Avant de devenir l’une des architectes de la campagne présidentielle d’Éric Zemmour en 2022, Sarah Knafo avait déjà attiré l’attention d’un poids lourd de la droite française : Henri Guaino. Ce passage peu connu éclaire les réseaux intellectuels et politiques dans lesquels s’est forgée l’une des stratèges de la nouvelle droite française.

Jeune diplômée de Sciences Po, Sarah Knafo a vite grimpé les échelons. A seulement 32 ans, elle fait partie des plus grandes figures de l’extrême droite en France. La jeune femme est connue comme conseillère clé de la Reconquête et compagne d’Eric Zemmour. Mais il y a quelques années, elle a déjà séduit un autre membre éminent de la droite française. Il s’agit d’Henri Guaino, l’ancienne plume de Nicolas Sarkozy.
Une jeune diplômée qui attire l’attention de la droite gaulliste
Lorsque Sarah Knafo apparaît dans l’entourage d’Henri Guaino en 2016, elle n’est encore qu’une jeune diplômée de Sciences Po. À cette époque, Guaino — ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy et plume majeure de la présidence entre 2007 et 2012 — prépare une éventuelle candidature à l’élection présidentielle de 2017.

Pour nourrir sa réflexion politique, le député des Yvelines cherche à s’entourer de profils capables de produire des analyses stratégiques et idéologiques. Dans ce cercle relativement restreint, la jeune étudiante se distingue rapidement.

Plusieurs témoins de l’époque évoquent sa culture politique, sa capacité à débattre d’histoire économique ou de souveraineté nationale et son aisance dans des discussions habituellement réservées à des responsables politiques expérimentés. Dans un univers politique souvent dominé par les parcours administratifs traditionnels, ce type de profil intellectuel attire l’attention.
Cette visibilité progressive dans l’entourage de Guaino surprend certains membres de l’équipe du député, peu habitués à voir une jeune étudiante participer aussi directement aux discussions stratégiques.
L’échec de 2017 et la recomposition des réseaux politiques
La tentative présidentielle d’Henri Guaino ne dépassera toutefois jamais le stade préparatoire. Comme plusieurs candidats hors appareil partisan, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy se heurte à un obstacle institutionnel majeur : la collecte des 500 parrainages d’élus nécessaires pour se présenter.

Faute de soutiens suffisants, sa candidature n’aboutit pas. Cet échec entraîne la dissolution progressive de son équipe politique. Cette relation avec Henri Guaino, bien que brève, est symptomatique d’un système où les réseaux personnels priment sur la représentativité.

Le clientélisme intellectuel comme marqueur
Cet épisode avec Henri Guaino permettra à la jeune femme d’entrer en contact avec une partie de l’intelligentsia politique de la droite souverainiste. Ces réseaux qui joueront un rôle non négligeable dans la suite de sa carrière.
Quelques années plus tard, lorsque Éric Zemmour lance sa campagne, Sarah Knafo réinvestit ce capital relationnel et méthodologique acquis dans l’ombre du député. La porosité entre les états-majors, présentée comme un signe de renouvellement, n’est souvent que la circulation d’une même caste d’apparatchiks et de conseillers, interchangeables d’un échec à l’autre.

C’est le triomphe d’un clientélisme intellectuel où la compétence technique, indéniable chez Knafo, sert des ambitions personnelles plus qu’elle ne construit un projet collectif viable.
La droite, qu’elle soit "guainiste" ou "zemmourienne", semble condamnée à recycler les mêmes héritiers, plus soucieux de leur destin personnel que de la souveraineté politique qu’ils prétendent incarner.





