Guerre en Ukraine : les objectifs écologiques de la Commission nous mènent vers des pénuries alimentaires
L’armée russe a détruit par des missiles Kalibr le camp d’entrainement de volontaires étrangers de Yavorov

Guerre en Ukraine : les objectifs écologiques de la Commission nous mènent vers des pénuries alimentaires


Partager cet article

Ce qui est bien avec la Commission Européenne, c’est que l’objectif est clair : se contredire constamment. L’Ukraine étant surnommée le grenier à blé de l’Europe – et premier concurrent direct de la France dans ce domaine – on peut légitimement présager de futures pénuries alimentaires. Pour la Commission, oui nous avons le droit d’être inquiets, mais pas au prix de notre engagement envers les objectifs écologiques de l’UE. On vous explique tout sur la politique du « en-même temps » d’Ursula.

Le Pacte vert pour l'Europe d'Ursula von der Leyen en 5 points - Europe  Direct

A l’occasion du sommet de Versailles, Emmanuel Macron – aux côtés d’Ursula von der Leyen – annonçait ceci « Dans 12 à 18 mois, en raison de ce qui ne peut être planté en Ukraine, l’union européenne et l’afrique seront déstabilisés. Il faut nous préparer ».

La production de blé en Ukraine

Le territoire agricole de l’Ukraine représente 30 millions d’hectares cultivés, contre 26 en France. Une grande partie de cette production est exportée (30 à 40 % des exportations totales du pays). Il y a beaucoup de productions en grande culture : le tournesol, l’orge, le colza, le maïs.

Pour le blé, l’Ukraine est le septième producteur mondial, mais surtout 4e ou 5e exportateur mondial.

Réunis dans le cadre de la conférence interparlementaire sur l’autonomie stratégique européenne, les représentants des parlements nationaux de l’Union débattaient au Sénat ce 14 mars de l’importance de la souveraineté agricole dans l’UE.

A l’aune du conflit en Ukraine et de la flambée des prix du blé , l’eurodéputé Norbert Lins souligne la possible prochaine intervention des états dans la stabilisation des prix ou l’augmentation de la production d’engrais pour assurer une prochaine bonne récolte.

Selon lui, la situation est inédite depuis la création de la PAC.

Ces mesures d’urgence sont inutiles si elles s’inscrivent dans une stratégie contradictoire sur le long terme.

La prochaine PAC soutient la dépendance alimentaire

C’est bien beau de proposer des garanties d’Etat ou de vouloir imposer à des industries privées de produire plus d’engrais, mais les objectifs de la Politique Agricole Commune 2023 sont en totale contradiction avec le contexte géopolitique.

Dès 2023, les agriculteurs devront obligatoirement avoir 4 % de leurs terres cultivables en jachères, sinon, pas de dotation agricole (et encore, les syndicats ont négocié et ont réussi à échapper aux 10% initialement prévus).

food_farm2fork_ring.jpg

La stratégie européenne Farm to Fork – de la ferme à la table – déclinaison du pacte vert européen (dès qu’il y a un anglicisme ça sent pas bon) prévoit à horizon 2030 de porter à 25% la part d’agriculture biologique, de baisser de moitié les usages de produits phytosanitaires, et surtout, de diminuer de 10% les surfaces cultivées sur notre continent.

Cette stratégie met de facto l’union européenne dans un état de dépendance alimentaire, et nous prenons de plus le risque de devenir importateur net dans un contexte géopolitique chaotique dans lequel nous ne pouvons plus compter sur l’Ukraine !

Tout en clamant la souveraineté européenne à Versailles, Ursula von der Leyen refuse catégoriquement de revoir ses ambitions écologiques à la baisse.

Le ministre de l’Agriculture Italien a fait savoir qu’il comptait suspendre certaines mesures, mais la Commission a déjà mis en garde contre une telle démarche. On ne change pas les règles du jeu en pleine partie – ah bon, même pas en cas de guerre ?!

La Commission préconise d’endiguer les risques pour notre sécurité alimentaire en misant sur la coopération et la coordination de tous. La révision de la stratégie « de la ferme à la table » n’est pas à l’ordre du jour. Le réel va-t-il rattraper Ursula ? Et si oui, ne sera-t-il déjà pas trop tard ?


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Marco Rubio vend la mèche : Israël a entraîné les USA dans la guerre

Marco Rubio vend la mèche : Israël a entraîné les USA dans la guerre

Le rideau de fumée des "menaces imminentes" vient de se déchirer, et ce qui apparaît derrière la rhétorique guerrière de Washington est proprement stupéfiant. Alors que les bombes tombent sur Téhéran, une petite phrase de Marco Rubio, le Secrétaire d’État US, vient de dynamiter la version officielle du déclenchement des hostilités. Pour ceux qui croyaient encore à une Amérique souveraine décidant de son destin, le réveil est brutal. La "bombe" de Marco Rubio : quand le vassal dicte l'agenda L


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Quelle procédure démocratique Macron devrait-il respecter pour envoyer le Charles De Gaulle au Moyen-Orient? par Thibault de Varenne

Quelle procédure démocratique Macron devrait-il respecter pour envoyer le Charles De Gaulle au Moyen-Orient? par Thibault de Varenne

L'actualité : Emmanuel Macron a ordonné le 3 mars 2026 le déploiement du porte-avions Charles de Gaulle et de son escorte vers la Méditerranée orientale. Face à l'escalade entre l'Iran, Israël et les États-Unis, ce mouvement de force pose une question juridique brûlante : le Président agit-il dans les clous de la Constitution ou engage-t-il la France dans une guerre sans l'aval du Parlement ? Pourquoi c'est important : Sous la Ve République, le "domaine réservé" donne au chef de l'État une l


Rédaction

Rédaction

Les 3 meilleures opportunités boursières pour s'enrichir avec la guerre en Iran, par Vincent Clairmont

Les 3 meilleures opportunités boursières pour s'enrichir avec la guerre en Iran, par Vincent Clairmont

En un mot : l'économie de guerre s'installe L'Operation Epic Fury, lancée le 28 février 2026, a transformé la prime de risque géopolitique en une composante structurelle des portefeuilles. Avec 20 % du pétrole mondial et du GNL virtuellement bloqués au détroit d'Ormuz, le marché ne joue plus la spéculation, mais la résilience souveraine. Pourquoi y a-t-il plus de 50% de risques que la stagflation revienne? par Vincent ClairmontL’essentiel : après une année 2025 placée sous le signe d’une résil


Rédaction

Rédaction

Pourquoi y a-t-il plus de 50% de risques que la stagflation revienne? par Vincent Clairmont

Pourquoi y a-t-il plus de 50% de risques que la stagflation revienne? par Vincent Clairmont

L'essentiel : après une année 2025 placée sous le signe d'une résilience précaire, l'économie française bascule en mars 2026 dans une zone de turbulences majeures. La probabilité d'une entrée en stagflation — ce mélange toxique de croissance atone, de chômage en hausse et d'inflation persistante — dépasse désormais les 55% pour les six prochains mois. Le chiffre : 1,5%. C'est le niveau d'inflation IPCH vers lequel la France se dirige à cause du rebond des prix de l'énergie, alors que le chôm


Rédaction

Rédaction