En Italie, Meloni organise un referendum pro-immigration…

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Giorgia Meloni fut élue sur un programme de fermeture complète des frontières et, globalement, un programme hostile à l’immigration. Pourtant, Meloni organise, contrainte et forcée, un referendum sur l’assouplissement des conditions d’accès à la nationalité italienne. Tels sont les heurs et malheurs du referendum d’initiative populaire…

Le référendum prévu les 8 et 9 juin 2025, qui vise à assouplir les conditions d’accès à la nationalité italienne (notamment en réduisant de 10 à 5 ans la durée de résidence requise pour la naturalisation), a été initié par des partis d’opposition et des ONG. Ce référendum est le résultat d’une pétition ayant recueilli plus de 500 000 signatures en septembre 2024, obligeant le gouvernement à fixer une date pour le scrutin, conformément à la loi italienne.

Giorgia Meloni et son parti s’opposent fermement à cet assouplissement des règles. Meloni a publiquement déclaré en septembre 2024 que la durée actuelle de 10 ans était « appropriée » et qu’il n’était pas nécessaire de modifier la loi. De plus, son gouvernement et ses alliés, notamment la Ligue de Matteo Salvini, prônent une politique migratoire restrictive et encouragent même l’abstention pour empêcher que le quorum requis (50 % des électeurs plus un) ne soit atteint, ce qui rendrait le référendum invalide. Meloni a annoncé qu’elle se rendrait aux urnes mais ne retirerait pas les bulletins de vote, une stratégie visant à ne pas contribuer au quorum.

Cette initiative référendaire est donc perçue comme un défi pour le gouvernement Meloni, qui mise sur une politique anti-immigration et a récemment durci les conditions d’accès à la nationalité par le droit du sang, en limitant ce droit aux descendants directs (parents ou grands-parents nés italiens). Le référendum, soutenu par la gauche et des organisations pro-migrants comme Oxfam Italia, pourrait permettre à environ 2,5 millions de non-ressortissants de l’UE de devenir éligibles à la citoyenneté italienne, ce qui suscite une forte opposition de la coalition au pouvoir.


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