Confinement : les dealers organisent leur commerce essentiel !

Confinement : les dealers organisent leur commerce essentiel !


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Les chevelus voient leurs coiffeurs ouverts, mais pas les poilues car les esthéticiennes ne sont pas commerces essentiels. Les pieds trouvent des chausseurs ou des cordonniers, mais les jambes ne trouvent ni bas, ni chaussettes car les magasins de vêtements ne sont pas commerces essentiels. Les fumeurs peuvent fréquenter les bureaux de tabacs… et les consommateurs de drogues ? Cinq jeunes ont été condamnés par le tribunal de Nanterre mercredi 24 mars 2021, pour avoir organisé un trafic de stupéfiants via une centrale d'appels et des livreurs. Ce procédé leur a permis d’être contactés par plus de 600 correspondants.

Les policiers ont découvert le trafic en octobre 2020, après avoir réussi à faire avouer un client, qui avait ensuite fourni aux forces de l’ordre le numéro utilisé pour commander, rapportent  Actu Hauts-de-Seine. Cette plateforme téléphonique, active de 14 h à 22 h, était utilisée par 629 correspondants différents. Aussi : 16 500 SMS ont été échangés. Des armes, plusieurs kilos de drogues, de l’argent liquide et des munitions ont été retrouvés lors des différentes perquisitions menées aux domiciles des prévenus. Le trafic aurait rapporté 13 500 €, annonce le média francilien. Les cinq comparses ont écopé d’amendes et de peines de prisons avec ou sans sursis. A noter la “sévérité“ des peines complémentaires puisque tous se sont vu interdire de détenir une arme pendant cinq ans (comme s’il était naturel d’en détenir une) et surtout, ils ne pourront exercer la profession de livreur pendant trois ans (livreur de pizza comme livreur de cannabis). Il faut bien reconnaitre que le patron du réseau (déjà condamné six fois) exerce officiellement, l’activité de coursier pour Deliveroo.

Cette histoire est totalement ubuesque. Avec le confinement (ou même le couvre-feu) on aurait pu s’attendre à une baisse de la délinquance. Plus de forces de l’ordre dans les rues et sur les routes pour Pâque a-t-on prévenu. Mais pour quoi faire ? Uniquement pour limiter les libertés ? Il faut croire que oui puisqu’ un consommateur de drogue craint plus d’être sanctionné pour non-respect du confinement, qu’un dealer pour vente de stupéfiants !

Gérald Darmanin, qui donne chaque mois les chiffres des saisies de cannabis, cocaïne et héroïne, a fait de la lutte contre les trafics de stupéfiants sa priorité depuis son arrivée place Beauvau. Il a déclaré, en décembre dernier, lors d’un entretien accordé au quotidien Le Parisien:

“Je souhaite que la police et la gendarmerie s’attaquent à chacun d’entre eux. Je communiquerai tous les mois le nombre de points de deal démantelés sur le territoire“.

Depuis début mars, n’importe qui peut prendre part à la lutte contre le trafic de drogue. Gérald Darmanin a annoncé l’ouverture d’une plateforme permettant à chacun de signaler à la police et à la gendarmerie les points de deal à proximité de chez lui. On est en droit de se demander pourquoi cette plateforme de renseignement recevrait davantage d’échos qu’un simple coup de téléphone au commissariat de proximité ? De plus, chacun sait où sont ces fameux points de deal. J’en veux pour preuve que le ministère est dans la capacité de dénombrer exactement le nombre de points de deal au niveau national. Ils sont connus des policiers comme des consommateurs.


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