Les dépenses publiques à 70% du PIB en fin d’année en France ?

Les dépenses publiques à 70% du PIB en fin d’année en France ?


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Les dépenses publiques en France filent à belle allure vers les 70% du Produit Intérieur Brut, un score soviétique qui devrait contenter les nostalgiques du marxisme. D’ailleurs, Emmanuel Macron préparerait un grand coup de barre à gauche…

Les mauvaises nouvelles se succèdent en France, où les marges de finance publique étaient déjà très réduites avant la crise du confinement. Fin décembre, le pays devrait avoir battu tous les records en matière de dépenses publiques, transformant l’économie du pays en une sorte de Venezuela européen.

À combien s’élèvera le PIB français fin 2020 ?

Il est évidemment difficile de prédire à combien s’élèvera le PIB de la France à la fin de 2020. Fin 2019, il avait un peu dépassé les 2.400 milliards €.

Selon les prévisions initiales du brillant Bruno Le Maire, il ne devait reculer que 1 point en 2020. Chemin faisant, et à mesure que les indicateurs économiques sont passés au rouge, le gouvernement a pronostiqué une récession de 8%. De notre point de vue, cette prévision, construite avant que la pandémie n’ait dévasté l’économie américaine, est encore trop optimiste.

Une récession de 10% paraît réaliste, alors que la Chine devrait annoncer, pour la première fois de son histoire, une récession, et que l’Allemagne pronostique un recul de 8%.

Fin 2020, la France s’en tirerait donc bien si son PIB avoisinait les 2.150 milliards €.

À combien s’élèveront les dépenses de l’État fin 2020 ?

Dans ce contexte, où l’évolution des dépenses de sécurité sociale n’est pas encore évaluée (mais où celle-ci pourrait être salée…), l’augmentation des dépenses du seul État risque d’être très impressionnante.

Selon les informations de ce matin, Bruno Le Maire envisagerait de porter l’intervention de l’État à 110 milliards €. Le déficit public avoisinerait pour sa part le 9% du PIB.

Le problème est évidemment que, face au flou des prévisions et des déclarations gouvernementales, nul ne sait si ces 9% se rapportent au PIB initialement prévu, proche des 2.500 milliards €, au PIB réel probable, autour des 2.150 milliards €. Avec un peu de malice, on prêtera à Bercy une prévision de 9% de PIB sur la base de 2.500 milliards, c’est-à-dire grosso modo 235 milliards €.

Projection des dépenses publiques à partir des dépenses annoncées

Dans ce dédale intellectuel, une méthode pour reconstituer la dépense publique rapportée aux 2.150 milliards € probables du PIB consiste à majorer les dépenses publiques annoncées de 110 milliards, soit 5 points de PIB à peine tel qu’il était pronostiqué initialement. Alors que les dépenses publiques devaient approcher les 53,5% de PIB, leur majoration (officielle, insistons sur ce point) de 5 points, et la diminution parallèle du PIB de 10 points nous conduit à une part des dépenses publiques proche de 65%.

Mais ce jeu sur les fractions recèlent une dimension très théorique.

Projection des dépenses publiques à partir du déficit annoncé

Parallèlement, il est très probable que le déficit public atteigne 9% de PIB, soit 193 milliards €. Or, selon la loi de finances initiale pour 2020, la dépense publique devait atteindre, cette année, 1.350 milliards €, crédits d’impôts compris. Cette somme correspondait à 2,2 points de PIB de déficit, soit 53 milliards €.

On fait donc notre petit calcul : les 53 milliards de déficit deviennent 193 milliards, soit une majoration de 140 milliards… (chiffre notablement supérieur au plan annoncé par le gouvernement). Donc ces 140 milliards s’ajoutent aux 1.350 milliards € initialement prévus.

Les dépenses publiques pour 2020 seraient donc proches des 1.500 milliards €.

De son côté, le PIB passerait à 2.150 milliards (en étant optimiste et dans la fourchette très haute).

Résultat à calculer : 1.500 milliards € de dépenses publiques pour 2.150 milliards € de PIB. Soit 69,75% du PIB.

Un score soviétique !

Ces projections sont trop optimistes

Comme l’indiquent les différents résultats qui tombent jour après jour, ces résultats sont probablement beaucoup trop optimistes.

On retiendra par exemple que les ventes de détails ont chuté, pour le seul mois de mars, de 24% en France, avec seulement deux semaines de confinement. Ces chiffres donnent une bonne image de l’ampleur des dégâts qui se creusent dans notre économie.


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