D’Avignon au pass sanitaire : le naufrage d’un Etat intrusif mais impuissant

D’Avignon au pass sanitaire : le naufrage d’un Etat intrusif mais impuissant


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Après l’assassinat d’un policier en service, hier, en Avignon, l’impuissance de l’État régalien est à nouveau au coeur de l’actualité. D’un côté, un État intrusif qui, avec le pass sanitaire, veut tout contrôler sans limite. De l’autre, un État incapable de faire respecter la sécurité la plus élémentaire dans les rues des banlieues et même des villes désormais. Depuis de nombreuses années, les déclarations se succèdent pour annoncer un retour de l’ordre. Et depuis des années, la fuite en avant continue pour surveiller sans protéger.

En Avignon, le sang à coulé hier : celui d’un policier, père de famille, abattu par des trafiquants de drogue en pleine rue. Le policier en question ne s’attaquait pas à un baron de la drogue entouré d’une escorte. Il tentait d’appréhender un petit dealer qui ne risquait pas sa vie en étant arrêté. Dans le même temps, l’Assemblée Nationale discute de l’instauration d’un pass sanitaire qui n’empêchera pas de faire respecter les gestes barrière par ceux qui le portent.

Deux salles, deux ambiances : dans l’une, l’obsession du contrôle, dans l’autre, l’impuissance à faire respecter la loi.

En Avignon, le naufrage de l’État régalien

L’assassinat d’un policier en Avignon illustre une nouvelle fois la faillite grandissante de l’État régalien. Partout, les attaques contre les policiers se multiplient, et partout les délinquants les craignent de moins en moins et leur disputent de plus en plus les territoires.

Le décès du policier est intervenu malgré l’intervention du SAMU. Terrassé de deux balles dont l’une dans la poitrine, il laisse derrière lui deux fillettes. L’intervention mobilisait trois équipes de police après un appel téléphonique indiquant que des troubles avaient lieu dans le centre d’Avignon.

On retrouve ici la chronique du délitement ordinaire de l’État, que nous évoquions hier dans nos colonnes. Nul ne sait où cette impuissance à assurer la sécurité dans certains quartiers peut conduire…

À l’Assemblée, le gouvernement veut le pass sanitaire

Autre salle, autre ambiance, donc. Pendant que les policiers exposent leur vie dans des interventions ordinaires, le gouvernement tente de faire passer, à l’Assemblée Nationale, les mesures les plus coercitives possibles pour mettre en place le pass sanitaire, outil qu’Emmanuel Macron a sorti de derrière les fagots après avoir annoncé que la vaccination ne serait pas obligatoire.

L’affaire est débattue dans le cadre du projet de loi relatif à la gestion de la crise sanitaire. Même la majorité parlementaire est contre ce dispositif liberticide, qui n’empêchera pas à ses porteurs de devoir porter le masque et de respecter les gestes barrière. Le pass sera, dans un premier temps, nécessaire pour accéder à des événements réunissant plus de 1.000 personnes (comme un concert, ou une salle de cinéma). Le pass indiquera si la personne est vaccinée, si elle est négative, ou si elle a été positive dans les deux mois précédents l’événement.

La France entre de plein pied dans le capitalisme de la surveillance.

Surveiller tout le monde, ne protéger personne

La confrontation des deux événements donne l’étrange sensation que le gouvernement plonge les deux mains en avant dans la société du traçage généralisé des personnes (avec reconnaissance faciale dont la survenue est déjà annoncée, et même effective), au nom d’une protection des personnes qu’il est incapable d’assurer. Plus l’État prétend nous protéger, plus nous sommes surveillés, et plus nos rues sont dangereuses.


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