Le nationalisme flamand, paradoxe belge par excellence


Partager cet article

Le nationalisme flamand est, de loin désormais, la première force politique du pays. Les deux mouvements identitaires flamands représentent un quart des voix et acquièrent une quasi-majorité absolue dans le nord du pays. C’est à la fois un séisme qui rend la Belgique ingouvernable, et un paradoxe curieux pour un pays qui héberge les institutions européennes. Au fond, la Belgique est à la fois la capitale de l’Europe et le pays le moins européen du continent…

Les nationalistes flamands présentaient deux partis aux élections: la Nouvelle Alliance Flamande (NVA) au pouvoir avec les libéraux francophones, et le Vlaams Belang, la Priorité Flamande, héritier assumé des mouvements pro-nazis aux sources du mouvement flamingant. Les électeurs, qui devaient en même temps se prononcer aux législatives et aux régionales, ont massivement approuvé le parti le plus à droite possible: la NVA a marqué un tassement de sa suprématie et a recueilli 13,5% des voix. Le Vlaams Belang a fait une forte percée, avec près de 12% des voix.

Les socialistes wallons forment la troisième force politique du pays, loin derrière, avec 10,5% des voix. Les écologistes ont créé la surprise en Wallonie, en talonnant les socialistes avec près de 8% des voix.

La percée des nationalistes flamands constitue un véritable paradoxe en Europe. Le mouvement national flamand est en effet, dans ses valeurs et ses messages politiques, l’un des plus anti-européens qui soit. Les nationalistes flamands avaient d’ailleurs été épinglés il y a quelques années en promouvant le Wooncode, qui réservait la possibilité d’acheter des biens immobiliers sur le territoire flamand aux personnes parlant flamand. Cette disposition visait notamment à empêcher les investissements immobiliers en territoire flamand des fonctionnaires européens.

C’est le paradoxe belge, qui consiste à vivre largement des institutions européennes tout en combattant pied à pied leurs valeurs et les inconvénients de leur présence. Et l’on notera que le pays qui accueille les institutions de l’Union est sous la coupe de mouvements suscités par les différents occupants allemands du territoire flamand.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Le vote à l’Assemblée sur la constitutionalisation de l’IVG a divisé les partis de droite
30.05.1968, manifestation de soutien au général de Gaulle.

Le vote à l’Assemblée sur la constitutionalisation de l’IVG a divisé les partis de droite

Le débat sur la constitutionalisation de l'IVG a profondément divisé les partis de droite, Rassemblement National et Républicains à l'Assemblée. Emmanuel Macron peut se réjouir: il a une fois de plus montré qu'il n'avait pas d'adversaire idéologiquement constitué; il a divisé les deux groupes d'opposition de droite; il a tendu un piège, qui a fonctionné, à Marine Le Pen. Cependant le résultat du vote montre qu'être de  droite, c'est précisément ne pas accepter, comme force politique, les diktats


CDS

CDS

« Haro sur l’extrême-droite »: cette comédie politique déconnectée
30.05.1968, manifestation de soutien au général de Gaulle.

« Haro sur l’extrême-droite »: cette comédie politique déconnectée

"Haro sur l'extrême-droite" est un spectacle qui est bien parti pour rattraper "La Cantatrice Chauve" de Ionesco jouée sans interruption à Paris, au théâtre de la Huchette depuis 1957. En l'occurrence, nous avons affaire à une (mauvaise) comédie politique, jouée sans interruption depuis  le 13 février 1984, jour où Jean-Marie Le Pen était l'invité de L'Heure de Vérité, la célèbre émission politique de l'époque.  Depuis lors, nous avons affaire à un feuilleton ininterrompu d'épisodes, dont l'anal


CDS

CDS

Médicaments : dès le 1er septembre, refuser un traitement de substitution vous coûtera cher
Photo by Roberto Sorin / Unsplash

Médicaments : dès le 1er septembre, refuser un traitement de substitution vous coûtera cher

À partir du 1er septembre 2026, refuser sans justification médicale un médicament hybride ou biosimilaire proposé par le pharmacien fera perdre le bénéfice du tiers payant. Le patient devra avancer la totalité du prix et pourra, dans certains cas, être remboursé sur la base d’un produit moins cher. Une décision technique en apparence, lourde de conséquences pour des millions d'assurés. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Retards SNCF : 70 millions d'euros d'indemnités que personne ne réclame
Photo by Loukian Jacquet / Unsplash

Retards SNCF : 70 millions d'euros d'indemnités que personne ne réclame

En 2023, 119 millions d’euros auraient dû être versés par le groupe SNCF au titre des retards, mais seuls 49 millions ont été réclamés par les voyageurs. Soit environ 70 millions d’euros laissés de côté, alors même que les procédures de compensation sont censées garantir les droits des usagers. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte,


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

283 milliards à dépenser avant la fin du mois : la panique bruxelloise
Photo by Christian Lue / Unsplash

283 milliards à dépenser avant la fin du mois : la panique bruxelloise

À quelques semaines de l’échéance de la Facilité pour la reprise et la résilience (FRR), Bruxelles voit les États membres accélérer leurs dépenses pour ne pas perdre les crédits disponibles. Sur une enveloppe de 650 milliards d’euros, seulement 367 milliards avaient été versés, tandis que seulement 40 % des objectifs prévus pour août 2026 avaient été atteints. La Cour des comptes européenne redoute qu’une telle course au décaissement multiplie les erreurs. LE COURRIER DES STRATÈGES Rest


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany