En Occitanie, la colère paysanne explose : des troupeaux vaccinés promis à l’abattage, des vétérinaires accusés de trahison, et une administration qui impose par la force une politique sanitaire contestée.

Depuis jeudi 11 décembre 2025, des autoroutes d’Occitanie sont bloquées par des agriculteurs en colère. Tracteurs, pneus en feu, barrages : la région s’embrase en solidarité avec des éleveurs de l’Ariège menacés d’abattage massif de leur cheptel, pourtant vacciné contre la dermatose nodulaire contagieuse. Un mouvement qui dépasse la simple crise sanitaire.
Le virus, la vaccination… et la trahison
La dermatose nodulaire, maladie bovine non transmissible à l’homme, fait l’objet d’une politique d’éradication par abattage préventif. Les éleveurs ont massivement vacciné leurs animaux sur les conseils – et souvent la promesse – des services vétérinaires officiels, leur assurant que cela suffirait à protéger leurs bêtes.

Aujourd’hui, l’administration ordonne pourtant l’abattage de troupeaux entiers, y compris d’animaux sains et vaccinés. Pour les agriculteurs, c’est une double peine : non seulement ils perdent leur outil de travail et leur patrimoine, mais ils voient la confiance dans les expertises officielles anéantie.
Dans les rangs paysans, la colère vise autant l’État que les vétérinaires. Ces derniers auraient assuré que la vaccination serait suffisante pour éviter le pire – promesse aujourd’hui désavouée par les faits.
La coercition sanitaire, extension du pouvoir régalien
Que vaut une politique sanitaire si elle n’engage pas ceux qui l’imposent ?
Pourquoi vacciner si la procédure finit en abattage systématique ?
Cette situation illustre un phénomène plus large : la confiscation du droit de propriété au nom d’un risque sanitaire géré de manière centralisée et autoritaire. L’abattage n’est pas discuté au cas par cas avec les propriétaires ; il est décrété, puis imposé, parfois avec l’appui des forces de l’ordre.

La fin, ici contrôler une maladie , justifie tous les moyens, y compris la violence contre les biens et la négation des choix individuels (la vaccination). Pour le libertarien, c’est l’exemple même d’un État qui, incapable de gérer la complexité locale, impose sa logique univoque par la force, bafouant au passage les contrats implicites passés avec les citoyens.

Des autoroutes paralysées : Narbonne, Toulouse et la Lozère en première ligne
Jeudi soir, les agriculteurs se mobilisaient. À Narbonne-Sud, les tracteurs et barrages humains bloquent la bretelle n°38 de l’A9. Des pneus brûlent, le bitume fond, et les forces de l’ordre sont dépassées par l’ampleur du mouvement.
⚠️17h51 : sur #A9, manifestation en cours sur le péage de Narbonne Sud n°38 . Présence de piétons. ⚠️Sorties déconseillées à tous les véhicules. Redoublez de vigilance. Écoutez #Radio1077 #InfoTrafic
— Autoroute A9 (@A9Trafic) December 11, 2025
Les blocages s’étendent :
- A75, entre l’Aveyron et la Lozère, avec notamment le point stratégique du Buisson.
- A61, coupée à Villefranche-de-Lauragais.
- A68, bloquée aux portes de Toulouse.
Pour Mathieu Lebrato, agriculteur dans l’Hérault :
« On va tout bloquer, on va bloquer tout le pays ! »
Le ton est donné : les agriculteurs refusent désormais de laisser dicter leur survie par une administration perçue comme brutale et méprisante.
La solidarité qui se manifeste à l’échelle régionale montre que le sentiment de défiance dépasse largement le cadre de l’épidémie.
Les agriculteurs, en bloquant le pays, ne demandent pas plus de subventions. Les agriculteurs d’Occitanie ne défendent pas seulement leurs vaches ; ils défendent un principe fondamental : celui de la propriété de leur travail et de leur patrimoine contre l’arbitraire administratif. Leur colère est le symptôme d’une France où la défiance envers les promesses de l’État et le rejet de ses méthodes violentes atteignent un point de rupture.


