Kaliningrad sous la menace d’un nouveau blocus, par Vladimir Mikhaïlov

Kaliningrad sous la menace d’un nouveau blocus, par Vladimir Mikhaïlov


Partager cet article

Le calme dans la région de Kaliningrad n'a pas duré longtemps. La Lituanie menace à nouveau la sécurité économique de la région : les quotas, pour l'approvisionnement à travers son territoire de certaines marchandises importantes en provenance de Russie, ont été épuisés. Par exemple, les matériaux de construction qui ne peuvent pas être importés dans la région par chemin de fer. Les quotas pour d'autres biens importants, tels que les récipients en verre, arrivent aussi à expiration.

Cet article publié en russe par K-Politika n’engage pas la ligne éditoriale du Courrier des Stratèges.

Pendant l’été 2022, Kaliningrad est restée dans les mémoires comme une tentative de la Lituanie de créer artificiellement un blocus économique dans la région, en imposant des restrictions au transit de certaines marchandises sanctionnées à travers son territoire. Après une période de vives tensions, il a été possible de déboucher sur un compromis : des « quotas » limités ont été introduits pour les marchandises, qui ne devraient pas dépasser les importations moyennes de marchandises similaires dans la région au cours des trois dernières années.

Mais la Lituanie n’a pas voulu autoriser le transport de marchandises par route et, par conséquent, les restrictions sont restées dans leur intégralité. Désormais, les quotas par transport ferroviaire sont consommés. Cela concerne les matériaux tels que le ciment Portland, la laine de verre et le métal laminé, ainsi que le fil de fer et les cornières, le bois, le verre non armé, etc.  Les quotas de transport de bicarbonate de soude, d’engrais minéraux et de récipients en verre arrive également à leur limite.

Cependant, les autorités de la région assurent que ces marchandises peuvent être transportées par voie maritime. Anticipant les restrictions, les autorités de Kaliningrad ont réfléchi à l’avance à la logistique en recourant aux voies maritimes. Si au début de l’année, seuls 2 vieux navires étaient engagés dans le transport, leur nombre est maintenant passé à 16 ferries et navires.

Il est important de s’interroger si les habitants de Kaliningrad doivent s’attendre à un nouveau blocus et quels dommages cela entraînerait pour les entreprises commerciales. Andrey Romanov, président de l’« Union des industriels et entrepreneurs de la région de Kaliningrad », répond aux questions du journal Moskovsky Komsomolets.

Les restrictions affecteront-elles l’industrie et l’économie de la région et de quelle façon ?

Bien sûr, ces restrictions peuvent affecter les entreprises. Mais, d’un autre côté, elles étaient informées de l’épuisement des quotas dès le début et elles s’y sont préparées, de telle sorte que la majorité d’entre elles ont constitué des stocks de ces produits de base. La possibilité de procéder à des livraisons par ferry existe mais elle implique néanmoins d’ajuster les délais, car il est plus rapide de transporter des marchandises directement par chemin de fer. Ces livraisons par ferry concernent le ciment, les récipients en verre et d’autres articles. Compte tenu de l’augmentation des opportunités d’expédition, il ne devrait pas y avoir d’impact défavorable pour les activités des entreprises à la fin de l’année. A partir du 1er janvier, les quotas seront rétablis, et les livraisons reprendront, permettant à la situation à nouveau de se stabiliser.

Est-il possible de mettre à jour ces quotas avant janvier ?

La décision sur les quotas est une décision unilatérale de la Lituanie. La région de Kaliningrad et la Fédération de Russie n’influencent pas ces décisions.

Lesquels des biens figurant sur la liste des sanctions sont le plus important pour la région ?

Ciment, bois, métal – trois choses qui affectent la construction et le développement de l’économie. Permettez-moi de souligner une fois de plus que les entreprises étaient au courant et ont fait des réserves. Je ne m’attends pas à un impact critique sur l’économie dans les conditions actuelles.

Le transport par mer est-il beaucoup plus cher que par voie terrestre ?

Cela dépend du type de produit. La différence peut être de 20 % à 200 %. Le but des sanctions que les pays de l’UE nous imposent est de réduire nos opportunités économiques. Obtiennent-ils des résultats? En partie, oui. Mais pour eux, ces sanctions sont encore plus dommageables que pour nous. Bien que les sanctions aient également un effet négatif sur nos entreprises.

Est-il possible d’obtenir des subventions de l’État pour ces biens contingentés ?

La décision a été prise, et de l’argent a été alloué sur le budget fédéral. Maintenant, nous préparons des conventions juridiques qui permettront de compenser une partie de ces dépenses. Nous espérons que cela réduira les coûts et atténuera le poids des conséquences sur la situation actuelle.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Prix de la « Pensée libre » : le dîner huppé du jury de Tiphaine Auzière au Laurent

Prix de la « Pensée libre » : le dîner huppé du jury de Tiphaine Auzière au Laurent

Le 17 mars, Tiphaine Auzière, fille de Brigitte Macron, dînait au restaurant Laurent, adresse huppée du 8e arrondissement. Un espace de sociabilité où se croisent influence, notoriété et capital relationnel. Le message est clair : on n’entre pas ici par hasard. Mardi 17 mars, Tiphaine Auzière, avocate engagée et fille de Brigitte Macron, a présidé le jury de la première édition du prix de la Pensée libre au restaurant Laurent, dans le 8e arrondissement de Paris. Accompagnée de Florian Tardif, J


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Inventaire avant fermeture : splendeur et misère du droit de vote dans nos pseudo-démocraties

Inventaire avant fermeture : splendeur et misère du droit de vote dans nos pseudo-démocraties

Bien entendu, la question pique les yeux : le droit de vote est-il encore essentiel à un système politique adapté à notre temps ? Longtemps je l'ai cru, mais je dois reconnaître que, dans ma lucidité mélancolique, je ne puis que rejoindre tant de libertariens, essentiellement américains d'ailleurs, pour regretter la misère de cette forme inférieure de prise en compte de l'intérêt général. Je fais partie de la génération post-boomers (je suis né en 1968, donc après les boomers à proprement parle


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

L'humeur de Veerle Daens : 52 suspensions pour pédophilie dans le périscolaire à Paris, mais la Ville vous protège, rassurez-vous!

L'humeur de Veerle Daens : 52 suspensions pour pédophilie dans le périscolaire à Paris, mais la Ville vous protège, rassurez-vous!

S'il y a une chose que la bureaucratie parisienne maîtrise mieux que la création de pistes cyclables impraticables, c’est l’art du « circulez, y’a rien à voir ». Mais quand le « rien à voir » concerne 52 animateurs suspendus en trois ans pour des déviances sexuelles au milieu de nos chères têtes blondes, le vernis socialiste finit par craquer. Bienvenue dans le merveilleux monde du périscolaire parisien, ce sanctuaire de l'enfance qui ressemble de plus en plus à un coupe-gorge administratif fin


CDS

CDS

Affaire Epstein, train de vie et notes impayées : les témoignages accablent Jack Lang

Affaire Epstein, train de vie et notes impayées : les témoignages accablent Jack Lang

Mentionné à 673 reprises dans les documents déclassifiés liés à l’affaire Epstein, Jack Lang a quitté le 7 février la présidence de l’Institut du monde arabe après treize ans en poste. Entre enquête pour blanchiment et témoignages sur son train de vie, l’ancien ministre voit chaque jour son image vaciller. Suite à la publication de certains documents prouvant ses liens avec Jeffrey Epstein, le pédocriminel, Jack Lang fait l’objet d’une enquête pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée ». De


Rédaction

Rédaction