La trêve des fêtes a été l’occasion de nombreuses discussions, professionnelles comme informelles. Un constat s’est imposé avec une netteté nouvelle : la révolution de l’intelligence artificielle n’est plus un objet de débat théorique. Elle est désormais acceptée, intégrée, presque banalisée. À tous les niveaux professionnels, mes interlocuteurs constatent déjà ses effets sur le marché du travail. Le diagnostic est souvent formulé sans détour : soupe à la grimace pour les juniors, champagne pour les seniors.

Cette bascule des perceptions est en elle-même un événement. Elle marque le passage d’une phase d’anticipation à une phase de réalité économique vécue. Dans ce contexte, il m’a semblé utile de faire un point, à la lumière de l’actualité récente et de la pensée économique de ceux qui, dans la lignée de Schumpeter, analysent l’innovation non comme un simple progrès technique, mais comme une force de recomposition du capitalisme.
Le Courrier des Stratèges brise l'omerta sur ce que beaucoup considèrent comme l'une des plus grandes opérations de kompromat (chantage par le dossier) du siècle.
Pourquoi Jeffrey Epstein, "actif stratégique" protégé par une impunité quasi-magique, recevait-il l'élite mondiale dans des résidences truffées de caméras espionnes? Entre l'ombre de Robert Maxwell, le détournement du logiciel PROMIS et les réseaux de renseignement, nous avons réuni les faits pour vous offrir une grille de lecture sans concession.
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Une révolution qui n’innove pas, mais qui accélère
L’intelligence artificielle générative n’introduit pas tant de nouvelles idées qu’elle n’accélère la circulation et la recombinaison de celles qui existent déjà. C’est précisément ce qui la rend si puissante économiquement. Schumpeter décrivait l’innovation comme un processus de destruction créatrice : l’IA en est aujourd’hui l’illustration la plus aboutie.
Elle détruit peu de métiers d’un coup, mais érode progressivement des segments entiers de tâches, en particulier celles qui constituaient jusqu’ici les portes d’entrée des carrières qualifiées. Le junior qui apprenait en exécutant des tâches standards voit ces dernières automatisées. À l’inverse, le senior capable de structurer, d’arbitrer, de contextualiser voit sa productivité démultipliée.
Ce phénomène explique la dissymétrie actuelle sur le marché de l’emploi : l’IA n’élimine pas le travail, elle renchérit brutalement la valeur de l’expérience.
Une diffusion inégale, cœur de la dynamique schumpétérienne
Dans la vision schumpétérienne, l’innovation ne bénéficie jamais uniformément à tous. Elle crée d’abord des rentes temporaires pour ceux qui la maîtrisent, avant de se diffuser plus largement. L’actualité des quinze derniers jours confirme pleinement ce schéma.
Les entreprises qui ont intégré l’IA dans leurs processus internes enregistrent déjà des gains mesurables : réduction des cycles de développement, baisse des coûts administratifs, amélioration de la qualité des livrables. Mais ces gains sont très concentrés. Ils profitent d’abord aux structures capables d’absorber la technologie, de former leurs équipes et de redéfinir leurs méthodes de travail.
Les autres subissent l’innovation plus qu’elles ne la pilotent. Comme souvent, le risque n’est pas l’innovation elle-même, mais la vitesse de sa diffusion, trop rapide pour certains, trop lente pour d’autres.


