Si l’on s’en tenait à la surface des choses, à la lecture distrait des indices boursiers qui flirtent encore avec leurs plus hauts historiques, on pourrait croire que le scénario du « Goldilocks » — cette boucle d’or d’une croissance modérée et d’une inflation vaincue — est définitivement acquis. Pourtant, il suffit de gratter le vernis de cette prospérité apparente pour entendre craquer les poutres de l’édifice.

À la question qui brûle les lèvres de tous les allocataires d’actifs — quelle est la probabilité que tout cela s’effondre dans les trois prochains mois? — ma réponse est sans ambiguïté, bien que nuancée. Nous ne sommes pas face à une certitude, mais face à une accumulation de probabilités toxiques. Selon mes modèles et l'analyse des forces tectoniques en présence, la probabilité d'un krach systémique pur (un effondrement désordonné supérieur à 20 % avec gel de la liquidité) s'élève aujourd'hui à 25 %. C’est un chiffre colossal pour un événement censé être un « risque de queue » (tail risk). Plus inquiétant encore, la probabilité d'une correction sévère (une purge de 10 à 15 %) est, elle, devenue le scénario dominant, avoisinant les 50 %.
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Allez, on en profite avant qu'il ne soit trop tard...
Pourquoi un tel pessimisme alors que le consensus de Davos, réuni cette semaine en Suisse, célèbre la résilience de l'économie américaine? Précisément parce que le consensus a tort, et qu'il ignore, par aveuglement ou par complaisance, les quatre cavaliers de l'apocalypse financière qui se sont alignés pour ce premier trimestre 2026.
I. L’Hubris de la valorisation : le syndrome d’Icare
Le premier facteur est purement mathématique, presque gravitationnel. Les marchés américains sont chers. Historiquement, dangereusement chers. Le ratio Shiller PE (CAPE), qui lisse les bénéfices sur dix ans pour effacer les effets de cycle, a franchi la barre des 40x en ce début janvier. Pour mémoire, nous n'avons visité ces altitudes qu'à deux reprises au cours du siècle dernier : à la veille du krach de 1929 et juste avant l'éclatement de la bulle internet en 2000.

