La France Insoumise veut une commission parlementaire sur les officines d’influence

La France Insoumise veut une commission parlementaire sur les officines d’influence


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La question des officines d'influence pourrait venir l'un de ces quatre sous les feux de l'actualité, au même titre que l'affaire Mc Kinsey. Des députés de la France Insoumise ont en effet déposé une proposition de résolution tendant à créer une commission d'enquête parlementaire sur ce sujet sensible.

Après l’affaire Mc Kinsey, y aura-t-il une affaire « officines d’influence » ? Manifestement, la France Insoumise le souhaite, puisque plusieurs députés du groupe ont déposé une proposition de résolution en ce sens.

On retrouvera ici les motifs de cette proposition :

Le 19 mai 2022, le journal Fakir ([1]) révélait qu’une société privée, Avisa Partners, offre à ses clients des prestations d’une nature particulière : celle-ci utilise les plateformes des grands médias pour promouvoir du contenu prétendument neutre et expert qui sert en réalité les intérêts particuliers de ses clients. Autrement dit, il s’agit de manipulation de l’information au service des lobbies.

Les idées et thèses promues par Avisa Partners vont de l’innocuité du glyphosate ([2]) aux « errements de la junte thaïlandaise ». Tout y passe, de la désinformation écologique au renforcement du pouvoir d’autocrates à travers le monde.

Il suffit de payer pour que l’article, décliné sous plusieurs angles, écrit par des personnes utilisant une fausse identité, revendiquant une fausse qualification et arguant d’une fausse expertise, se retrouve publié partout : sur toutes les plateformes de médias en ligne, dans les pages « Opinion » des grands quotidiens ou même sur des sites montés de toutes pièces. Une simple recherche sur Google fait alors apparaître une première page de résultats, résolument orientée, qui offre l’illusion d’un consensus intellectuel ou scientifique mondial.

Quelques mois plus tard, le journal Fakir découvrira que Mme Olivia Grégoire, désormais Ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme, aurait supervisé la rédaction de certains de ces articles. Celle-ci dirigeait alors l’agence de lobbying numérique iStrat, une société dont les dirigeants seraient les fondateurs d’Avisa Partners eux-mêmes. L’information a depuis été confirmée par le journal Libération ([3]).

Les médias devraient représenter un contre-pouvoir. Le travail d’établissement et de recherche des faits est au cœur de leur travail et doit le rester.

La manipulation de l’information peut être du fait de puissances étrangères mais également des puissances de l’argent. C’est aujourd’hui l’argent, plutôt que l’information, qui est au cœur des médias. De fait, quelques milliardaires ont pu acheter et contrôlent désormais la majorité de nos médias papier et en ligne pour les mettre au service de leurs profits et de leurs intérêts privés. Ceci contrevient à l’objectif d’intérêt général de la profession de journaliste : participer à l’édification d’une société de citoyens éclairés.

([1]) Moi, journaliste fantôme au service des lobbies… – Journal Fakir (fakirpresse.info)

([2]) « Voilà qu’à la même période, on me commande de plus en plus d’articles sur le glyphosate, l’agent actif du Roundup de Monsanto. Le but : décrédibiliser le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Pourquoi ? Ses rapports classent le glyphosate comme produit « potentiellement cancérigène » – au même titre que la viande rouge, la charcuterie et les boissons chaudes, c’est dire la violence de la charge… Mais c’est encore trop. »

([3]) Olivia Grégoire aurait supervisé la production d’articles sous faux profils lorsqu’elle était cadre d’iStrat, selon d’anciens salariés – Libération (liberation.fr)

Voilà une commission d’enquête qui annoncerait du sang, de la sueur et des larmes.


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