De Wever, seul Flamingant à résister à l'Europe allemande depuis 1914 ! par Veerle Daens

De Wever, seul Flamingant à résister à l'Europe allemande depuis 1914 ! par Veerle Daens


Partager cet article

L'ironie est une garce, mes amis, et elle vient de s'inviter à la table de la comitologie européenne avec une pinte de bière tiède et un grand sourire sardonique. Regardez bien le spectacle : nous vivons un moment de torsion spatio-temporelle que même les auteurs de science-fiction sous acide n'auraient pas osé écrire.

Commençons par le dernier délire de notre chère "Uschi" von der Leyen. La Commission, dans sa grande sagesse bureaucratique (et sa capacité infinie à dépenser l'argent qu'elle n'a pas), a pondu une nouvelle usine à gaz : le "Prêt Réparations".

Le concept ? Un chef-d'œuvre de créativité comptable qui ferait passer Enron pour une association caritative. L'UE veut emprunter des milliards — on parle de couvrir les besoins de 2026-2027, soit une ardoise qui donne le vertige — en utilisant comme garantie les "soldes de trésorerie" des avoirs russes gelés chez Euroclear. En gros, on hypothèque la peau de l'ours russe avant de l'avoir tué, on file le cash à Kiev, et on prie pour que Moscou ne traîne pas la Belgique en justice jusqu'à la fin des temps. C’est du vol à l’étalage géopolitique légalisé par des technocrates qui n'auront jamais à payer la note.

Et c'est là que le scénario devient tordant. Qui se dresse sur la route de ce projet ? Qui ose dire "Neen" à l'hégémonie bruxelloise (et donc allemande) ?

La Belgique.

Ou plutôt, Bart De Wever.

Oui, vous avez bien lu. Le patron de la N-VA. L'homme qui a bâti sa carrière sur l'idée que la Belgique est un "accident de l'histoire", une construction artificielle à démanteler méthodiquement. Le parti qui explique depuis vingt ans que l'État belge est un boulet inefficace. Ce même Bart De Wever est aujourd'hui le Premier ministre qui, tel un chevalier blanc (ou jaune et noir), protège le budget fédéral belge et la stabilité financière du Royaume contre... l'Allemagne.

Bart de Wever, seul dirigeant vraiment souverainiste en Europe
C’est une ironie de l’Histoire dont l’Europe a le secret, une de ces facéties tragiques qui renverse les tables et bouscule les certitudes les mieux ancrées. Alors que le “camp du Bien”, emmené par une Commission européenne en roue libre et une administration Biden crépusculaire, exigeait la

Ouvrez vos livres d'histoire, bon sang ! C'est à se taper la tête contre les murs du Berlaymont. Historiquement, le mouvement nationaliste flamand et l'Allemagne, c'était une histoire d'amour, un tango passionné, parfois gênant, souvent tragique. De la Flamenpolitik de la Première Guerre mondiale où l'occupant allemand cajolait le "peuple frère" flamand contre l'État francophone, jusqu'aux errances de la collaboration durant la Seconde Guerre... L'Allemagne a toujours été le parrain bienveillant du nationalisme flamand pour affaiblir la Belgique.

Et aujourd'hui ? C'est le monde à l'envers !

Nous avons Ursula von der Leyen, l'Allemande, qui exige de la Belgique qu'elle prenne tous les risques financiers pour sauver la mise de l'Europe. Et nous avons Bart De Wever, le Flamingant, qui lui répond : "Pas question de ruiner ce pays !"

C'est sublime. Le séparatiste est devenu le meilleur défenseur de l'intégrité financière de l'État belge. Il est le seul à voir que si Euroclear saute sous les procès russes, c'est le contribuable belge (flamand compris, évidemment) qui passera à la caisse pour renflouer le système.

La N-VA déteste la Belgique, c'est entendu. Mais Bart est un libertarien contrarié : il déteste encore plus l'idée de payer pour les délires collectivistes d'une Commission européenne en roue libre. Il préfère encore gérer une Belgique solvable qu'une Flandre indépendante née sur un cratère financier creusé par Berlin.

Alors, savourons ce moment. Bart De Wever résistant à l'impérialisme allemand pour sauver les meubles du Royaume de Belgique. Si ça, ce n'est pas la preuve que Dieu a de l'humour, je rends mon passeport.

À la vôtre, et gardez votre portefeuille fermé.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Affaire Epstein : nouvelles révélations qui font trembler Buckingham

Affaire Epstein : nouvelles révélations qui font trembler Buckingham

Un nouveau témoignage venu du cœur du palais relance l’affaire qui hante Buckingham : l'ex prince Andrew, déjà déchu et arrêté, entretenait des relations « malsaines » avec le délinquant sexuel Jeffrey Epstein. Selon Ken Wharfe, ancien garde du corps de Diana, le scandale n’en est qu’à ses prémices. Ce témoin issu des plus hautes sphères royales, évoque des « informations non révélées ». Un ancien garde du corps de Lady Diana, Ken Wharfe, ancien inspecteur de Scotland Yard, vient de lâcher une


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

En quoi le modèle Hexaco vous permet de savoir si vous êtes ou non fait pour créer une entreprise?

En quoi le modèle Hexaco vous permet de savoir si vous êtes ou non fait pour créer une entreprise?

Dans ma série sur la sécession par la création d'entreprise, j'aborde aujourd'hui le sujet délicat des traits de personnalité à avoir pour arriver à créer une entreprise ex nihilo. Pour mieux savoir quelles sont vos chances de réussite, je vous suggère de vous intéresser au modèle Hexaco... Pour comprendre si vous êtes réellement armé pour cette "sécession" professionnelle, le modèle HEXACO offre une grille de lecture d'une lucidité rare, bien plus fine que le traditionnel Big Five (OCEAN) que


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

URGENT/La paix échoue à Islamabad : comment mettre votre épargne à l'abri avant le raz-de-marée? par Vincent Clairmont

URGENT/La paix échoue à Islamabad : comment mettre votre épargne à l'abri avant le raz-de-marée? par Vincent Clairmont

Alors que les négociations d'Islamabad viennent d'échouer, le pire est à craindre pour les marchés. Vincent Clairmont a bien voulu produire une chronique en urgence pour nous aider à sauver les meubles. La trêve est morte à Islamabad, et avec elle, nos derniers espoirs d’un retour à la normale. Après un marathon de vingt-et-une heures, le vice-président J. D. Vance a quitté le Pakistan les mains vides. Le point de rupture? L'uranium. Téhéran refuse catégoriquement d'abandonner l'enrichissement,


Rédaction

Rédaction

Pourquoi les ETF sont-ils l'arme fatale des épargnants ?

Pourquoi les ETF sont-ils l'arme fatale des épargnants ?

Si vous suivez de près l'évolution des marchés ces dernières années, vous n'avez pas pu passer à côté d'un acronyme qui bouscule tout sur son passage : les ETF. En trois décennies, ces "Exchange Traded Funds" sont passés du statut d'innovation de niche à celui de véritable mastodonte financier. Mais au-delà de l'effet de mode, que se cache-t-il réellement sous le capot de ces véhicules? Pourquoi sont-ils en train de vider les fonds de placement traditionnels de leurs capitaux? C'est ce que


Rédaction

Rédaction