Les cryptos, antidote à la récession et au Great Reset monétaire, par Florent Machabert

Les cryptos, antidote à la récession et au Great Reset monétaire, par Florent Machabert


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Le Gouvernement néerlandais a déclaré vouloir obliger les banques des Pays-Bas à stocker dans une grande base de données toutes les transactions supérieures à 100 €. Après la récente tentative de Bercy d’accéder à l’intégralité de nos données bancaires, heureusement retoquée par la Direction interministérielle du numérique (mais pour combien de temps encore ?), cette mesure constitue clairement une nouvelle violation au sein d’un pays membre (et fondateur) de l’UE de la législation protégeant la vie privée. Comme elle s’en est expliquée il y a deux semaines, l’UE souhaite diminuer progressivement le recours au cash sur son territoire, ce qui constituera un prélude à l’instauration de l’« euro numérique », c’est-à-dire d’une version entièrement digitalisée et centralisée par la BCE de la monnaie commune telle que nous la connaissons. La Suède et l’Argentine, nous vous l’avons déjà expliqué dans ces colonnes, souhaitent même faire disparaitre complètement la monnaie fiduciaire (les espèces). Fort heureusement la résistance de la population s’intensifie un peu partout, contribuant à repousser chaque fois un peu plus ces tentatives de nous spolier d’un même coup de râteau (à l’image du croupier d’un casino) notre épargne (car vous ne pourrez plus faire ce que bon vous semble de vos revenus) et nos libertés les plus fondamentales (votre vie privée).

Probablement échaudé par la grève monstre de ses exploitants agricoles comme le fut son homologue canadien par les camionneurs, le Gouvernement néerlandais a accéléré son projet de pister la quasi-totalité des transactions de ses citoyens pour tenter un bond de géant dans la mise en œuvre d’une monnaie numérique de banque centrale (CBDC). La caste est coutumière de ces coups de force, qui avortent le plus souvent. Grâce à cet « euro programmable », seuls les plus petits paiements resteraient alors anonymes pour la BCE. Les éléments de langage, eux, sont bien rôdés : il s’agit d’abord de « freiner le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme » (y compris par les grandes banques et les Etats ?). Outre les transactions et les numéros IBAN, cette base de données contiendrait les numéros de carte d’identité des citoyens. A côté, Orwell était un petit joueur. En libérant dans cette base des algorithmes tenus secrets, les banques pourront « enquêter plus efficacement » en violant allègrement notre vie privée. Sans réaction de notre part, nous serons tous bientôt les otages d’un Guantanamo monétaire européen.

Le chiffre de la semaine

40 tonnes/mois

C’est le poids d’or que la Chine a importé en moyenne tous les mois entre avril et septembre 2022 ! Pour l’Inde, c’est moitié moins, suivie de la Turquie, de la Thaïlande et de l’Arabie Saoudite, et ce, pendant que les nations qui ont toutes gravement monétisé le Covid sont exportatrices nettes d’or sur la même période, ce qui signifie qu’elles essaient – en vain, nous vous l’expliquons chaque samedi – de surnager en bradant leurs stocks d’or, comme le fit Sarkozy pendant son mandat (qui, bizarrement, a coïncidé avec la crise des subprimes et la guerre de Libye).

En Chine, les importations totales d’or ont ainsi atteint leur plus haut niveau en quatre ans, ce qui laisse prospérer l’hypothèse d’une certaine manipulation des cours à la baisse (via des ETF dont nous avons parlé dans Finance & Tic). Mais c’est aussi en raison de la force du dollar (la FED resserrant plus vite et plus fort que la BCE sa politique monétaire) que le prix de l’or est sous pression, ce qui permet au consommateur chinois soucieux des cours de se remplir les poches. La demande intérieure a de nouveau dépassé l’offre en septembre, le prix de l’or à Shanghai excédant la cotation londonienne de plus de 43 $.

La déclaration de la semaine

« Le refus de l’UE de s’approvisionner en énergie russe la menace d’une récession d’au moins 6,5% de son PIB. » I Sechin, PDG de Rosneft

Igor Sechin, PDG du deuxième plus grand producteur de pétrole russe, après Gazprom, affirme cette semaine qu’une récession d’au moins 6,5% du PIB de l’UE est inévitable suite à la fin de l’approvisionnement européen en pétrole et en gaz russes. Selon différents experts, la récession pourrait même atteindre 11,5% du PIB en Europe et détruire 16 M d’emplois ! Redisons-le : cette récession n’est pas d’abord due au conflit russo-ukrainien mais bien à l’absence d’investissement des pays occidentaux dans leur ensemble dans les énergies fossiles et ce pour complaire à la religion mondialiste de l’écologisme politique.

Rappelons tout de même que la BCE a relevé, pour la deuxième fois consécutive, son principal taux directeur (d’une ampleur inédite de 0,75 point de %), censément pour lutter contre l’inflation (dont Mme Lagarde a tout de même osé dire récemment qu’elle venait « on ne sait pas trop d’où ») mais en pleine conscience en revanche de ce que ce resserrement monétaire va bel et bien déclencher ladite récession.

L’actif de la semaine

Quelle place pour les cryptos dans votre sécession patrimoniale ? (Dossier 9)

Face à la crise énergétique actuelle, la Commission européenne appelle les Etats membres à être prêts à arrêter le minage de cryptomonnaies. Cependant, cet appel de l’UE ne risque pas d’avoir d’impact significatif sur le réseau Bitcoin. En effet, l’Europe ne concentre qu’une part infime du hash rate (la vitesse de minage) du Bitcoin compte tenu de tarifs d’électricité prohibitifs. Les mineurs sont toujours à la recherche de l’électricité la moins chère et donc des surplus d’énergie, ce qui fait du minage des cryptoactifs, nous vous l’avons expliqué, une activité beaucoup plus « durable » que ses détracteurs ne le laissent penser.

N’en oublions pas que l’écosystème des cryptos est en pleine guerre, notamment entre le Bitcoin et l’Ethereum (voir la vidéo qui accompagne le dossier 9 sur les cryptos, à paraître demain 06/11). D’un côté, la blockchain Bitcoin se sécurise grâce à un fonctionnement décentralisé mais énergivore dit de « preuve de travail » (proof of work, le minage donc), tandis que la blockchain Ethereum est passée à un fonctionnement plus centralisé dit de « preuve d’enjeu » (proof of stake) qui lui a permis de réduire de 99% sa consommation d’énergie. Même Bruno Le Maire a salué cette bascule d’Ethereum. Je me demande encore ce que cela cache…

Retrouvez nos dossiers bimensuels de sécession patrimoniale dans la boutique : le N°1 consacré aux différentes classes d’actifs pour traverser la stagflation ; le N°2 sur l’or-investissement ; le N°3 sur les métaux blancs ; le N°4 sur les matières premières ; le N°5 sur l’art-investissement, le N°6 sur le non coté ; le N°7 sur les devises étrangères et le N°8 sur les actions françaises. Le N°9, à paraître le 06/11, portera sur l’investissement dans les cryptoactifs.


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