pénalise lourdement l’économie chinoise. Pourtant, les responsables politiques chinois ont promis la poursuite de la croissance, mais à priori, visiblement il s’agissait d’un discours conçu pour apaiser les craintes.

Alors que le monde se rouvre, la Chine s’enferme dans sa stratégie de « Zéro Covid ».  Malgré un nombre officiel insignifiant d’infections (environ 1 552 nouveaux cas quotidiens sur 1,4 milliard de personnes), les autorités chinoises continuent à serrer la vis.  Après le XXe Congrès du parti, Xi Jinping, réélu pour un troisième mandat, refuse de changer de cap sanitaire. Pourtant, cette stratégie « zéro Covid » a engendré plusieurs perturbations de grande envergure, étant donné que la circulation des personnes et l’approvisionnement en termes de produits sont restreints. Presque toutes les activités économiques du pays fonctionnent au ralenti. Selon les projections du Fonds monétaire international, la contribution annuelle moyenne de la Chine à la croissance économique mondiale pourrait diminuer de 29% d’ici en 2027.

Les investisseurs jouent la prudence

Lors du XXe Congrès du Parti communiste qui s’est tenu le mois dernier, Xi Jinping a décroché un troisième mandat en tant que secrétaire général. Pendant son discours, il a renouvelé son soutien à la stratégie du zéro Covid. Pourtant, tout indique que cette politique a déjà eu des conséquences dramatiques sur l’économie chinoise et elle a aussi de graves répercussions sur la croissance mondiale.

Depuis septembre, le nombre de nouveaux cas d’infection au Covid-19 en Chine a doublé tout en restant dénombrable en milliers, ce qui est infinitésimal pour un pays d’un milliard quatre cents millions d’habitants.

Les investisseurs internationaux ont espéré que les autorités chinoises allaient assouplir les restrictions, notamment les mesures de quarantaine. Pour eux, c’est la seule manière de relancer l’économie du pays. Pourtant, les mesures sanitaires en vigueur en Chine restent sévères. Les verrouillages se poursuivent dans plusieurs régions sans que les autorités présentent une stratégie de sortie adéquate. Cette politique de gestion de Covid stricte pèse lourdement sur l’activité de nombreuses entreprises.

Selon Reuters, le fabricant de véhicules électriques NIO a décidé de suspendre la production dans la ville de Hefei. L’opérateur des chaînes KFC et Pizza Hut, Yum China, a aussi déclaré la fermeture temporaire de certains de ses restaurants en Chine. Par ailleurs, les sociétés de produits de luxe Estée Lauder et Canada Goose Holdings prévoient de réduire leurs prévisions pour l’ensemble de l’année suite aux fermetures des magasins.

La Chine entend poursuivre sa croissance

Malgré tout, les responsables politiques en Chine ont promis mercredi que la croissance reste leur unique priorité. Ils vont donc poursuivre « la réforme et la politique de la porte ouverte » qui ont permis de stimuler les marchés boursiers.

Des entretiens préenregistrés de hauts responsables de la banque centrale chinoise et des autorités de régulation des marchés financiers et bancaires ont révélé que la Chine va maintenir la stabilité de sa monnaie et de ses marchés immobiliers ;

Le vice-président de la China Securities Regulatory Commission (CSRC), Fang Xinghai a déclaré que les « investisseurs internationaux devraient lire plus attentivement le rapport de travail du président Xi ». Ce document indique que la croissance économique du pays est très significative. M. Xi a ajouté que le taux de croissance potentiel de la Chine reste à un niveau raisonnable.

De son côté, Yi Gang, gouverneur de la Banque populaire de Chine (PBOC), a fait savoir que la Chine continuera à déréglementer ses marchés. Pour apaiser les craintes liées aux blocages économiques générées par la politique du zéro Covid, il a aussi déclaré que l’économie chinoise est en bonne voie.

Pourtant, la situation est tout autre. En effet, il se trouve que la valeur du Yuan a connu une chute d’environ 13% par rapport aux dollars. Selon la banque japonaise Nomura, la croissance du produit intérieur brut qui a augmenté de 3,9% au cours du troisième trimestre pourrait baisser. De leur côté des responsables de la Réserve fédérale américaine , ont déjà averti que de nouvelles perturbations en Chine pourraient annuler les récents gains économiques aux États-Unis.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Ingénierie sociale et cyberguerre électorale : comment Trump a gagné en 2016

Ingénierie sociale et cyberguerre électorale : comment Trump a gagné en 2016

Le Courrier évoque régulièrement les techniques d'ingénierie sociale qui se sont banalisées dans nos démocraties pour mieux contrôler le débat public. Je rends ici hommage aux apports essentiels de Steve Banon à la campagne présidentielle de 2016, sans lesquels Trump n'aurait probablement pas gagné cette année-là. L'élection présidentielle américaine de 2016 marque un point de rupture historique dans l'évolution des communications politiques mondiales, transformant le paysage démocratique en


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Pourquoi le cours de l'or a baissé aujourd'hui, par Vincent Clairmont

Pourquoi le cours de l'or a baissé aujourd'hui, par Vincent Clairmont

La chute du cours de l'or observée aujourd'hui, le 30 janvier 2026, est directement liée à la nomination de Kevin Warsh par le président Donald Trump pour succéder à Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale (Fed). Cette baisse s'explique par trois mécanismes financiers majeurs déclenchés par ce choix : 1. Le profil "Hawkish" (Faucon) de Kevin Warsh Kevin Warsh est perçu par les marchés comme un "faucon", c'est-à-dire un responsable favorable à une politique monétaire plus stricte po


Rédaction

Rédaction

Arno Klarsfeld en rajoute une louche dans la concurrence victimaire de la Shoah

Arno Klarsfeld en rajoute une louche dans la concurrence victimaire de la Shoah

L'actualité nous offre une nouvelle séquence dont la mise en scène frise l'indécence. Arno Klarsfeld, figure médiatique et héritier d'un combat mémoriel nécessaire, a décidé de porter plainte pour « incitation à la haine » suite à des tweets qualifiés d'« abjects ». Au cœur du litige : ses propos sur l'utilisation du terme « rafles » pour qualifier les interpellations d'étrangers en situation irrégulière. Si l'on peut, par principe, condamner la violence numérique des réseaux sociaux, il est


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

En plein regain diplomatique, Bruxelles cherche son salut à Hanoï

En plein regain diplomatique, Bruxelles cherche son salut à Hanoï

L'Union européenne a officialisé un "partenariat stratégique global" avec le Vietnam. Bruxelles se hisse au rang des grandes puissances à Hanoï. Une opération de communication diplomatique qui cache mal une fuite en avant pour tenter de peser dans un monde multipolaire. Alors que les projecteurs étaient braqués sur les tensions commerciales entre Washington et Pékin, l'Union européenne a discrètement procédé, jeudi, à une mise à niveau majeure de ses relations avec le Vietnam.  Le Vietnam et l’


Rédaction

Rédaction