Guerre au Conseil Constitutionnel : faut-il s'inquiéter pour l'impartialité de la présidentielle de 2027 ?

Guerre au Conseil Constitutionnel : faut-il s'inquiéter pour l'impartialité de la présidentielle de 2027 ?


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Le Président du Conseil Constitutionnel, Richard Ferrand, nommé contre l'avis majoritaire du Parlement, rappelons-le, vient de limoger brutalement sa secrétaire générale, Aurélie Bretonneau. Réputée incorruptible, l'intéressée a fait connaître le caractère très "politique" de cette mesure. La crise s'explique-t-elle par les présidentielles de 2027 ?

Voilà une péripétie désagréable, mais dont la portée tardera peut-être à se faire sentir... avec une forte odeur de souffre. En effet, la rupture entre le très madré Richard Ferrand et la très inflexible Aurélie Bretonneau laisse augurer d'une stratégie plus "opportuniste" dans les mois à venir au Conseil Constitutionnel. L'ancien directeur de mutuelle, inquiété en son temps pour une affaire d'enrichissement personnel, avant de devenir Président de l'Assemblée Nationale, s'est débarrassé d'une personnalité capable de lui damer le pion sur des décisions difficiles à prendre dans les mois à venir.

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Un président contesté et inquiétant

Rappelons d'abord que Richard Ferrand, qui fut l'un des tout premiers "militants" d'En Marche, en 2016, a perdu son siège de député en 2022. Il a bénéficié d'un "repêchage" par Emmanuel Macron, qui a proposé son nom pour prendre la présidence du Conseil Constitutionnel.

L'installation d'Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des Comptes a confirmé cette propension d'Emmanuel Macron à installer des proches à des postes-clés, sans forcément démontrer que la nomination se fait sur des critères de compétence. Le Parlement s'était en tout cas montré sensible à la fragilité de cette proposition de nomination au Conseil Constitutionnel : Ferrand avait été battu par 58 voix contre 39 devant l'Assemblée et le Sénat. Heureusement, il fallait une majorité des 3/5 pour repousser la proposition présidentielle, soit 59 voix.

Défait par le Parlement, mais sauvé à une voix de défiance près, Ferrand a affirmé, lors de sa prise de fonction, qu'il voulait "apaiser" la vie publique. Un an plus tard, on a bien l'impression que l'objectif n'est pas complètement atteint.

Quel est le véritable enjeu de ce conflit de personnes au Conseil Constitutionnel ?

Toute la question est évidemment de savoir pour quelle raison profonde Ferrand a brutalement démis une brillante Conseillère d'Etat, incorruptible et "charpentée", reconnue par ses pairs, au risque d'entacher l'image de l'institution où il exerce une Présidence contestée.