Un bug technique au Crédit Mutuel Arkéa a provoqué des milliers de doublons de paiements par carte, débitées par erreur depuis le 27 janvier 2026. Nombreux clients de plusieurs banques sont affectés. Une faille qui expose la fragilité du système bancaire centralisé.

Depuis mardi, une série de transactions fantômes a siphonné les comptes de clients de la Caisse d’Epargne, de la Banque Populaire ou encore de Boursorama. Le responsable ? Un "incident technique" survenu au sein du Crédit Mutuel Arkéa, qui a conduit ses systèmes à redemander, en double, des milliers de paiements déjà effectués. Les établissements promettent des recréditements "sans frais pour les victimes". Une réponse standard qui élude les vraies questions sur la responsabilité et les conséquences réelles pour les clients, réduits au rôle de spectateurs impuissants de leurs propres finances.
Un “incident technique” aux conséquences bien réelles
Selon les informations disponibles, des paiements par carte déjà validés auraient été redemandés automatiquement par les systèmes informatiques. En clair, des ordres de paiement parfaitement cohérents ont été présentés une seconde fois au réseau de compensation, comme s’ils n’avaient jamais été traités.
Ce scénario évoque une déconnexion temporaire d’un serveur du système de compensation, revenu ensuite en ligne en réémettant des ordres pourtant déjà exécutés. Une hypothèse techniquement crédible, mais politiquement commode.
"Aucun frais" pour les victimes
Crédit Mutuel Arkéa affirme avoir identifié 98 % des opérations en doublon et promet un retour à la normale « dans les prochains jours ». Aucun frais pour les victimes, précise-t-on. Mais cette formule mérite d’être interrogée.

Les ordinateurs d'Arkéa ont généré des ordres de paiement en doublon, paraissant légitimes mais involontaires. Cela affecte des banques partenaires via le réseau de compensation interbancaire. Un rappel de la vulnérabilité des systèmes centralisés, où une faille chez un acteur peut impacter des millions de clients.
Rappelons de la panne d'août 2025 au Crédit Mutuel, qui avait paralysé paiements et retraits pendant deux heures. Ces incidents se multiplient, exposant l'obsolescence d'un modèle bancaire dépendant de l'État et de monopoles techniques.

Une communication bien rodée… et bien connue
Au-delà des doublons, les clients risquent des soldes négatifs temporaires, bloquant virements permanents ou achats essentiels. Des fournisseurs pourraient les ficher comme "mauvais payeurs", avec des conséquences sur leur crédit. Ces dommages collatéraux ne figurent jamais dans les communiqués.

L’argument de l’“incident technique” est devenu un classique. On l’a vu dans l’agroalimentaire, dans la santé, et désormais dans la banque. Une formule passe-partout, qui neutralise toute mise en cause humaine, organisationnelle ou managériale.
Les médias relaient, les établissements rassurent, et la chaîne de responsabilités se dissout dans le langage informatique.



