Le PDG de l’AIPAC révèle l’emprise d’Israël sur la sécurité nationale US

Le PDG de l’AIPAC révèle l’emprise d’Israël sur la sécurité nationale US


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Une fuite audio explosive du sommet du Congrès 2025 de l’AIPAC, obtenue par The Grayzone, expose comment le lobby pro-israélien cultive son influence au cœur de la sécurité nationale américaine. L’enregistrement, divulgué, révèle comment le nouveau président, Elliott Brandt, a préparé trois hauts responsables de la sécurité nationale de l’administration Trump à devenir des pro-israéliens.

Un participant a fait un enregistrement d’une session Sommet du Congrès 2025 de l’AIPAC, le principal organe de lobbying américain auprès d’Israël. Le PDG Elliott Brandt y détaille ses « lignes de vie » avec des figures clés de l’administration Trump, tandis que Dana Stroul, ex-responsable du Pentagone, justifie le soutien inconditionnel à Israël malgré les crimes de guerre à Gaza. Entre accès aux décisions sensibles, manipulations narratives et craintes d’une IA « pro-palestinienne », cet enregistrement lève le voile sur les rouages d’un lobbying opaque et tout-puissant.

L’influence de l’AIPAC sur l’équipe de sécurité nationale de Trump dévoilée

A part le discours d’ouverture du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, le sommet du Congrès de l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) à Washington s’est déroulé de manière confidentielle.

Lors d’une session à huis clos, Elliott Brandt, PDG de l’AIPAC, a révélé comment son organisation a tissé des liens étroits avec des figures montantes de l’administration Trump, transformées en « actifs » pro-israéliens. Parmi elles : Marco Rubio (secrétaire d’État), Mike Waltz (directeur de la sécurité nationale) et John Ratcliffe (directeur de la CIA).

« Ces trois personnes ont siégé au Congrès et ont bénéficié du soutien de nos donateurs »

, a-t-il expliqué, soulignant que leurs campagnes ont été financées par des réseaux pro-israéliens.

Brandt a également révélé avoir « accès » aux discussions internes :

« Si quelque chose de discutable survient, nous avons besoin d’un accès à la conversation. »

Cela signifie accéder à des informations sensibles du département de la sécurité nationale américain.

Des propos qui rappellent le scandale d’espionnage de 2004, où des employés de l’AIPAC avaient transmis des documents classifiés à Israël. On cite entre autres l’arrestation du chercheur du Pentagone, Larry Franklin, par le FBI. Ce dernier a fourni des documents classifiés concernant l’Iran à deux membres de l’AIPAC, dont Keith Weissman et Steve Rosen. Ces derniers ont ensuite fourni les informations aux services de renseignement israéliens.

Il s’avère aussi qu’un vétéran du Pentagone serait devenu un lobbyiste israélien chevronné. Il s’agit de Dana Stroul, la directrice de recherche au Washington Institute for Near East Policy.

Elle était le sous-secrétaire adjoint à la Défense pour le Moyen-Orient au Pentagone sous l’administration Biden. Au cours d’une séance à huis clos à l’hôtel Marriott, Stroul a défendu devant les membres de l’AIPAC l’aide militaire à Israël comme un « partenariat mutuellement bénéfique », niant les atrocités à Gaza et attribuant les milliers de morts civils aux « tactiques du Hamas ». Pourtant, des emails divulgués montrent qu’elle alertait en interne sur les risques de crimes de guerre israéliens dès octobre 2023.

Stroul a aussi vanté la supériorité militaire israélienne :

« Ils utilisent nos F-35 plus que nous. […] C’est un partenaire qui applique la force d’une manière que l’armée américaine n’oserait pas. »

Une vision qui justifie, selon elle, la délégation de la violence à Israël pour éviter l’engagement direct des troupes américaines.

« Les bouées de sauvetage » de l’AIPAC au sein de l’administration Trump

Dans cet enregistrement audio, le PDG de l’AIPAC a expliqué que Marco Rubio, Mike Waltz et l’ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations-Unies Elisee Stefanik présentent un point commun. Ils ont servi au Congrès. En outre, « ils entretiennent tous des relations avec des dirigeants clés de l’AIPAC au sein de leurs communautés », a déclaré Brandt vu qu’ils ont compté sur les donateurs pro-israéliens pour financer leurs campagnes électorales.

Le président de l’AIPAC a ajouté que John Ratcliffe constitue un point de contact très important au sein de l’administration Trump:

« C’est l’homme avec qui nous avons eu l’occasion de discuter, donc il y a beaucoup de choses-je ne dirais pas que c’est une bouée de sauvetage, mais il y en a une ».

Le récit de Stroul sur la guerre à Gaza est sans équivoque : elle rejette toute responsabilité israélienne, accusant le Hamas de « maximiser les morts d’enfants » pour isoler diplomatiquement Israël. Une rhétorique qui contraste avec ses avertissements privés sur l’impossibilité d’évacuer un million de civils, révélés par Reuters. Malgré cela, elle défend l’envoi d’armes américaines à Israël, y compris après le 7 octobre 2023, où elle a supervisé des transferts d’urgence depuis les stocks du Pentagone.

La peur d’une IA « pro-palestinienne » et la guerre des idées

Dans l’enregistrement audio, un intervenant anonyme de l’AIPAC a exprimé son inquiétude face à l’influence des universitaires et influenceurs pro-palestiniens sur les systèmes d’IA. « Dans cinq ans, un membre du Congrès interrogera une IA pour prendre des décisions de sécurité nationale. Si ces outils sont nourris par des données “anti-israéliennes”, cela changera la politique américaine », a-t-il averti. Pour contrer cette menace, l’AIPAC mise sur un contrôle accru de l’information, des campus aux réseaux sociaux, craignant de perdre « la guerre des idées ».

L’événement, tenu à l’hôtel Marriott, reflétait la paranoïa croissante du lobby. Les participants ont été incités à cacher leurs badges pour éviter les manifestants « anti-génocide ». Seules quelques sessions, comme le discours de Netanyahu, étaient publiques. Les caméras éteintes, les dirigeants de l’AIPAC ont livré des confessions rares, soulignant leur stratégie de long terme : infiltrer les futures élites politiques dès leur entrée au Congrès.


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