On savait que le luxe français était le dernier rempart de notre balance commerciale, mais on ne pensait pas qu’il deviendrait le bouclier humain d’un conflit territorial digne du XIXe siècle. Le "June Ultimatum" de Trump (25 % de taxes sur le luxe si on ne lui lâche pas le Groenland) place nos géants du CAC 40 dans une situation délicate : doivent-ils sauver la "culture française" ou le compte de résultat ?

1. Le dilemme de l’étiquette : "Made in France" ou "Assembled in Texas" ?
C’est là que le sarcasme atteint son apogée. Pour un libertarien, la frontière n’est qu’une ligne imaginaire tracée par des douaniers zélés, mais pour LVMH et Kering, c’est une question de survie.
- Bernard Arnault (LVMH), toujours pragmatique, avait anticipé le coup avec ses usines Louis Vuitton au Texas. Si Trump taxe les importations, Arnault sortira des sacs "Made in USA" avec la bénédiction présidentielle. C’est le génie du capitalisme de connivence : s’adapter à la folie du prince pour continuer à régner.
- François-Henri Pinault (Kering), lui, joue la carte de la "pureté culturelle". Refuser de délocaliser Gucci ou Saint Laurent au Nevada au nom de "l'âme italienne ou française", c'est noble... jusqu'à ce que le client américain découvre qu'il doit payer sa ceinture Gucci le prix d'une petite berline à cause des taxes de rétorsion.
On assiste à une scission : le luxe "Ultra-Riche" (LVMH, Hermès), qui peut augmenter ses prix de 20 % sans que ses clients ne sourcillent, et le luxe "Aspirationnel" (Kering, Gucci), qui risque de voir la classe moyenne américaine s'évaporer plus vite que la calotte glaciaire.

2. Le luxe comme "otage de luxe"
Pourquoi Trump tape-t-il sur le luxe ? Parce que c’est l’arme émotionnelle parfaite. Taxer le blé ou l’acier, c’est technique. Taxer le champagne et les sacs à 5 000 euros, c’est symbolique. Il humilie les élites européennes là où ça fait mal : dans leur prestige.

L'UE, de son côté, brandit son "Instrument Anti-Coercition". Mais soyons sérieux : menacer de taxer le bourbon ou les Harley-Davidson pour sauver le Groenland, c’est comme essayer de stopper un char d’assaut avec des boules de pétanque. Pendant que les technocrates bruxellois peaufinent leurs règlements, la capitalisation boursière de LVMH fond sous l'effet de l'incertitude.

3. La morale (ou l'absence de)
Pour nous, les libertariens, cette guerre est une démonstration de force de l'État-prédateur menée au nom du protectionnisme, du souverainisme et de la défense totalement mensongère du peuple contre les agressions extérieures. On prend en otage le commerce mondial — l'échange libre entre individus consentants — pour des questions de souveraineté territoriale archaïque.
Voilà qui est aux antipodes du principe de non-agression de Rothbard, qu'Eric Verhaeghe avait détaillé dans sa Liberty Academy, et donc parfaitement contraire aux positions libertariennes de la base MAGA.

Imaginez la scène : un ouvrier à Cholet pourrait perdre son job parce qu'un président à Washington veut poser des radars sur un rocher danois. C'est l'absurdité totale du système étatiste centralisé. On utilise la richesse créée par le secteur privé comme un réservoir de munitions pour les caprices des puissants.
Le Gotha du business face au chaos
Le luxe n'est plus une affaire de goût, c'est une affaire de géopolitique thermique. Si l'Europe active son "bazooka", Trump passera à 50 %. Et à la fin, qui gagne ? Les marques qui auront su devenir "apatrides" et les collectionneurs qui verront la valeur de leurs sacs "pré-conflit" s'envoler sur le marché noir.
"Dans cette guerre, le seul vrai souverain sera celui qui possédera encore un stock de cuir avant que les frontières ne se referment totalement."




