20 février 2026 : le monde retient son souffle. La probabilité d'une intervention militaire directe des États-Unis contre la République islamique d'Iran n'a jamais été aussi élevée. Les analystes les plus sobres du risque politique, à l'instar de ceux d'Eurasia Group, évaluent désormais à 65 % la chance de voir des « frappes cinétiques » massives d'ici la fin du mois d'avril.

Ce n'est plus une question de « si », mais de « quand ». Donald Trump, fidèle à sa logique transactionnelle et à son mépris des demi-mesures, a fixé un ultimatum de fait : Téhéran a jusqu'à la fin de ce mois pour capituler sur toute la ligne. Derrière l'hubris présidentielle et les mouvements d'armada dans le Golfe Persique, se cache une architecture de crise complexe où s'entremêlent échecs diplomatiques, répression sanglante et, plus sombrement, des rumeurs persistantes de chantage orchestré par les services de renseignement.
Le « néant » diplomatique de Genève
Le naufrage des pourparlers de Genève et d'Oman ce mois-ci a scellé le sort de la diplomatie. Les diplomates américains, Steve Witkoff et Jared Kushner en tête, sont revenus de Suisse avec ce que les officiels appellent un « nothing burger » — un néant absolu. Washington exige un démantèlement total de l'enrichissement d'uranium et une mise au pas du programme balistique iranien. Pour Téhéran, ces missiles sont sa « ligne rouge », l'unique assurance-vie d'un régime aux abois.

Pendant que les diplomates s'écharpaient, les Européens (E3) ont achevé de brûler les ponts en activant, dès août 2025, le mécanisme de « snapback ». Ce retour automatique de toutes les sanctions de l'ONU, acté définitivement en septembre dernier malgré l'opposition furieuse de Moscou et Pékin, a transformé l'Iran en un État paria total au regard du droit international. La diplomatie n'est plus qu'un théâtre d'ombres. La parole est désormais aux canons.
L'armada et la doctrine « Donroe »
Le dispositif militaire américain déployé en février 2026 est le plus massif vu dans la région depuis l'invasion de l'Irak en 2003. Le porte-avions USS Abraham Lincoln, hérissé de F-35, est déjà sur zone, bientôt rejoint par l'USS Gerald R. Ford. Trump ne se contente pas de gesticuler. Sa décision, attendue sous dix jours, s'inscrit dans ce que nous appelons la « Doctrine Donroe » — un mélange explosif de doctrine Monroe et d'imprévisibilité trumpienne.

